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Un rapport parlementaire en faveur de la révision du statut d'"espèce protégé

Un rapport parlementaire en faveur de la révision du statut d'"espèce protégée"

PARIS, 04 mars 2014 (AFP)

Un rapport d'information parlementaire, soucieux d'apporter une "réponse pragmatique" à l'augmentation des attaques de loups et "à la désespérance" des éleveurs, préconise mardi de rétrograder le prédateur d'espèce "strictement protégée" à "espèce protégée simple".

Le nombre d'animaux (à 95% des ovins) victimes d'attaques de loups, revenus spontanément en France au début des années 90, est passé de 2.680 en 2008 à 4.913 en 2011. La grosse majorité (70%) a eu lieu en région PACA, et 35% pour le seul département des Alpes-Maritimes.

Les auteurs du rapport "Patrimoine naturel de la montagne" -- Hélène Masson Maret, sénatrice UMP des Alpes-Maritimes et André Vairetto, sénateur PS de Savoie--, souhaitent "une réponse pragmatique et raisonnable (...) à la désespérance de nombre de nos éleveurs, et à la nécessité fondamentale de protéger l'agro-pastoralisme sur nos territoires".

Ils recommandent de modifier le statut du loup, actuellement classé comme animal "strictement protégé" au titre de l'annexe II de la Convention de Berne, relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe.

Ce statut pose une liste d'interdictions, comme celle de capturer l'animal, de le mettre à mort, de détériorer ses sites de reproduction et aires de repos...

En France, il est néanmoins autorisé de tuer, dans des conditions très encadrées et après autorisation préfectorale, un certain nombre d'individus par an dans le cadre du "Plan Loup", un chiffre qui s'élève à 24 pour la période 2013-2014, soit environ 10% de la population totale.

Sur cette période, seuls 7 loups ont été effectivement abattus, a indiqué le 25 février le ministre de l'Ecologie Philippe Martin. Un chiffre bien trop faible pour les éleveurs qui appellent le gouvernement à faire en sorte que les 24 loups soient "prélevés".

Aussi, le rapport appelle à placer le prédateur dans la catégorie "espèce protégée simple" (annexe III) qui se contente d'appeler à "règlementer" afin de "maintenir l'existence de ces populations hors de danger".

"Au nom de la Convention de Berne, on ne peut plus rien faire", a expliqué à l'AFP Mme Masson Maret. "Lorsque le préfet prend une décision, les associations (de défense du loup) demandent au tribunal administratif de casser l'arrêté au nom de la Convention".

"Si le loup est classé en catégorie animal protégé simple, on ne pourra plus aller devant le tribunal administratif", assure-t-elle.

La Suisse avait formulé une demande similaire, mais fin 2012, le comité permanent de la Convention de Berne à Strasbourg a rejeté cette requête.

La transhumance ovine anti loup en plein salon de l'agriculture

La transhumance ovine anti loup en plein salon de l'agriculture

Article publié le 26 février 2014 par Wikiagri.fr

L'événement marquant du Salon de l'agriculture 2014 est la manifestation organisée par les éleveurs ovins pour montrer au grand public leur exaspération vis-à-vis des attaques redoublées du loup.

Dès le premier jour, pour l'inauguration par le Président de la République, les brebis étaient couvertes d'un voile noir. Mais l'expression la plus spectaculaire de ce ras-le-bol a eu lieu mardi, avec une transhumance ovine à travers le Salon, d'abord dans l'allée extérieure entre les pavillons, puis à l'intérieur du Hall 4, celui des stands des décisionnaires (entre autres le stand du ministère).

Les manifestants ont décliné des arguments "grand public", à savoir l'ardoise, le coût engendré par les attaques du loup : 15 millions d'euros par an, ainsi que le lieu géographique des attaques. "Attention, ont-ils répété, les bergers de montagne ne sont plus les seuls concernés, il y a eu des attaques de loup dans l'Aube, tout près de Paris."

Au-delà, il était question soit d'attaques soit de loups aperçus dans la Marne, et même la Seine-et-Marne, soit directemenbt en région parisienne.

La cible de cette transhumance était le grand public. Les pouvoirs publics sont alertés depuis longtemps du danger représenté par le loup, et ne réagissent pas vraiment. Il s'agit donc d'obtenir une adhésion populaire sur ce mouvement.

Jeandey Antoine

Au Salon de l'agriculture, les éleveurs ovins cherchent un soutien auprès des citadins

Loup - Au Salon de l'agriculture, les éleveurs ovins cherchent un soutien auprès des citadins

Article publié le mardi 25 février 2014 par La France Agricole

Une vingtaine d'éleveurs ovins de la Fédération nationale ovine (FNO) ont manifesté mardi après-midi dans les allées du Salon de l'agriculture à Paris pour dénoncer leurs difficultés à faire face à la prédation. Ils portaient un brassard noir en signe de deuil pour la perte de 6.000 brebis en 2013.

« Le loup coûte 15 millions d'euros au contribuable, a lancé Serge Préveraud, le président de la FNO à la foule. Vous ne pourrez bientôt plus vous promener dans les forêts. Le loup est en plaine à 150 km de Paris dans l'Aube. »

Sur le parcours de la manifestation, les avis des visiteurs étaient partagés. Pour certains, il faut un espace de vie pour le loup indépendant de celui des moutons et c'est de la responsabilité du gouvernement d'organiser les territoires en conséquence. Alors que d'autres plaignent le prédateur.

Afin d'éclairer les citadins, les manifestants distribuaient un tract sur les « dix vérités à rétablir sur le loup ». Parmi elles, ils affirment que le loup n'est plus une espèce rare et menacée puisqu'il y en aurait 350.000 dans le monde.

« En tout cas, s'il sévit sur mon troupeau, et c'est fortement probable puisqu'il a attaqué des troupeaux à 20 km de chez moi, je serai contraint d'arrêter l'élevage sur mon exploitation, indique Bertrand Patenôtre, un manifestant de l'Aube. Il sera impossible de mettre en place des moyens de protection ».

Marie-France Malterre

 

Suède - L'interdiction de chasser le prédateur divise les campagnes

Suède - L'interdiction de chasser le prédateur divise les campagnes

Article publié avec l'AFP par L'Orient Le Jour le 26 février 2014

Les agriculteurs et les chasseurs de Suède crient au scandale après l'interdiction de la chasse au loup, qui selon eux menace leur mode de vie et risque d'inciter au braconnage.
« Je pense que l'on pourrait vivre à proximité de quelques loups, mais pas s'ils sont aussi nombreux que maintenant. Ils se rapprochent trop des gens », explique Elsa Lund Magnussen, dans sa petite ferme d'élevage de moutons et son abattoir près de Karlstad. « Un loup a tué un petit élan ici il y a une semaine », dit-elle en montrant une zone boisée à un jet de pierre de sa propriété. « Quand on sait qu'un loup peut apparaître sur nos terres n'importe quand, ça bouleverse toute notre qualité de vie. On n'ose plus laisser les chiens dans la cour (...) et des gens disent qu'on doit se munir d'un fusil pour une promenade en forêt ! »
La chasse au loup est une question sensible en Suède, comme dans les autres pays d'Europe où le carnivore a été réintroduit ces dernières décennies et bénéficie de la protection de l'Union européenne. La convention de Berne établie en 1979 fait du loup une espèce protégée dans toute l'Europe. La Commission européenne a menacé le pays nordique de sanctions en 2013, quand le gouvernement a autorisé un abattage de loups, interdit finalement par un tribunal suédois. Le débat a repris en janvier lorsque le tribunal administratif de Stockholm a suspendu un arrêté permettant aux chasseurs de tuer 30 loups cet hiver. Les trois organisations de défense de l'environnement qui l'avaient saisi, dont le WWF Suède, ont jugé cette décision conforme à la réglementation européenne sur les espèces menacées.
Désormais, la chasse au loup n'est autorisée que dans des cas spécifiques quand les canidés attaquent les troupeaux ou représentent une menace évidente.
La décision du tribunal est intervenue un mois après que l'exécutif ne fasse connaître son intention de réduire de 400 à 270 le nombre de loups dans le pays. « La Suède n'a jamais eu autant de prédateurs qu'aujourd'hui », a déclaré la ministre de l'Environnement, Lena Ek, lors du lancement d'un rapport affirmant que le pays devait réguler la population des loups afin de « prendre en compte les gens qui vivent et travaillent dans les zones où les prédateurs se concentrent ».
Les écologistes ont rejeté l'argument fondé, selon eux, sur des bases scientifiques peu solides. Leur victoire juridique a provoqué la colère des petits agriculteurs comme Lund Magnussen, qui pointe l'augmentation du nombre de moutons attaqués par des loups à travers le pays : 411 en 2012, contre 292 en 2008. « Je ne suis pas une ennemie des loups, mais si mon troupeau est attaqué, je perds beaucoup d'argent et ça pourrait me mettre sur la paille », prévient-elle. Mettre des clôtures partout pour garder les loups à l'écart est très difficile et coûterait trop cher, selon elle.
Les chasseurs, dont 500 vivent dans cette région du Värmland, sont aussi virulents, accusant les loups de décimer le gibier et de blesser leurs chiens. « Bien sûr que les loups doivent manger aussi, la question c'est à quel point ? » demande Gunnar Glöersen, qui organise les chasses dans les environs de Karlstad. En l'absence de politique de réduction du nombre de loups, le braconnage risque d'augmenter, prévient-il. « Si les règles démocratiques établies par le Parlement ne sont pas appliquées, je suis convaincu que le braconnage va exploser », affirme-t-il.
Pour Jan Bergstam, militant écologiste, les chasseurs et les agriculteurs exagèrent dans le but d'obtenir des subventions. Il estime le problème facile à résoudre, avec des chasses
limitées aux quelques cas où les loups ont attaqué à plusieurs reprises les fermes, ou laissent trop peu d'élans pour les chasseurs. « On a aidé les fermiers à installer des barrières, et aucun de leurs troupeaux n'a été attaqué par les loups, rappelle-t-il. C'est bien que l'on ait arrêté la chasse autorisée. Si on ne veut pas que les loups deviennent une espèce en voie de disparition, il faut qu'ils aient la possibilité de se répandre en Suède. » M. Bergstam souligne que les menaces des opposants au loup ne sont pas nouvelles, mais qu'elles doivent être prises au sérieux. « Elles encouragent les gens à sortir et à tuer autant de loups qu'ils le souhaitent », dénonce-t-il.
La résolution du contentieux pourrait prendre des années, avant peut-être un épilogue devant la Cour de justice européenne. Bruxelles a peu de raisons de rouvrir les discussions sur la directive « Habitats » de 1992 durement négociée, qui protège plus de 1 000 animaux et espèces végétales à travers le continent.
À la campagne, on aimerait hâter les choses. « Pendant que le processus judiciaire est en cours, je veux continuer à vivre et à tenir ma ferme ici (...) Je n'irai pas tuer des loups pour en déposer les dépouilles à la porte du Parlement, mais je défendrai mes bêtes », confie Mme Magnussen.

(Source : AFP)

Le loup repéré dans le département de la Moselle aurait bien attaqué des brebis

METZ- Le loup repéré dans le département de la Moselle aurait bien attaqué des brebis le 12 février à Lorquin.

Article publié par Le Républicain lorrain le 19 février 2014

L'Office national de la chasse et de la faune sauvage a rendu son verdict concernant l'attaque de brebis du 12 février à Lorquin: il s'agit bien d'un loup. Une réunion est prévue.

Loup, y es-tu? Oui, a répondu hier le Centre national d'études et de recherche appliquée prédateurs-animaux déprédateurs de l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage).

Dans la nuit du mardi 11 au mercredi 12 février, cinq brebis étaient tuées entre Lorquin et Neufmoulins (Pays de Sarrebourg). L'expertise du CNERA PAD portait exclusivement sur les animaux. Car d'autres attaques avaient eu lieu, ces dernières pertes portant à onze le nombre de bêtes victimes d'un prédateur, en moins d'une semaine.

Un faisceau de présomptions planait sur le loup du Donon, photographié le 30 janvier. Quatre jours plus tôt, le Canis lupus avait été observé par un chasseur à Abreschviller.

Tentative de prédation

On ignore quelles sont les raisons qui ont poussé l'animal à venir dans la plaine. «Quand un loup connaît bien son territoire, il mange surtout du gibier. Mais s'il est poussé vers un autre secteur, il se dirigera vers des proies plus faciles», notait Anthony Kohler, vice-président, de l'association Férus pour la préservation des grands prédateurs.

Le loup n'aurait-il pas regagné le massif du Donon? Alors que le CNERA PAD se prononçait, la nuit précédente (de lundi à hier), un troupeau était attaqué à Lavalette, écart d'Abreschviller. Deux bêtes ont été blessées lors de l'attaque. Cinq agneaux et un bélier ont pris la fuite. Il est bien sûr trop tôt pour tirer des conclusions et le cas a été soumis à l'expertise du CNERA PAD.

En attendant, la sous-préfecture s'organise. Elle prévoit une réunion demain avec l'ensemble des acteurs concernés : profession agricole, élus, association de protection de la nature, représentants du monde de la chasse, experts du loup et services de l'État.

Plusieurs objectifs sont affichés par Eric Infante, le sous-préfet. Outre un point de situation, cette réunion aura pour but de diffuser des éléments utiles sur le loup (mode de vie, comportement, zone d'extension...) et de présenter le plan national concernant l'animal et la réglementation applicable.

Les possibilités de protection des troupeaux vis-à-vis de la prédation du loup, en précisant les modalités de financement et le processus d'indemnisation des dommages aux troupeaux, seront abordées.

INFOGRAPHIES. Le loup reprend du poil de la bête dans les Alpes-Maritimes

INFOGRAPHIES. Le loup reprend du poil de la bête dans les Alpes-Maritimes

Article publié le mardi 19 novembre 2013 par Nice Matin

250 loups ont été recensés en France, selon le dernier décompte de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Nombre de bêtes tuées, nombre d'attaques... les Alpes-Maritimes restent le departement où l'animal est le plus présent.

250 loups ont été recensés en France, selon le dernier décompte de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

Nombre de bêtes tuées, nombre d'attaques... les Alpes-Maritimes restent le departement où l'animal est le plus présent selon l'observatoire du loup qui publie les chiffres des années 2004 à 2012.

L'impressionnante hausse des attaques de loups

Les chiffes sont sans appel. En 2004, l'observatoire du loup comptait 322 attaques attribuées aux loups dans notre département. Huit ans plus tard, ce nombre est de... 764 attaques! Plus du double.

"Le loup rencontre dans ce département des conditions favorables. Le territoire est assez vaste pour permettre l'installation de meutes (composée de 2 à 5 loups) et la nourriture suffisante: la population d'ongulés sauvages en hausse depuis 30 ans. Le nombre de meutes reproductrices permet dans ce département une dynamique de population qui explique sa croissance.", explique Dominique Gentier, chargée de communication du Plan d'action national loup.

Les Alpes-Maritimes sont, de loin, le departement le plus "attaqué" de France. Très, très loin devant ses voisins des Alpes-de-Haute-Provence, du Var et des Hautes-Alpes.

Capture Nice Matin 1

 

 

 

 

 

 

 

 

Un garde-manger à ciel ouvert

Des attaques qui ont déclenché l’ire de tous les éleveurs azuréens.  Car quand le loup attaque, le loup tue. Au grand dam des bergers, qui ne comptent plus leurs bêtes dépecées, éventrées, blessées… L’observatoire du loup les a comptées. En 2004, 1411 bêtes ont été tuées par loup les Alpes-Maritimes. 1435 en 2010… 2417 en 2010.

 

Capture Nice Matin 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Seul motif de satisfaction? Le nombre de bêtes tuées par attaques ne progresse pas. “Depuis l'arrivée du loup en 1992, le nombre de victimes par attaque se situe entre 3 et 5. et que depuis 5 ans, ce nombre se situe entre 3 et 4”, poursuit Dominique Gentier.

Capture Nice Matin 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une très mauvaise série qui a conduit la préfecture des Alpes-Maritimes à prendre des mesures chocs. Face à la grogne des éléveurs et des bergers, la prefecture vient d'autoriser de nouveaux tirs de prélévement. Un "permis de tuer" la bête, après que plusieurs troupeaux ont été décimés.

Depuis que ces tirs ont été autorisés, quatre loups ont été "prélevés" dans les Alpes-Maritimes, principalement dans le Mercantour.

"Le loup, espèce protégée en France, est traqué dans la plus parfaite illégalité sur les ordres des représentants de l'État", estime l'association Ferus. Dénonçant une "situation scandaleuse et injustifiée", l'association annonce qu'elle "portera systématiquement plainte contre les tueurs de loups en bande organisée et exercera systématiquement des recours contre ces arrêtés felons".

Mais si les éleveurs sont en colère, il ne faut pas oublier qu'ils sont indemniser par l'Etat pour chaque bête tué par un loup. Ainsi en 2012, les éleveurs des Alpes-Maritimes ont perçu 763.398 euros d'indemnités.

"Chaque attaque donne lieu à un constat de dommages réalisé par les agents habilités. L'analyse technique des données relevées dans le constat est effectuée par les DDT(M). Elle doit determiner si la est mortalité non liée à une predation, si la cause de mortalité indéterminée ou si la mortalité est liée à une predation avec deux possibilités : responsabilité du loup écartée ou responsabilité du loup non-écartée", détaille Dominique Gentier.

L'indemnisation est basée sur le principe que le bénéfice du doute profite à l'éleveur. Toute attaque dont la conclusion est "responsabilité du loup non-écartée" est indemnisée. Les pertes directes (animaux morts, blessés), les pertes indirectes (étouffement, dérochement...) , et les bêtes disparues sont prises en compte et indemnisées.

Capture Nice Matin 4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le loup attaque à la fin de l'année

Le loup a ses petites manies. Dans les Alpes-Maritimes, il attaque plus volontiers pendant les derniers mois de l'année. Octobre est ainsi le mois où il a fait le plus de carnage des la vallée de la Tinée (255 attaques). Dans les Roya, il préfère les temperatures un peu plus chaude avec 122 attaques durant les mois d'août.

"On observe que les mois où les attaques sont les plus importantes sont juillet, août et septembre, donc plutôt en été. Dans les Alpes du Sud, la période de pâturage plus longue (ou même toute l'année) explique la répartition des attaques tout au long de l'année. Il convient de noter également que dans ces zones, la mise en place des moyens de protection peut être plus difficile", analyse Dominique Gentier.

Capture Nice Matin 5

 

Environnement : les sentinelles guettent toujours le loup

Environnement : les sentinelles guettent toujours le loup

Article publié le 30/10/2013 par Sud Ouest

Le loup n'a pas été revu dans le Gers depuis novembre dernier. Mais un réseau de sentinelles est en place.
On n'est pas encore revenu au temps des louvetiers, chargés au XIXe siècle de chasser le loup dans chaque ville. Mais depuis l'intrusion d'un loup dans le Gers, aperçu du côté de Troncens il y a quasiment un an, des mesures de prévention et d'observation ont été prises.

Plus sûrement afin de respecter le sacro-saint principe de précaution que pour s'apprêter à faire face à la menace imminente d'un retour en masse du canidé sauvage dans nos contrées. Mais tout de même, la progression des populations, constatée ces dernières années, depuis le massif alpin vers le piémont pyrénéen pose question.

Le réseau de sentinelles déployé dans l'Aude, en Ariège et dans les Pyrénées-Orientales a été élargi aux départements de Haute-Garonne, du Lot, du Lot-et-Garonne, du Tarn-et-Garonne... et du Gers.

Jacques Faubec, encore responsable du service départemental de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) pour quelques semaines avant de faire valoir ses droits à la retraite, a ainsi été formé, comme l'ensemble de ses collègues, à l'identification de traces laissées par le loup et par le lynx : « Tous les agents du service ont été formés à ce type de suivi. Désormais, si l'un de ces animaux vient dans le Gers, nous saurons reconnaître les empreintes. S'il attaque des bêtes, nous pourrons l'identifier. »

Pour l'instant, Jacques Faubec en convient, ce genre d'événement malheureux est uniquement le fait de chiens errants. « En quarante ans de carrière, c'était la première fois que j'identifiais un loup dans le département », admet-il. L'autorisation de chasse au loup, durant des battues au gibier, accordée par Philippe Martin, ministre de l'Écologie il y a quelques jours, ne concerne que les départements où le loup est effectivement installé et cause des ravages sur les élevages : soit le sud-est de la France.

Depuis le spécimen observé en novembre 2012, aucun ne s'est approché du Gers plus près que l'Aveyron, où un loup des Abruzzes a été vu en février dernier.

Dans la région, ce type d'observation reste isolé et ne présage aucunement d'une installation de l'espèce à court terme. Mais la dispersion de ces animaux sur de grandes distances, à la recherche de nouveaux territoires est un phénomène connu.

F. J.

Bernard Andries, lieutenant de la louveterie, une institution vieille de 1200 ans

Bernard Andries, lieutenant de la louveterie, une institution vieille de 1200 ans

Article publié le 20/10/2013 par La Voix du NordSans aller jusqu'à dire que Bernard Andries est aussi farouche qu'un loup, il aura fallu quelque temps de traque pour réussir à le convaincre de parler de son activité de lieutenant de louveterie, sur laquelle il reste discret.

L'homme est pourtant connu comme... le loup blanc en Flandre intérieure, d'abord comme médecin dermatologue depuis trente-cinq ans à Hazebrouck, ville où il a aussi été élu au conseil municipal pendant deux mandats.

Il a également été administrateur à la fédération de chasse du Nord il y a une vingtaine d'années, sans parler d'engagements associatifs comme au Lions club (mais ces « Lions » n'ont aucun rapport avec la chasse !).

Tombé dedans tout petit

La chasse, Bernard Andries est tombé dedans tout petit, à Rexpoëde dont il est originaire : « J'accompagnais mon père le dimanche dès l'âge de 10ans. J'ai demandé mon premier permis de chasse à l'âge de 16ans et cette année, c'est mon quarante-neuvième. » Son premier fusil ? « Je l'ai eu pour mes 16ans, un calibre12 juxtaposé qui venait d'un oncle. » Alors, comment passe-t-on de « simple » chasseur à lieutenant de louveterie ? Assurément par passion, mais ça ne suffit pas.

Il y a des conditions à remplir, des capacités à posséder et un oral à passer avant d'être nommé par le préfet pour une période de cinq ans avec une limite d'âge de 75ans pour l'exercice de cette mission (lire ci-dessous). Ils sont quatre lieutenants de louveterie dans l'arrondissement de Dunkerque.

Bénévolat total

Le bénévolat étant total, le lieutenant de louveterie doit pouvoir subvenir avec ses propres revenus à cette charge qui demande aussi de la disponibilité pour parcourir environ 5000km par an pour les traques de nuit de nuisibles, les réunions, les destructions de corbeaux...

À titre d'exemple, Bernard Andries a effectué l'an dernier quarante sorties de nuit, en général de 22h à 2h, dans son secteur qui comprend les cantons de Cassel et d'Hazebrouck nord et sud.

« On fait tout et on est payé pour rien, mais on le sait », précise Bernard Andries, qui explique avoir « fortement réduit mon activité médicale – je ne l'exerce plus qu'un jour par semaine – ce qui me permet de me consacrer à la louveterie ».

Si les attributions du lieutenant de louveterie sont multiples et ne se limitent pas à organiser des battues, Bernard Andries les résume assez simplement : « On n'est pas là pour détruire, mais pour calmer le jeu. »

Il se voit avant tout comme un médiateur entre le monde agricole et les chasseurs et comme un conseiller des administrations concernées.

ZOOM: plus de loups, mais des choucas...

Mis à part dans les Alpes où ils reviennent d'Italie, il n'y a plus de loups dans notre pays. Mais il y a les espèces reconnues nuisibles pour lesquelles le lieutenant de louveterie assure une régulation. Pour d'autres, il peut être une vigie qui annonce des problèmes à l'horizon.

C'est le cas pour les choucas, ces sortes de petits corbeaux au cri agaçant qu'on entend aussi bien en ville qu'en campagne. Il s'agit actuellement d'une espèce protégée : même le lieutenant de louveterie n'a pas le droit d'intervenir, il faudrait une autorisation ministérielle. Selon Bernard Andries, le risque grandit notamment avec les choucas dans le secteur de Bavinchove. Ils se multiplient et font leurs nids dans les cheminées, ce qui peut les boucher, provoquant des risques d'incendie ou d'asphyxie.

Concernant les espèces classées nuisibles, en revanche, le lieutenant de louveterie peut intervenir à la demande du préfet ou du maire pour réguler la population des corbeaux freux, qui vivent en groupe. Bernard Andries cite à cet égard l'exemple d'Ebblinghem où, « tous les ans, on réduit leur nombre de deux cents à quatre cents car il y a plusieurs centaines de nids qui provoquent des nuisances pour les gens, sonores, mais aussi par leurs fientes et par les dégâts qu'ils font aux cultures ».

Un autre animal que connaît bien le lieutenant de louveterie, c'est le sanglier. Quand ils sortent en lisière de forêt et commettent des dégâts aux cultures, il est souvent sollicité par les agriculteurs. Il doit alors apprécier s'il faut pratiquer un simple tir d'effarouchement (de nuit) ou de destruction. Dans ce cas, il tirera toujours un ou deux jeunes, mais jamais la mère, qui évitera ainsi ensuite de revenir avec ses petits dans ce secteur.

Dans des cas plus rares mais tout aussi importants, le lieutenant de louveterie peut être sollicité pour des animaux présentant un danger pour la sécurité publique. Ce fut le cas pour un chevreuil qui avait passé les grillages et errait le long d'une voie TGV du côté d'Armentières, ou encore pour d'autres qui se promenaient près de l'aérodrome de Merville, ce qui a nécessité de fermer les pistes durant la nuit pour l'intervention.

CHRISTIAN TAFFIN

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