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Vosges : il y aurait 2 loups

Vosges : il y aurait 2 loups

Article publié sur France3.fr par Jean-Christophe Dupuis-Rémond  et Stéphanie Zeimet

Un berger vosgien dont le troupeau a été attaqué pense que c'est un couple de loups qui est en cause.Après une période de calme, le loup des Vosges s'est attaqué vers le 20 janvier 2012 à une brebis gestante sur les hauteurs de Baudimont, un hameau de Saulxures-sur-Moselotte. Un loup ou deux (voir le reportage) selon le berger du troupeau qui a relevé plusieurs traces dans la neige lui faisant penser à un couple de canidés. Après une année 2011 qui a été officiellement marquée par la présence du loup sur le massif, les éleveurs ovins craignent une année 2012 difficile pour leurs troupeaux.La traque du ou des loups continue mais il est toujours interdit de le tuer.

Les mesures prises

Le préfet des Vosges a autorisé des tirs d'effarouchement lundi 19 septembre 20011 : les éleveurs et les chasseurs peuvent désormais ouvrir le feu pour effrayer le loup mais pas pour le tuer.

Le tir d'effarouchement est entouré de règles très strictes : les éleveurs doivent avoir un permis de chasse et être sous la surveillance d'un lieutenant de louveterie. Au final, cette mesure un peu fastidieuse ne calme pas vraiment la colère des propriétaires de troupeaux : ils ont subi plus de trentes attaques depuis le printemps 2011.

Des décisions plus radicales pourraient être prises dans les mois qui viennent mais le préfet des Vosges, Dominique Sorain, préfère se donner du temps. L'autorisation d'abattre le loup, espèce protégée, n'est donc toujours pas donnée par le ministère de l'environnement contrairement à d'autres régions comme le Vercors où le tir pour tuer est autorisé.

La ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, s'était dite fin juillet, prête à assouplir le protocole qui leur permet d'en abattre, sous certaines conditions.

Retour sur les faits

Dans la nuit de vendredi 20 à samedi 21 mai 2011 : le mystérieux prédateur s'en est pris à un poulain de deux mois qu'il a attaqué et partiellement dévoré à l'épaule. A priori, l'ONC n'a pas fait le lien entre cette attaque et les 27 brebis tuées dans le Ventron en avril.

L'inquiétude continuait de monter du côté des éleveurs d'autant plus que le canidé a sévi à proximité des habitations de La Bresse, dans un champ à quelques mètres d'une maison du lotissement Liernat.

Du côté de La Bresse

Entre mardi 2 et mercredi 3 août 2011, à La Bresse, le troupeau de l'éleveur Jean-Yves Poirot avait été de nouveau victime des attaques meurtrières du loup. Sa dernière attaque remontait au 15 juillet dernier. De quoi raviver la colère des éleveurs du secteur qui se plaignent de l'absence de mesures efficaces. La dernière attaque connue s'était produite à La Bresse dans les Vosges où une brebis a été attaquée. Le cadavre de l'animal a été découvert jeudi 2 juin au matin par l'éleveur.

Du côté de Cornimont

Le 16 mai 2011, une nouvelle attaque d'ovins s'était déroulée dans les Vosges, à quelques kilomètres du lieu des attaques précédentes : dans le col du Brabant vers Cornimont. 5 Agneaux ont été retrouvés morts. L'ONC enquête toujours.

Du côté de Ventron

Les éléments prélevés sur le site de Ventron dans les Vosges, à savoir une crotte et une touffe de poils, ont été identifiés comme appartenant à un renard. Après analyse de l'ADN, c'est le directeur du laboratoire d'écologie alpine, sollicité par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage qui a rendu son verdict. Le mystère plane toujours dans le massif des Vosges car selon François Léger de l'ONCFS, "le renard est un consommateur secondaire, un charognard, pas question de lui faire porter le chapeau des attaques. Il est sans doute passé après pour se servir".

Pour Pascal Horiot, 54 ans, habitant de Florange, il s'agirait d'une simple manipulation humaine même si la présence d'un loup reste possible sur le territoire vosgien. Depuis 7 ans, il est l'auteur d'un site de défense des loups baptisé www.franceloups.fr. Depuis le 24 avril 2011, aucune nouvelle attaque de brebis n'est constatée à Ventron dans les Vosges. L'animal avait tué et égorgé 27 brebis dont deux de l'élevage d'Eric Arnould. Pas forcément le fait d'un loup pour Pierre Singer, co-directeur du Parc animalier de Sainte-Croix à Rhodes (Moselle), qui était l'invité du 19/20 Lorraine le 13 avril 2011.

Cette nouvelle attaque met les éleveurs dans une situation financière inconfortable. Des dépenses supplémentaires sont à prévoir afin de préserver les troupeaux du prédateur. L'office national de la Chasse et de la Faune Sauvage (qui parle de canidé(s) et exclut l'hypothèse du lynx) et la gendarmerie enquêtent sur cette succession d'attaques qui ont provoqué la mort de plusieurs brebis gestantes sur la commune de Ventron (Vosges). Trois éleveurs ont été touchés, leurs animaux égorgés, éventrés et déplacés sur des pentes raides. L'info avait été révélée par notre confrère David Brunet qui l'a annoncé sur son fil Twitter mardi 12 avril 2011,qui expliquait au lendemain de la 3ème attaque que, par sécurité, les bergers avaient décidé de mettre leurs moutons à l'abri tandis que les garde-chasses tentaient d'identifier l'animal ou les animaux responsable(s) à l'aide d'appareils photographiques en se servant de brebis âgées comme appâts.

Samedi 13 août 2011, une partie du troupeau de Jean-Yves Poirot a été mortellement attaquée par le loup. Profondément exaspéré de ces actes à répétitions ; depuis début mai, il a perdu 19 bêtes dont un poulain , s'ajoute encore les 4 agneaux et les 2 brebis tués dans la nuit de vendredi à samedi à La Bresse et Cornimont, il a décidé de mettre sa ferme en vente.

Mercredi 10 août, le loup s'est déplacé dans la Vallée de la Haute-Meurthe. C'est un technicien de l'ONC qui a fait la macabre découverte à Sérichamps dans le Grand-Valtin des Vosges. Onze brebis, appartenant à Olivier Cassagnau, ont été retrouvées égorgées. Le préjudice est estimé à hauteur de 17 000 euros. Selon les premières conclusions d'un représentant de l'office national de la chasse, les dépouilles pourraient avoir été attaquées par un loup.

Première indemnisation de 7 643 euros

7 643 euros, c'est la somme de la première indemnisation qu'ont touché à l'automne les éleveurs vosgiens face aux attaques du loup. L'argent a été versé par la Communauté de Communes de Haute-Moselotte et les communes de La Bresse, Cornimont et Ventron dans les Vosges.

Mesures efficaces : aide-berger

La préfecture des Vosges a mis en place à l'automne un aide berger afin de soulager la surveillance des éleveurs. Des éleveurs qui sont particulièrement à cran depuis que la "bête des Vosges" a sévi sur leurs troupeaux. Jean-Philippe Rémy, 22 ans, diplômé du lycée agricole de Ramonchamp (88) a été choisi par la Chambre d'Agriculture auprès de deux éléveurs de La Bresse. L'Etat s'est engagé à financer 80% de son salaire. Mais cette aide devrait s'arrêter avant fin novembre. Le prédateur a attaqué par 2 fois : dans la nuit du vendredi 11 novembre il a tué une brebis à Thiéfosse et le lendemain il s'en est pris à une agnelle à la Bresse (portant à 35 le nombre de bêtes tuées chez Jean-Yves Poirot). Après avoir été de nouveau frappés pendant le long week-end du 11 novembre par des attaques du canidés, les éleveurs vosgiens concernés sont allés crier leur colère à l'occasion d'une conférence à Metz mardi 15 novembre.