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Un faux loup au salon de l'agriculture!

Un berger crie au faux loup

Article publié le mercredi 9 mai 2012 par L'Union-L'Ardennais

Montrer des loups au Salon de l'Agriculture se voulait un clin d'œil médiéval (archives). « On les présente comme des loups mais ce sont des chiens, habitués à l'homme, bien nourris. Facile pour le visiteur de se dire qu'ils sont gentils, et de se demander pourquoi les éleveurs leur veulent du mal ! », s'indigne Christophe Gabert (ci-contre), président de la Fédération des acteurs ruraux.

Montrer des loups au Salon de l'Agriculture se voulait un clin d'œil médiéval (archives). « On les présente comme des loups mais ce sont des chiens, habitués à l'homme, bien nourris. Facile pour le visiteur de se dire qu'ils sont gentils, et de se demander pourquoi les éleveurs leur veulent du mal ! », s'indigne Christophe Gabert (ci-contre), président de la Fédération des acteurs ruraux.

SEDAN (Ardennes). Le président de la Fédération des acteurs ruraux est remonté. Devant la belle image donnée du loup par l'office de tourisme à Paris, il crie au mensonge et demande des excuses.

ATTIRER l'attention du public et créer un maximum de contacts. Tel était l'objectif avoué de l'initiative mené par l'Office de tourisme du Pays sedanais (OTPS) lors du dernier Salon de l'agriculture (notre édition du 29 février).

Éric Blanchot, meneur de loups, y a présenté Uska, une louve de 7 ans, et son fils Wolf, 4 ans et déjà toutes ses dents, au cours de numéros de dressage particulièrement suivis.

Les organisateurs n'en faisaient pas longtemps mystère : les animaux étaient en fait des hybrides de loups. « Ils proviennent d'une race créée en Tchécoslovaquie vers la fin des années 50. Ils ont le même comportement que les loups, mais sont moins timides et un peu plus dociles », apprenait-on.

Avec la fermeture du Salon le 4 mars dernier, on pensait ne plus entendre beaucoup parler des canidés. Mais voilà, la mission a été si bien accomplie que parmi ceux dont l'attention a été attirée, il y a Christophe Gabert. Et que si les responsables de l'office voulaient créer des contacts, ils n'ont pas dû être déçus.

« Une Fiat peinte en rouge n'est pas une Ferrari »

Il est président de la Fédération des acteurs ruraux (FAR), qui existe depuis fin 2010. Cette association loi 1901 s'inscrit dans la lignée de « la douzaine d'associations qui se sont créées en vingt ans sur les Alpes « et compte des adhérents de la Drôme, mais aussi de la Haute-Savoie jusqu'au Gard.

« Nous voulons maintenir et protéger le pastoralisme et l'élevage et pour cela, régler le problème des prédateurs. En 2011, il y a eu 5.000 bovins, équins ou caprins tués par des loups. Sans compter les volailles... Les éleveurs concernés vivent un harcèlement permanent : ils surveillent le troupeau presque 24 heures sur 24 et finissent par devenir fous. »

Au regard de ces considérations, on comprend que Christophe Gabert ait sorti les crocs lorsqu'il a eu vent de l'initiative sedanaise. « On les présente comme des loups, on parle de meneur de loups, mais ce sont des chiens, habitués à l'homme, bien nourris, s'indigne le responsable. Facile pour le visiteur de se dire qu'ils sont gentils, et de se demander pourquoi les éleveurs leur veulent du mal ! Mais une Fiat peinte en rouge, ça n'a jamais été une Ferrari ! »

Pour autant, l'homme n'est pas fermé à la pédagogie : « Je connais des gens qui présentent des loups, mais en disant qu'ils sont dangereux, qu'il ne faut pas approcher les doigts des grilles... Il y a une façon honnête de le faire. »

Évoquant une « provocation inadmissible » envers les éleveurs du Salon et même une « humiliation », il exige des excuses publiques pour les éleveurs victimes de prédateurs, l'abandon des loups comme axe de promotion touristique et la destruction des fichiers prospects obtenus sur le salon.

Christophe Gabert a écrit aux responsables du Salon, aux présidents des conseils régional et général, au maire de Sedan, à la présidente de l'Office et aux représentants des organisations professionnelles agricoles. Il dit avoir fait partir les missives vers le 23 avril.

Après avoir songé un temps à avertir la DGCCRF (direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes), l'éleveur s'est rabattu sur ce procédé de lettre ouverte, relayée sur le blog de la FAR*.

« Moins procédurier que les écolos »

Il conclut par une réflexion sur l'éternelle opposition entre les écologistes et d'autres acteurs de la nature. « Quand quelqu'un est supposé avoir tué un loup ou un lynx, on peut avoir jusqu'à 17 associations qui se constituent parties civiles, alors qu'elles sont souvent composées des mêmes personnes. Est-ce que dans l'autre sens, comme quand un intégriste de l'environnement fait une bêtise, on ne sait pas s'organiser ? Nous, les agriculteurs, les éleveurs, les chasseurs, on n'a pas ce côté procédurier. Mais c'est peut-être la solution. »

Reste à savoir si l'Office avait anticipé ce genre de réaction : paradoxalement, n'est-elle pas une composante du « buzz » espéré ?

Jacques BERTHION

* Voir la lettre ouverte : federationdesacteursruraux.blogspot.fr

Lettre ouverte aux candidats à l'élection présidentielle 2012 de la Fédération des Acteurs Ruraux

Comme beaucoup pour pouvoir choisir parmis les candidats nous nous posons de nombreuses questions... Parmis lesquelles 4 petites questions celles de la lettre ouverte que nous leurs avons envoyée

Vous la trouverez ci dessous, Nous publierons les réponses des candidats au fur et a mesure de leurs arrivées, nous n'excluons pas de publier aussi d'autres réponses, en particulier des candidats a la députation

Mesdames, Messieurs les candidats,

Comme vous le savez la prédation par le loup met en péril les éleveurs qui y sont confrontés. Certes, comme l'affirment certains le loup n'est pas la seule cause des difficultés de l'élevage. En revanche, par la pression constante qu'il impose il est celui qui mobilise toute l'énergie des éleveurs et empêche la résolution d'autres questions. Il coûte de l'argent et use les esprits même lorsqu'il n'attaque pas. Dans le monde de l'entreprise on parlerait de harcèlement moral, et de fait chaque année des éleveurs, souvent ovin, cessent leur activité à cause de ce fléau. Nous connaissons parfaitement les textes qui régissent la protection du loup, et principalement la directive « habitat » ainsi que la convention de Berne et c'est pourquoi nos demandes n'entrent pas en conflits avec celles-ci. Les éleveurs des Alpes ont prouvé depuis 20 ans l'inefficacité des mesures dites « de protections » et ce par la mise en place de celles-ci. L'état par ces fonctions régaliennes, se doit d'assurer la protection des biens et des personnes, Mais aussi d'appliquer ces lois comme l'article L113.1 du code rural « Assurer la pérennité des exploitations agricoles et le maintien du pastoralisme, en particulier en protégeant les troupeaux des attaques du loup et de l'ours dans les territoires exposés à ce risque. »* Il prétend le faire grâce au mesures dites « 323C » Il ne fait en fait qu'assurer un financement à minima, mais ne protège en rien ni les biens ni les personnes.

Madame, monsieur, vous avez choisi d'être candidat à la présidence de la république. À l'heure de faire le choix du bulletin qu'ils glisseront dans les urnes, les éleveurs, les ruraux, des territoires concernés s'interrogent sur votre positionnement face à ce problème. C'est pourquoi nous vous proposons de répondre à quatre questions. Les réponses que vous ferez à celles-ci seront publiées sur notre blog (http://federationdesacteursruraux.blogspot.fr/ ) et mises à la disposition de tous ceux qui souhaiteront relayer l'information. Nous vous rappelons que les herbivores sont les seuls à transformer l'herbe en nourriture assimilable par l'homme. Dans un monde qui peine à nourrir sa population, peut-on envisager de laisser perdre les milliers d'hectares pastoraux de nos montagnes ?

Dans l'attente de votre réponse, nous vous prions d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de notre considération respectueuse

Le président

*(http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006071367&idArticle=LEGIARTI000006581661&dateTexte=&categorieLien=cid)

Première question

Malgré les moyens de protections mis en place, le nombre de victimes de la prédation croit année après année. Les éleveurs ont besoin de mettre en œuvre des moyens radicaux pour assurer la pérennité et la sérénité de leurs cheptels. Ils ne souhaitent pas devenir chasseurs de loup mais les tirs d'auto-défenses deviennent, eux, indispensables pour la sauvegarde des troupeaux. L'accroissement de la population étant de 29,5 % par ans entre 1992 et 2009 l'espèce n'est pas en danger, ni sa progression également (il aurait fallu tuer plus de 60 loups en 2011 pour la stabiliser).

Si vous êtes élu, serez-vous prêt à autoriser les éleveurs ou leurs délégués à effectuer des tirs létaux sur les loups lors des attaques de troupeaux et ce sans mesures administratives? En cas de réponse positive, seriez-vous favorable à ce que ces tirs soient réalisés dans le cadre de tir de défense (Application des articles L427-8 et L427-9 du Code de l'Environnement)

Deuxième question

La mise en place de moyens de protection contre les prédateurs entraîne des conflits avec les autres utilisateurs de l'espace (clôture entravant la circulation, morsure par les chiens de protections, dégradations par l'érosion ou l'excès de déjections). Dans tous les cas l'éleveur est responsable pénalement de toutes ces conséquences alors qu'elles résultent de contraintes qui lui sont faites. Si vous êtes élus, serez- vous prêt à dégager les éleveurs de toutes les responsabilités juridiques liées à leur lutte contre la prédation?

Troisième question

La présence du loup entraîne pour les éleveurs la mise en place de mesures de protections préconisées par l'état, ceux-ci ne recevant une compensation financière que partielle. Elles obligent également à des adaptations dans la conduite des exploitations. Elles provoquent également des pertes d'exploitations dues à la dégradation des résultats techniques (chute de fécondité, avortements, mortalités, baisse de croissances). Les compensations qu'offre l'état à ces phénomènes sont très en dessous des pertes réelles (cf rapport de la société ACTéon disponible auprès du ministère de l'agriculture) Si vous êtes élu, serez-vous prêt à compenser en totalité les pertes que subissent les éleveurs par la présence des prédateurs?

Quatrième question

Après avoir utilisé toutes les dérogations possibles dans ces textes internationaux. Seriez-vous favorable à une renégociation de la Directive Habitats afin de l'harmoniser avec la déclaration de Rio et y inclure la notion de développement durable adaptée à nos territoires ? Accepterez-vous d'accompagner la Suisse dans sa démarche de révision de la Convention de Berne ?