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Loup des Vosges: chair décomposée en guise de bienvenue...

Loup des Vosges: chair décomposée en guise de bienvenue...

Article publié dans l'Est Républicain, le dimanche 22 août 2011

La Bresse. Ces derniers jours, la température est montée de quelques degrés entre l'éleveur bressaud Jean-Yves Poirot et les restaurateurs et hôteliers du col du Brabant. L'éleveur a laissé sur la voie publique les cadavres de ses trois ovins tués récemment par le loup en attendant le passage de l'équarrisseur. Le petit « charnier » était orné par deux pancartes qui expliquaient la démarche du berger. « Je voulais que les gens voient réell ement ce que le loup a fait de mes bêtes ». Un « happening » d'un genre nouveau qui a fortement déplu aux professionnels du tourisme. Comme Sabine Corvillo, la patronne du restaurant Le randonneur. « C'est une ânerie sans nom d'avoir fait ça. Je comprends la détresse des éleveurs mais je ne vois pas en quoi ça sert leur cause », soupire-t-elle. Les ovins en décomposition avaient été disposés au bord du grand parking circulaire de ce lieu touristique. « L'odeur était intenable. Des clients qui s'étaient installés avec leur camping-car à proximité ont dû quitter les lieux », raconte, exaspérée, la restauratrice. Les services communaux de La Bresse et Cornimont (le col du Brabant relie les deux communes) ont été rapidement prévenus.

L'éleveur rend ses indemnités

Après le passage de l'équarrisseur, la zone a été désinfectée. Jean-Yves Poirot accuse Guy Vaxelaire, le maire de La Bresse, de manier un double discours. « Il dit qu'il nous soutient mais il est beaucoup plus prompt à aller dans le sens des pro-loups. C'est-à-dire les restaurateurs du coin qui profitent du retour du loup sur le territoire pour augmenter leurs recettes », s'énerve-t-il .Pour exprimer sa défiance à l'égard de la commune de La Bresse et de la communauté de communes de la Haute Moselotte, l'éleveur a remis deux chèques correspondant au montant des indemnisations qui lui ont été versées par les deux collectivités en complément de celles versées par l'État suite aux attaques du loup. En tout les cinq éleveurs attaqués de Cornimont, La Bresse et Ventron ont reçu 7 000 € de la part des communes et de la CCHmo.

« Il se trompe de combat »

Le lendemain, un conseiller municipal de la cité bressaude et un responsable des services techniques de la ville, ont ratissé le secteur dit du « Pendant Pré. » Objet de cette patrouille n'ayant au final rien donné : retrouver un veau égaré appartenant à Jean-Yves Poirot. « Mon coup de gueule a fini par payer », a déclaré l'éleveur. « Je préfère les voir sillonner le secteur plutôt que de toucher de l'argent » indiquait le propriétaire d'ovins. Ironie du sort, le périmètre en question est celui où avait été retrouvé fin mai un poulain de l'éleveur en partie dévoré par le mystérieux prédateur. « Comme tous mes collègues qui ont été la cible du loup, je suis aujourd'hui psychologiquement vulnérable ».

De son côté, Guy Vaxelaire, en tant que président du conseil de la communauté de communes, n'a pas du tout apprécié l'initiative de l'éleveur au col du Brabant. « Je suis à même de comprendre l'exaspération de M. Poirot qui depuis des années s'oppose à la municipalité, mais dans le cas présent il se trompe de combat » affirme le maire de La Bresse. « A l'unanimité des membres présents nous avons donc décidé de lui renvoyer son chèque ». S. G.