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Un loup solitaire en Lozère

Mende: Un loup solitaire erre sur le causse Méjean

Article publié le 28 juin 2012 par le Midi libre

Le loup est-il en passe de s'installer durablement en Lozère ? C'est la question que se posent les services de l'État dans le département, après les différentes preuves de la présence du canidé sauvage sur le territoire. Depuis 2006, de nombreux indices laissent à penser en effet que le loup est revenu en Lozère. Le 2 avril 2011, sa présence a été constatée à Saint-Étienne-du-Valdonnez, au même endroit que deux ans auparavant. Le 26 février dernier, il a été aperçu à Pied-de-Borne, où des crottes ont été prélevées pour être analysées.

Mais surtout, deux photos nocturnes ont été réalisées par les services de l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage), à Hures-la-Parade au lieu-dit La Begude blanche le 30 avril dernier, et le 3 juin à Vébron, au lieu-dit La Cavalade, qui ont immortalisé l'image de ce canis lupus.

Des prélèvements ont aussi été effectués sur des cadavres de mouflons dévorés, les 16 et 17 mars derniers, sur le causse au-dessus de Sainte-Énimie. Les analyses génétiques qui ont été demandées "diront si c'est bien le même loup, et quelle est sa lignée, commente René-Paul Lomi, le directeur départemental des territoires. La preuve, nous l'aurons très bientôt. Mais tout cela ressemble fort à une installation."

Mais surtout, les résultats de ces analyses, qui seront rendus très certainement la semaine prochaine, révéleront si l'animal est installé en Lozère. "Pour que son installation soit confirmée, il faut que sa présence soit constatée deux ans d'affilée, et en hiver, poursuit le DDT. J'espère que les esprits chagrins du ministère de l'Écologie ne nous contesteront pas nos analyses. Le 2 avril, ce n'est plus l'hiver."

Car la préfecture de la Lozère prépare déjà l'étape suivante, la reconnaissance officielle du département en ZPP, zone de présence permanente. "Si le loup est là, autant le dire, indique René-Paul Lomi. Le préfet a écrit aux deux ministres concernés, pour demander une mission d'évaluation de la vulnérabilité des élevages à la présence du loup. Cela fait cinq mois que nous avons des indices de présence. Il est temps de mettre en place les mesures d'effarouchement prévues par une ZPP. Elles commenceront sans attendre la fin de l'étude. Je souhaite que cela se fasse avant la fin de l'été."

Dès la semaine prochaine, mardi précisément, une réunion technique sera organisée en préfecture sur le dossier. Le lendemain, le préfet recevra les représentants des agriculteurs. Le loup solitaire sera au cœur de toutes les conversations lozériennes, cet été.

THIERRY LEVESQUE