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HAUTES-ALPES : La crainte du loup revient avec le printemps

HAUTES-ALPES : La crainte du loup revient avec le printemps

Article publié par le Dauphiné Libéré le 5 avril 2012

L'inquiétude des éleveurs grandit au fur à mesure que le printemps approche. Les troupeaux de moutons dormiront dehors début mai. Coco Bonnardel, éleveur à Monêtier-les-Bains, travaille à sa bergerie tôt le matin et termine tard dans la nuit pour l'agnelage (mise bas des agneaux). Les agneaux "tardons" ont à peine un mois pour les plus jeunes. « Ce printemps, une bonne centaine d'agneaux est née, combien en restera-t-il à l'automne ? Faut-il s'investir autant pour mettre nos moutons dans la gueule du loup ? » La saison passée, Coco Bonnardel a perdu 20 moutons (tués ou disparus).

Les réunions ont été nombreuses et les propositions aussi, mais malgré cela, Coco Bonnardel affirme que ces dernières sont « peu ou pas adaptées au pastoralisme de hautes montagnes ». L'éleveur s'inquiète aussi des futurs élevages : « Retransmettre des pâturages peuplés de loups, est-ce que les jeunes reprendront la suite ? ».

Un couple de randonneurs, Jackie et Henri, qui habitent Aubagne, passaient par là. Ils ont pris des photos des jeunes agneaux de Coco Bonardel, et ils se questionnent. Ils ont aperçu un loup l'année dernière. « Le loup n'attaque pas l'homme, malgré cela, ça fait un peu peur », indique Henri.

Une lettre ouverte aux candidats à la présidentielle

Par contre, d'autres éleveurs ont peur des représailles et préfèrent garder l'anonymat. Ils ont voulu le faire par écrit : "Au Monêtier les Bains (Serre Chevalier) les troupeaux sont attaqués chaque année depuis 2009. Les mesures de protection sont inefficaces, les troupeaux ont été attaqués de jour comme de nuit, dans les parcs de regroupement nocturnes ou en présence de l'éleveur dans la journée... Ce sont les loups qu'il faut parquer, pas les moutons. Ce n'est pas aux éleveurs de guetter nuit et jour et de tirer le loup (d'autant plus que tous ne sont pas chasseurs)... Plus aucun jeune ne veut s'installer en élevage ovin chez nous... ", indique le texte.

Yves Derbez, est président de l'association « éleveurs et montagnes ». Il a écrit une lettre ouverte aux candidats à l'élection présidentielle 2012. « Les éleveurs ont fait tous les efforts qui leur ont été´ imposés pour se défendre : clôtures, patous, présence humaine renforcée près des troupeaux... Mais rien n'y fait. Les loups, de plus en plus nombreux, s'adaptent et continuent d'attaquer impunément. Et le coût pour la société´est exorbitant : selon nos estimations, il a coûté´à la France environ 20 millions d'euros en 2011... », écrit Yves Derbez.

« Le loup est un super-prédateur, un carnivore en haut de la chaîne alimentaire », indique Yannick Léonard de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). « C'est un opportuniste », le loup attaque les proies les plus faciles, « ça pose un problème pour les ovins, bovins, chèvres... », poursuit Yannick Léonard qui a une mission technique du suivi de l'espèce.

Selon les données de l'ONCFS, il y aurait une meute dans la vallée de la Clarée et une autre dans le Queyras.