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Le loup gagne du terrain dans le Vercors

Drôme/Romans-Sur-Isère

Le loup gagne du terrain dans le Vercors

Article publié par le Dauphiné Libéré le 19 février 2012

L'année dernière, les éleveurs et bergers du Vercors Drôme-Isère tiraient déjà la sonnette d'alarme. Hier, dans la salle communale d'Oriol-en-Royans, les adhérents de l'association n'ont pas manqué de soulever les mêmes inquiétudes. Et ils ont de quoi ! « L'année 2011 aura été celle qui a vu le plus grand nombre de victimes depuis le retour du loup en 1992 », rappelait Annette Jouvent, en guise d'introduction. 86 attaques de prédateurs sur la Drôme

Un constat que reconnaissait, Philippe Allimant, le directeur de la Direction départementale des territoires de la Drôme. « Avec 86 attaques, ce bilan confirme la présence du prédateur sur le département. L'animal est dans une phase de conquête », expliquait-il. Et d'ajouter : « On a aussi noté l'extension du prédateur sur des nouvelles communes dans le Diois et dans les Baronnies. »

Or, c'est bien là le problème pour les éleveurs et bergers. « Le nombre de loups ne cesse d'augmenter, les attaques avec. Que peut-on faire ? », interrogeait le président Michel Curt. Pour répondre, le directeur de la DDT énumérait les dernières mesures mises en place : « Nous avons avancé sur l'application du protocole en permettant l'utilisation d'une arme à canon rayé par exemple, mais aussi l'indemnisation en cas de perte directe, ou encore un tir de défense instauré le temps pastoral...»

Autant de mesures loin de satisfaire les principaux intéressés. À l'image d'Eric Testa dont le cas particulier "n'entre" pas forcément dans le cadre réglementaire. Et qui, dans l'objectif de la protection de son troupeau, a dû prendre en charge à ses frais son chien patou. Son élevage comptant 150 bêtes au lieu des 151 requises pour bénéficier d'une aide financière.

Par ailleurs, Philippe Allimant a tenu à souligner le nouveau découpage du Vercors en cercles 1 à 2. Selon le zonage de l'exploitation, les outils de soutien à l'activité pastorale sont plus ou moins importants. « Un tir de prélèvement proportionnel à l'augmentation du loup » Autre dossier soulevé, celui du tir de prélèvement. Pour Christophe Gabert, président de la fédération des acteurs ruraux, « Le tir devrait être proportionnel à l'augmentation de 30 % du loup sur le territoire... »

Or pour l'heure, le quota est fixé à six tirs. Un déséquilibre de taille pour les éleveurs et bergers, las de cette situation « où on préfère importer de la viande de l'étranger que d'aider les vrais producteurs que sont les bergers », s'élevait-on dans la salle. Car si depuis l'an dernier, les éleveurs ont été autorisés à se défendre et à tirer sur des loups à balles réelles, cette possibilité est fortement encadrée par quatre conditions. Le berger doit avoir subi une attaque, avoir procédé à un effarouchement, il doit être titulaire du permis de chasse et posséder l'autorisation d'un droit de défense auprès des services de l'État.

En attendant le loup, lui, continue d'attaquer... sans autorisation.

En 2011, le prédateur a tué près de 500 bêtes sur le secteur.