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En PACA, les éleveurs réclament des moyens pour lutter contre le loup

En PACA, les éleveurs réclament des moyens pour lutter contre le loup

Article publié le 21 juillet par La Croix

Face à une recrudescence des attaques, les professionnels ovins de toute la région manifestent ce mardi 21 juillet à Gap (Hautes-Alpes) pour exiger de l'État des actions efficaces.

« Malgré les moyens de protection et une vigilance constante on se fait attaquer par le loup toute l'année. On ne sait plus quoi faire. » Jacques Courron, qui élève 450 brebis à Gourdon dans les Alpes-Maritimes, en a « ras-le-bol » du canidé.
300 loups en France

Malgré ses huit chiens patous et un aide-berger, ce berger de 36 ans a été attaqué vingt fois et a perdu 70 brebis en six mois. Comme nombre d'éleveurs ovins « à bout » de la région, il manifestera mardi 21 juillet au matin dans les rues de Gap (Hautes-Alpes), où le tour de France effectue sa journée de repos.

1 400 brebis convergeront vers la préfecture où une délégation espère être reçue. Le 22 juillet, les éleveurs sensibiliseront le grand public à l'arrivée de l'étape cycliste à Pra-Loup (Hautes-Alpes). « L'élevage est en train de mourir à cause du loup », s'alarme Yves Derbez, président de l'association éleveurs et montagnes.

Protégé par la convention de Berne et la directive européenne « Habitats », le loup réintroduit en France en 1992 a vu sa population tripler pour compter 300 individus. En 2014, 8 560 animaux ont péri sous les crocs du loup en France. Région la plus touchée, PACA concentre 559 des 679 attaques et 2 017 victimes sur les 2 600 recensées au premier semestre 2015. Les Alpes-Maritimes, le Var et les Alpes-de-Haute-Provence demeurent les plus affectés.

Battues inefficaces

« À bout », les éleveurs demandent avant tout « des résultats » face à des battues inefficaces et des dispositifs de défense jugés trop peu réactifs. En 2014, seuls 19 loups ont été abattus alors que le seuil maximal s'élevait à 24.

Pour faciliter la lutte contre le loup, l'État relevé par décret le 30 juin 2015 ce seuil à 36 et assoupli les conditions pour obtenir des tirs de défense, valable toute l'année et durant cinq ans.

Les tirs de prélèvements (abattage) par le personnel assermenté, pourront eux être effectués durant les chasses au grand gibier, à l'affût, à l'approche ou en battue.
Annonce d'une « brigade d'appui aux éleveurs »

« Ces annonces vont dans le bon sens mais L'État doit mettre les moyens pour atteindre le chiffre de 36 dans les faits », exige Francis Solda, président de la fédération régionale ovine

Le 20 juillet, la préfecture des Hautes-Alpes a classé tout le département en unités d'actions. Ses éleveurs peuvent ainsi demander un tir de défense avant même d'être attaqué. Le 18 juillet, le ministère de l'écologie a indiqué la création d'ici à la fin août d'une « brigade d'appui aux éleveurs ».

Dix personnes affectées en priorité en PACA assisteront les éleveurs attaqués et participeront « aux opérations d'effarouchements voire de prélèvements ordonnés par l'État ». En outre, le ministère de l'Écologie va contacter les pays signataire de la Convention de Berne et la Commission européenne pour « adapter les modes de gestion du loup en fonction de l'importance de sa présence sur le terrain ».

Objectif : obtenir à un statut de protection moins contraignant, réclamé par les éleveurs arguant que le loup n'est plus en voie de disparition.

« Même si cela va dans le bon sens, dix personnes ne suffiront pas à quadriller une montagne. Les négociations de Berne prendront-elles beaucoup de temps », estime Jean Paul Compte, président régional des syndicats d'exploitants agricoles (FRSEA).
Corinne Boyer (à Marseille)

La détresse des éleveurs face au loup

Article publié par Le Figaro, le 17 juillet 2015Loup Figaro

Une récente attaque de loup relance le débat sur la protection des troupeaux. Les éleveurs crient leur colère et leur détresse face à l'inéfficacité des mesures actuelles.

Pour protéger son troupeau, un éleveur de Savoie a abattu un loup lundi à Villarodin-Bourget. L'abattage des loups est strictement interdit en France, mais face à la recrudescence des prédations, des dispositions permettent aux éleveurs de troupeaux attaqués de se défendre. Un plan «Loup», déjà le troisième du nom mis en place par les ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture, autorise les «tirs de défense» et les «tirs de prélèvement» - comprendre d'élimination.

19 loups ont été tués sur la période juillet 2014 - juin 2015 par des éleveurs pour protéger leurs bêtes. Un arrêté du 30 juin fixe à 36 le nombre de loups pouvant être tués chaque année dans le cadre de la protection des troupeaux. Ce chiffre a été relevé par rapport à l'année dernière, où le nombre autorisé était de 24. «L'Etat se désengage en déléguant l'autorisation aux éleveurs de tirer sur les loups, peste Olivier Bel, éleveur de brebis dans les Hautes-Alpes et en charge du dossier loup à la Confédération paysanne. Ça devrait être la responsabilité d'un corps spécialisé, et pas aux éleveurs de se protéger eux-mêmes. On a une vie aussi.» Une réponse administrative qui ne répond pas à la réalité selon lui.

«Tout le monde est dans l'impasse»

Ils seraient environ 300 loups dans l'Hexagone, un chiffre en constante augmentation (+ 16 % en 2014, + 20 % en 2013). En parallèle, près de 9 000 bêtes ont été victimes de leurs crocs, brebis et chèvres essentiellement, donnant droit à une indemnisation des agriculteurs. «On est bien dans une situation où l'ensemble des moyens de protection montrent leurs limites, regrette Olivier Bel. Car on est toujours dans une augmentation du nombre d'attaques et du nombre de loups.» Le 11 juillet, des éleveurs ont menacé de bloquer le passage de Tour de France dans les Alpes pour protester contre l'inefficacité de ces mesures.

«Mais tout le monde est dans l'impasse, on n'a pas de solutions et pas de moyens. Ça bloque complétement» modère Olivier Bel. Les éleveurs voudraient une réactualisation du statut strictement protecteur du loup et de la juridiction actuelle. «Aujourd'hui, on nous dit de rentrer nos bêtes à l'intérieur pour les protéger. Mais ce n'est pas viable, on ne va pas se tourner vers un mode d'élevage industriel que la société rejette. Nous sommes attachés à nos animaux.» Et la réponse financière de l'Etat ne résout rien au problème: «C'est le travail de l'éleveur qui est impacté. Il y a des éleveurs qui sont en dépression aujourd'hui et qui ont arrêté l'élevage, ils sont au bout du rouleau.»

Mathilde Belin

Loup, l'attaque sur l'homme qui change tout

Loup, l'attaque sur l'homme qui change tout

Article publié par Wikiagri, le 10 juin 2015

Jusqu'à présent, les attaques de loups ou autres prédateurs sur les troupeaux n'ont pas ému grand monde, en dehors des bergers et de leurs soutiens professionnels. Le week-end dernier, un adolescent a été attaqué par des loups. Et ça change tout !

Le jour où l'accident arrivera, plus personne ne pourra dire "on ne savait pas". L'accident en question, c'est l'attaque du loup sur l'homme, avec séquelles. Le week-end dernier, un adolescent l'a échappé belle, il a pu témoigner, vous avez ci-dessous en vidéo son témoignage recueilli par les journalistes de La Provence. Il a été encerclé par des loups, il a réussi à les faire fuir avant d'être attaqué réellement. L'action s'est déroulée à Seyne (Alpes-de-Haute-Provence, massif des Alpes), elle aurait pu avoir lieu dans les Pyrénées... Ou même dans les plaines de l'Aube ou de la Haute-Marne où le loup s'est signalé en décimant des troupeaux !

On arrive donc à un point où le mythe de l'espèce protégée ne pouvant que croquer deux ou trois agneaux au passage mais qui fait bien dans le décor a vécu. Y compris pour ceux qui n'ont aucun égard pour le pastoralisme, pour tout ce que signifie la perte de troupeaux ovins et même des attaques sur bovins (il y en a eu). Car cette fois, nous sommes passés à l'étape supérieure : le loup attaque l'homme !

Oui, cette fois, tout le monde est concerné. Pas seulement les bergers, dont on fait si peu de cas. Pas seulement ceux qui ont eu les troupeaux décimés, de la Lozère aux Alpes en passant par l'Aube (ça fait tout de même beaucoup...), mais tout le monde. L'adolescent attaqué se trouve appartenir à une famille de bergers. Mais puisque le loup attaque l'homme, qui dit que demain ce ne sera pas un touriste ? Et pourquoi pas un de ces doux écolos rêveurs et crédules venus admirer les loups d'un peu trop près ?

Dégâts sur les troupeaux, un coût croissant pour les contribuables

Bien sûr, on peut tout à fait comprendre les urbains en quête d'évasion et de nature qui prêtent une forme de romantisme au loup depuis qu'ils ont lu, dans leur plus tendre enfance, les romans de Jack London décrivant l'espèce dans de grands espaces de liberté sur le continent nord-américain. Mais la réalité du terrain, chez nous en France, et à notre époque, n'est certes pas la même. Les attaques du loup ont, ces dernières années, décimé bien des troupeaux, à des fréquences de plus en plus élevées.

Voici quelques chiffres, éloquents. Ce sont les chiffres officiels des indemnisations de l'Etat aux bergers après les attaques du loup dûment constatées par les fonctionnaires. Regardez ces trois tableaux ci-dessous, copies d'écran de la source officielle citée, comparez-les. En 2012, 6131 victimes avérées du loup. En 2013, elles sont 6213. Enfin, en 2014, on passe à 8560 victimes officielles. Pour le contribuable, on est passé d'un coût légèrement inférieur à 2 millions d'euros à 2,6 millions.

(source : http://www.rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/bilan_attaques_2014_12_31_INTERNET_20150105_cle08b912.pdf)

Qui plus est, il ne s'agit là que de statistiques officielles, selon les constats des agents assermentés de l'Etat. Les bergers estiment que plusieurs cas ont été minimisés, étant attribués de manière trop hasardeuse à des chiens errants ou autres. Par ailleurs, certains bergers n'ayant que très peu de pertes (une ou deux brebis) n'ont pas forcément pris la peine de les déclarer. Enfin, ceux qui n'étaient pas au courant des demandes des fonctionnaires assermentés ont pu maladroitement manipuler les corps des brebis attaquées tant et si bien qu'elles n'ont pas été reconnues tuées par le loup. Evidemment, il est impossible de chiffrer les attaques en plus des tableaux officiels fournis ci-dessus, mais il faut avoir en tête que les chiffres donnés ne sont que des minimas.

Précisons aussi que, pour les éleveurs, ces indemnisations ne compensent que partiellement la perte économique, et n'ajoutent en aucun cas un préjudice moral.

Une classe politique peu réactive

Ces chiffres sont publics, ils n'ont rien de secret, et n'ont jusqu'alors pas vraiment fait réagir la classe politique. Christophe Castaner, député PS de la deuxième circonscription des Alpes-de-Haute-Provence, a répondu aux journalistes de La Provence, sur la même chaine DailyMotion que l'interview du jeune homme attaqué, après les événements du weekend... En rappelant que le loup était une espèce protégée et appelée à le rester, qu'il fallait juste prendre des mesures de protection pour les éleveurs... Sans trop de précisions sur le sujet. Bref, pas vraiment concerné.

Précédemment, WikiAgri s'en était fait l'écho, le député de la Lozère Pierre Morel A L'Huissier (républicain) a tenté une action au niveau européen, dans l'esprit de faire tomber le statut d'espèce protégée du loup. Mais cette action, une initiative personnelle, est d'une part trop isolée politiquement, et elle prend d'autre part du temps à se concrétiser (le temps de l'administration, la volonté de l'élu est réelle)...

En dehors de ces deux élus, pas vraiment d'empressement de la part de la classe politique à se positionner sur le sujet...

Une chance inouïe, l'attaque sur l'homme doit faire réagir

Là, en ce moment, nous avons une chance inouïe : il y a eu une attaque sur l'homme, et (ouf) elle n'a pas eu de conséquence. Il est donc possible de réagir avant la catastrophe ! De prendre conscience des limites de la réintroduction, du fait que le loup a constitué des meutes, qu'il est capable de se déplacer géographiquement et d'envahir de nouveaux territoires. Et surtout que sa population a grandi à un point tel que ses individus ne peuvent plus se satisfaire de quelques gibiers de forêt pour se nourrir.

Alors la situation est ce qu'elle est, il faut savoir en "profiter". Le loup attaque l'homme, donc n'importe qui, donc les éleveurs ne sont plus les seuls concernés. Il existe aujourd'hui la possibilité d'entraîner un mouvement plus global, moins corporatiste, d'y intégrer les mères de familles, les randonneurs, tous les amoureux de la montagne qui veulent pouvoir continuer à entendre siffler les marmottes sans risque, qui veulent monter jusqu'à admirer les chamois sans risque, qui veulent admirer les paysages alpins ou pyrénéens sans risque... Ou même qui veulent pouvoir se promener en Haute-Marne ! Au-delà, le montant des indemnités, c'est-à-dire ce que coûte le loup aux contribuables, doit également faire réagir bien au-delà de la profession de berger.
Une enquête du ministère de l'Ecologie

A savoir : le ministère de l'Ecologie mène une enquête publique jusqu'au 21 juin (lien ci-dessous), une manière pour chacun d'exprimer les réalités du terrain...

Jeandey Antoine

 

En savoir plus : http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-d-arrete-fixant-les-conditions-et-limites-a1022.html?id_rubrique=2 (jusqu'au 21 juin 2015, le ministère de l'Ecologie consulte la population française à propos du loup. L'opportunité pour chacun de donner son point de vue...) ; http://wikiagri.fr/articles/loup-y-es-tu--oui-je-suis-la-!/852 (tribune de Gaël Grosmaire, parue dans WikiAgri, sur ses craintes d'éleveur de l'Aube face au loup) ; http://wikiagri.fr/articles/enquete-europeenne-sur-le-loup-comment-participer/1078 (action tentée par le député de la Lozère Pierre Morel A L'Huissier pour faire tomber le statut d'espèce protégée du loup) ; http://www.francetvinfo.fr/france/carte-les-attaques-de-loups-en-france-ces-trois-dernieres-annees_755874.html (carte des attaques du loup contre le bétail, elle était à jour lors de sa parution, en novembre 2014) ; http://www.rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/bilan_attaques_2014_12_31_INTERNET_20150105_cle08b912.pdf (source d'information pour les tableaux diffusés dans cet article).

Attaque de loups sur un adolescent dans les Alpes

Attaque de loups sur un adolescent dans les Alpes

Article publié le 10 juin 2015 par Médiapart

Dans la nuit de vendredi à samedi, une meute de loups a attaqué Romain, âgé de 16 ans, au hameau de Saint-Antoine au-dessus de Seyne les Alpes (Alpes de Haute Provence, 1 500 habitants). Le drame a été évité de justesse dans la ferme de Jean-Luc Ferrand. Les associations pro-loups y voient au contraire une manipulation médiatique.

Les vaches, des limousines, paissaient dans le pré attenant à l'étable dans la nuit de vendredi à samedi (5-6 juin). Vers minuit, les chiens se mettent à aboyer et les vaches à meugler. L'alerte est prise au sérieux, la ferme ayant perdu un veau poussé dans un vallon par les loups la semaine précédente. Benjamin âgé de vingt ans, et son jeune frère Romain sortent, allument les lumières de l'étable, et voient des yeux briller dans le pré à la lueur des lampes électriques. Les vaches rassemblées entourent leurs petits pour les protéger. Aucun doute, c'est la meute de treize loups (neuf adultes et quatre louveteaux) repérée dans la zone qui attaque.

Entouré par neuf loups

Benjamin descend chercher le tracteur tandis que Romain reste dans le champ avec le fusil. Il est aussitôt entouré par les neuf loups adultes que les lumières n'effraient aucunement. C'est lui qui est visé, les loups semblent ignorer le bétail. Romain crie et tire pour se défendre. Benjamin qui arrivait à ce moment sur le tracteur tous phares allumés, entend le coup de feu et voit les loups s'en aller. Cela s'est passé à 100 mètres du balcon de la maison.

Les deux frères ont ensuite sillonné la zone sur le tracteur jusqu'à 2H du matin pour tenter d'effrayer les loups et rassurer leurs bêtes terrorisées au point de charger dès qu'ils les approchaient. « Les loups n'ont pas eu peur de nous. Seul le coup de feu les a fait fuir » assure Benjamin. Interviewé par La Provence, son père n'est guère étonné : "Ils se sont habitués à nous depuis des mois qu'ils rôdent autour de la maison. (...) Ils n'ont plus peur". Les deux frères savent qu'ils ont tout intérêt désormais à ne pas oublier leur fusil pour aller « chercher de l'herbe pour les bêtes ».

Répandre le doute

Le problème est que cette affaire anéantit brutalement des décennies de propagande présentant le loup comme un animal craintif qui ne s'approche pas des humains. Il fallait d'urgence réactiver la fabrique de l'opinion. Quelques médias de presse écrite et télévisée sont venus à la rescousse en faisant passer le « jeune garçon de seize ans... » pour un affabulateur. « Les loups s'en prendraient-ils désormais aux hommes ? C'est ce qu'affirme un adolescent qui raconte s'être fait encerclé par une meute de loups. » « Un jeune agriculteur dit avoir échappé à une meute de loups (... )» et « raconte ce week-end s'être sorti d'une situation très délicate, encerclé par une meute de loups (...) ». Ces mêmes médias n'ont pas hésité à propager les rumeurs déversées sur les réseaux sociaux sans faire de recoupement ni même citer les sources. « Des voisins se demandent toutefois s'il ne s'agit pas d'une histoire pour alerter les autorités sur cette menace. » Quels voisins ? L'essentiel est de discréditer...

Une expertise très militante

Ces mêmes médias se sont empressés de faire appel aux experts militants. Geneviève Carbone affirme ainsi que « les loups ne s'approchent pas des villages et sont invisibles la plupart du temps ». Comment peut-on y croire sachant qu'une vingtaine de brebis ont été attaquées à cinquante mètres d'une maison et à cent mètres de l'église de Roquebillière (Alpes-Maritimes) le 14 avril dernier. Plus récemment, le 6 mai, un loup a attaqué une biche au cœur du village de Saint-Étienne de Tinée (Alpes-Maritimes). Dommage que la presse n'ait pas interviewé l'historien Jean-Marc Moriceau de l'université de Caen, dont les travaux portent sur les relations entre l'homme et le loup en France depuis le Moyen-Âge. « C'est très grave de dire que les loups ne s'approchent pas des villages ni des habitations car, tout en restant prudents, ils s'aventurent aux abords des fermes, des bourgs et même des zones urbaines ». La légende du loup craintif qui s'écarte des hommes ne résiste pas à la réalité. En France ou en Allemagne, comme le montre ci-dessous la vidéo.

Même son de cloche du côté de FERUS, où Jean-François Darmstaedter se dit très étonné « par cette histoire, qui présente beaucoup d'incohérences ». « Les meutes dépassent rarement six à sept individus » assène-t-il. Or, la meute qui sévit dans la région de Seyne-Les-Alpes, bien connue de l'ONCFS (office national de la chasse et de la faune sauvage), a été vue, repérée par des habitants et des randonneurs, ses treize individus comptés. Tous les témoignages concordent mais Jean-François Darmstaedter les ignore. Il cherche surtout à noyer le poisson en faisant croire à un coup monté. « Le jeune homme parle également de loups qui auraient des colliers et d'une personne qui dirigeait le loup de loin. » Des faits que Romain et d'autres habitants ont effectivement constaté en novembre et il y a un mois, l'individu suspect aurait d'ailleurs été repéré par la gendarmerie (1). Reste que cette affirmation ne dément en aucun cas les faits qui se sont déroulés dans la nuit de vendredi à samedi. Les évoquer n'est qu'une simple manœuvre de diversion.

Occulter le phénomène d' « habituation »

Cette manière de brouiller les pistes serait sans importance si les gouvernements successifs n'avaient pas embrayé le pas de l'écologie conservationniste depuis les années 90. Au lieu de répercuter le dogme, les autorités publiques et politiques auraient pu s'informer. Elles auraient pu lire par exemple le rapport Linnell (aussi en pièce jointe) écrit par des naturalistes et écologistes de renom par souci de transparence, et financé par le ministère norvégien de l'environnement. Il recense des constatations simples sur le comportement des loups, les attaques perpétrées en Europe. Il reconnaît qu' « un loup est un loup. Nous ne pouvons pas nous attendre à ce que cette espèce ne mange pas des humains (une proie abondante et facile) par principe ». Il est vrai que ce rapport n'a pas été traduit à la lettre de l'anglais au français par Robert Igel et Thierry Paillargues dont l'objectif était de faire accepter le loup à tout prix par la population. Publié sous le titre « La peur du loup : recueil d'attaques de loups sur des humains » (pièce jointe), ce dernier prend quelques libertés de traduction et fait beaucoup d'omissions. Lynda Brook, une naturaliste Britannique vivant en France, et maîtrisant parfaitement les deux langues, a dévoilé l'imposture dans « Loup, fin du mythe » (pièce jointe). Or, que dit le rapport Linnell ? Il explique, par exemple, que le loup, comme tout prédateur, développe une stratégie d'approche dénommée « habituation ». Cela signifie tout simplement que les animaux sauvages s'habituent à l'homme et changent de comportement. « De façon générale, les loups sont de plus en plus audacieux, de moins en moins craintifs » constate Laurent Garde du CERPAM (Centre d'études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée). « En lui interdisant toute défense, l'homme ne représente plus un risque aux yeux du prédateur. Il devient un décor » poursuit-il. Le rapport Linnell relève d'ailleurs que « dans certaines zones protégées, il y a un risque plus élevé d'attaques sur les humains » (Page 5).

Non, le loup n'est pas un animal de compagnie

Toujours d'après le rapport Linnell, le risque est accru dans les zones d'élevage en plein air, la promiscuité de l'homme et du bétail pouvant mener le loup à regarder l'homme comme une proie (P 36, 37). En voyant la meute se diriger droit sur lui et l'entourer, le jeune Romain a eu raison de se dire « ils m'attaquent, ils m'attaquent...». Car le loup, surtout en meute, sait parfaitement s'en prendre à l'homme, comme il peut s'en prendre au gibier de plus de cent kilos (élans, bisons...). Contrairement à la propagande assénée depuis des décennies jusque dans les écoles et centres de loisirs, les loups ne sont pas des animaux de compagnie. Les attaques sur les humains sont rares mais elles existent et ne sont pas seulement le fait de loups enragés. Ainsi, Kenton Carnegie, jeune étudiant en géologie de l'université de Waterloo (Canada), a été tué par des loups le 8 novembre 2005 près du campement du grand Nord où il faisait des relevés. Candice Berner (32 ans) a subi le même sort le 10 Mars 2010 en faisant du jogging en Alaska.

La légende du loup craintif vis à vis des hommes ne résiste pas non plus aux recherches historiques menées par Jean-Marc Moriceau. Son Centre de Recherche d'Histoire Quantitative tient à jour une base de données qui répertorie près de 3000 victimes d'attaques de loups non contaminés par la rage sur plus de 70 départements de la France métropolitaine entre 1360 et 1918.

Une France surréaliste

En résumé, la France cumule tous les risques d'attaques de loups. Parce que l'espèce y est strictement protégée, les hommes ne présentent donc pas de menace vis à vis du loup. Parce que la densité de population favorise la proximité des hommes avec le prédateur. Parce que l'élevage en plein air fait de l'homme une proie potentielle. Ce n'est pas le « prélèvement » d'un ou deux loups par ci par là qui freinera les prédateurs. Aux Etats-Unis, un tel évènement aurait tout de suite déclenché le prélèvement de la meute, autrement dit, les treize loups auraient été tués. En France, la défense des biens et des personnes face au prédateur relève d'une véritable usine à gaz. L'espèce étant protégée il est interdit de se défendre sauf dans certaines zones et à des conditions bien établies. L'État garde la main via l'ONCFS et les préfets. La complexité de la réglementation freine toute action (2). Pour avoir le droit de tirer, il faut d'abord passer par les phases « d'effarouchement », de « défense », de « défense renforcée », avant d'arriver au « tir ». À chaque étape correspond une arme (canon rayé ou pas), une forme de tir adaptée (en l'air, de loin etc...). Les autorisations sont délivrées par le préfet sous forme d'arrêtés que les associations font systématiquement annuler par les tribunaux administratifs... Le versement des indemnités aux dégâts provoqués par le loup diffère selon que l'éleveur se trouve en zone de présence occasionnelle ou permanente du loup (cercles 1 et 2). Ce qui fait dire à René Laurens, le président de la FDSEA 05, que les éleveurs ont tout intérêt à se faire attaquer avant le 1er mai. En clair, la défense des éleveurs est pour le moins surréaliste.

Faites-vous attaquer avant le 1er mai ! © René Laurens, président de la FDSEA 05 sur la chaine D!CI TV

Choisir le loup ou l'élevage en plein air

Dans ce contexte dangereux pour les populations, une cinquantaine de maires de la région s'est réunie. Certains d'entre eux ont déjà pris des arrêtés autorisant les éleveurs et toute personne menacée sur le territoire de leur commune à tirer. Certes les arrêtés sont illégaux puisque l'espèce est protégée par la convention de Berne et la directive européenne Habitat. Ils s'appuient cependant sur l'obligation dévolue aux maires de protéger les personnes et les biens. Évidemment, l'ASPAS a vivement réagi en qualifiant les maires de délinquants. Les préfets font annuler les arrêtés. Ce qui n'empêche pas la grogne de monter. Trois jours après l'attaque de la ferme, le préfet des Alpes-de-Haute-Provence informe qu'il a mobilisé sur le terrain, près des troupeaux, les éleveurs bénéficiant d'autorisation de tirs de défense accompagnés de lieutenants de louveterie et d'agents de l'ONCFS à tirer sur les loups. Des pièges photos supplémentaires ont par ailleurs été installés. L'arrêté a été pris le 9 juin. Le lendemain, il a été déféré devant le tribunal administratif par les associations membres de CAP-loup...

L'enjeu c'est le maintien de l'élevage en plein air. « S'il n'y a plus de brebis dans la montagne, il y aura des incendies, des avalanches. Qui va entretenir nos forêts et nos pistes de ski ? » se demandait le maire de Pelleautier (627 habitants), Christian Hubaud, qui a pris le premier arrêté anti-loup. Car le retour du loup dans les zones habitées menace de vider le territoire des derniers paysans, de fermer les paysages derrière les friches. En laissant prospérer les prédateurs des troupeaux, les associations conservationnistes n'ignorent pas qu'elles favorisent l'élevage industriel et confortent le plan gouvernemental de méthanisation prévu jusqu'en 2020. On comprend que l'élevage industriel bénéficie de toutes les faveurs et attentions, l'industrie voyant d'un bon œil se développer « le gaz vert ». Jérôme Ferrier, président de l'Union internationale du gaz, y voit « un enjeu considérable pour la filière gazière... ». Elles n'ignorent pas non plus que le projet de loi biodiversité met en place la financiarisation de la biodiversité sous prétexte de la sauver, jusqu'à remettre en cause le droit de propriété. Derrière le loup se cachent de redoutables intérêts, au détriment du prédateur et des humains.

Françoise Degert

NOTES

1- Seyne : l'attaque des loups intrigue le village, par Maxime Lancester. La Provence, 9 juin 2015, Page III

2 - De nouveaux arrêtés font actuellement l'objet d'une consultation avant d'être publiés à la fin du mois. Voir :

http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/DEVL1512754A_Projet_AM_cadre.pdf

http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-d-arrete-fixant-les-conditions-et-limites-a1022.html?id_rubrique=2

http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf

Seyne les Alpes: la Préfecture autorise des battues et tirs de prélèvements du Loup

Seyne les Alpes: la Préfecture autorise des battues et tirs de prélèvements du Loup

Publié par DICI le  9 juin 2015

Suite aux événements qui se sont déroulés dans la nuit du vendredi 5 au samedi 6 juin 2015 sur l'exploitation de M. Ferrand à Seyne-les-Alpes, le préfet des Alpes-de Haute-Provence informe qu'il a pris les mesures complémentaires suivantes :

La présence de l'ONCFS a encore été renforcée sur le secteur.

Dès hier soir, un dispositif s'appuyant sur les éleveurs qui bénéficient déjà d'une autorisation pour effectuer des tirs de défense, a été mis en place afin que tous ensemble puissent être sur le terrain, à proximité des troupeaux, assistés des lieutenants de louveterie et d'agents de l'ONCFS.

Un arrêté préfectoral a été pris, ordonnant la mise en œuvre de tirs de prélèvements sur le secteur, afin de pouvoir déployer plusieurs opérations de battues sous le contrôle technique de l'ONCFS.

Des pièges photos supplémentaires ont été installés.

Les services de l'État restent très mobilisés sur cette affaire.
Valentin Doyen le mar

Un adolescent encerclé par les loups dans les Alpes

Quand les loups font trembler la Provence

Article publié le 7 juin 2015 par Metro-News

ENVIRONNEMENT – Dans la nuit de vendredi à samedi, le fils d'un éleveur de Seyne-les-Alpes dans les Alpes-de-Haute-Provence s'est retrouvé nez à nez avec une meute de loups. Menacé, il a réussi à les faire fuir avec son fusil. Un drame évité de justesse qui relance le débat sur la présence du prédateur dans ce secteur.

Il a eu la peur de sa vie. Dans la nuit de vendredi à samedi, Romain, 16 ans fils d'un éleveur de bovins de la commune de Seyne-les-Alpes dans les Alpes-de-Haute-Provence, s'est retrouvé nez à nez avec une meute de loup. Son père absent ce soir-là, il garde l'exploitation avec son frère quand soudain ils entendent des beuglements anormaux de leurs vaches. Quelque chose de grave est en train de se passer. Pour y voir plus clair dans cette nuit noire, l'aîné va chercher le tracteur familial pour éclairer le champ. Romain reste sur place avec un fusil. L'arme lui sauvera la vie.

Au loin, l'adolescent perçoit des silhouettes. Des billes de lumière dans la pénombre ne lui laissent aucun doute : ce sont des loups. Des prédateurs au comportement étrange ce soir-là. D'habitude effarouchées par l'homme, les bêtes ne se sauvent pas. Pire, elles s'approchent dangereusement du jeune garçon. "Elles couraient à une allure phénoménale (...) Elles n'ont même pas jeté un regard aux vaches", racontera-t-il plus tard. Sans qu'il puisse faire quoi que soit, les prédateurs sont désormais à une quinzaine de mètres de lui. Un coup de fusil tiré en l'air finira par les faire fuir.

"Ils n'ont plus peur de rien"

Habitué à voir le loup dans ce massif des Alpes, Gérard Autric, président des lieutenants de louveterie dans les Alpes-de-Haute-Provence l'affirme : "c'est la première fois que j'entends parler ici de loups s'approcher aussi près de l'homme". Un signal dangereux selon lui qui ne l'étonne toutefois pas. "Il ne faut pas se mentir. Le loup a été réintroduit par l'homme. Ils sont habitués à nous", affirme-t-il. Tellement habitués qu'il n'est pas rare d'en croiser dans les villages alentour. "On en a vu être à l'entrée du village de Prads", précise-t-il.

Une commune dont le maire, Bernard Bartolini prend la mesure du problème avec gravité. "Les troupeaux se font régulièrement attaquer. Nous allons avoir de très gros problèmes d'ici 5 ans", prévient-il. "On nous dit qu'il y en a 400 dans les Alpes, c'est bien plus", assure-t-il. D'autant qu'il confirme la proximité entre les hommes et les bêtes. "A force de chasser le gibier comme le mouflon, le loup va chercher de la nourriture plus bas dans la vallée. Ils n'ont plus peur de rien". Seule solution selon lui : inscrire le loup dans le plan de chasse "pour réguler l'espèce qui n'est plus du tout en voie d'extinction dans nos montagnes".

 

Alpes : un adolescent attaqué par des loups

Article publié par La Provence samedi 6 juin 2015

Il a échappé au pire à Seyne-les-Alpes : encerclé par la meute, Romain Ferrand a dû tirer pour s'en sortir

Dans ce pré, en lisière de la forêt domaniale de la Blanche, 12 loups attaquent régulièrement les bovins de Jean-Luc Ferrand en pleine journée.

Ce qu'on craignait depuis quelques jours a fini par se produire dans la vallée de la Blanche : après avoir attaqué à maintes reprises un troupeau bovin, les loups s'en sont pris à l'homme sur cette exploitation située à 300 mètres au-dessous de la lisière de la forêt domaniale de la Blanche.

Dans la soirée de vendredi, aux environs de minuit, Romain est réveillé en sursaut par les aboiements des chiens et les meuglements des vaches : il se lève précipitamment et fonce malgré ses béquilles, accompagné de son jeune frère.

Des yeux brillent dans le noir mais ils ne parviennent pas à distinguer les loups des bovins dans la nuit. Le plus jeune fonce alors chercher un tracteur pour monter dans le pré et l'éclairer, laissant heureusement le fusil à Romain : encerclé par la meute qui fonce sur lui, il tire en l'air pour ne pas atteindre les vaches ou les veaux et met les loups en fuite alors qu'ils étaient à une vingtaine de mètres de lui.

"J'ai eu la peur de ma vie, je suis sûr qu'ils m'auraient sauté dessus", assure Romain, persuadé de ne devoir son salut qu'à son arme, encore tout tremblant plusieurs heures après l'attaque.

"On s'en doutait, ils se sont habitués à nous depuis des mois qu'ils rôdent autour de la maison, on les a même vus plusieurs fois fouiller dans les conteneurs d'ordures ménagères à l'entrée du hameau, ils n'ont plus peur", confirme leur père.

Plus d'informations dans "La Provence" de dimanche

Gilbert Mathieu

 

Un adolescent encerclé par les loups dans les Alpes

Article publié par France Info le samedi 6 juin 2015

Les loups auraient encerclé le jeune homme près de la forêt de la Blanche (photo d'illustration) © Maxppp
Ce samedi, La Provence publie le témoignage d'un jeune homme qui a été attaqué par des loups dans les Alpes-de-Haute-Provence. Il dit s'en est sorti en tirant un coup en l'air avec son fusil de chasse.

Les loups attaquent désormais les hommes ? Le quotidien La Provence publie ce samedi le témoignage d'un adolescent qui dit avoir été attaqué par une meute de loup à la lisière de la forêt de la Blanche, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Vendredi soir, vers minuit, Romain aurait entendu des aboiements et des meuglements. Les loups ayant attaqué plusieurs troupeaux dans cette vallée, il se serait levé et aurait filé sur place avec son frère. Il raconte qu'il a vu des yeux briller dans le noir et la meute l'aurait petit à petit encerclé. "J'ai eu la peur de ma vie, je suis sûr qu'ils m'auraient sauté dessus", confie l'adolescent. Alors que les loups étaient à une vingtaine de mètres de lui, raconte-t-il, il aurait tiré en l'air. Les loups se seraient enfuis.

Tensions entre anti et pro-loups

Leur père s'est également confié à La Provence : "On s'en doutait, ils se sont habitués à nous depuis des mois qu'ils rôdent autour de la maison, on les a même vus plusieurs fois fouiller dans les conteneurs d'ordures ménagères à l'entrée du hameau, ils n'ont plus peur".

La famille a fait les frais d'une attaque de loups une dizaine de jours. Un veau avait été tué. Dans ce village où les tensions sont fortes entre les anti et les pro-loups, certains se demandent si cette information n'est pas montée de toutes pièces pour faire bouger les autorités.
Elise Delève

 

Alpes : faut-il avoir peur des loups ?

Alpes : faut-il avoir peur des loups ?

Article publié le 5 juin 2015 par La Provence

Les récentes attaques en meute à Seyne-les-Alpes pourraient prouver que le prédateur change de comportement
Une attaque sur un cheval au Castellard, en décembre dernier, des attaques de jour, et maintenant une attaque en meute sur un troupeau de bovins sur la commune de Seyne ... Pour une fois les "pros" et "anti" loup sont d'accord : "On avait jamais vu ça".
Côté chiffres, les conclusions ne sont pas moins inquiétantes. Si en 2015, à l'échelle nationale, le nombre de constats a baissé de 12,6 % par rapport aux résultats enregistrés entre janvier et mai 2014, la tendance reste à la hausse dans les Alpes du sud. Selon la Direction départementale des territoires, dans les Alpes de Haute-Provence, 54 constats de dommages ont été enregistrés sur les cinq premiers mois de l'année 2015, contre 36 l'an dernier et 30 en 2013. Dans les Hautes-Alpes, l'orientation est la même. Les attaques sont passées de 10 à 26 en deux ans, sur la même période.

Les témoignages recueillis mercredi dernier dans le pays de Seyne ne font pas que confirmer la présence accrue du prédateur. Ils laissent entendre que le prédateur pourrait être en train de changer de comportement.

Des faits exceptionnels

"Voir douze loups ensemble avant la reproduction cela me semble suspect", commente Patrick Boffy délégué local de Ferus, association pour la conservation du loup. "Au printemps, les loups sont dispersés. Il est plus probable de voir des groupes de cette taille à la fin de l'été, quand les jeunes sont là. Il n'y a pas dans le secteur des proies sauvages qui permettraient à des meutes de se nourrir", poursuit-il avant de tempérer ses propos : "Il se peut toutefois que ce soit quelque chose d'exceptionnel". Une "exception" qui inquiète fortement les habitants de Seyne. Les chasseurs habitués de la commune auraient ainsi observé une forte baisse du gibier de la forêt tout comme de la population de chevreuils. Ce qui aurait impliqué des déplacements en meute pendant l'hiver et désormais un risque accru pour les bovins. Une analyse partagée par le maire Francis Hermitte.

Pas question de sombrer dans la psychose

Pas question pour autant de sombrer dans la psychose. Dans ce sens, chez Ferus, les partisans du loup rappellent que "les attaques contre des vaches adultes sont très rares" et surtout que ce prédateur ne s'en prend pas à l'homme. Du côté de la sous-préfecture, à Barcelonnette, les services de l'État travaillent sur le dossier, pleinement conscients de la progression des "dégâts imputables au loup".

À l'écoute des éleveurs, les responsables du dossier soulignent que la responsabilité du loup n'est pas engagée sur tous les constats d'attaques et qu'il faut faire "attention aux extrémismes".

Point de vue partagé sans aucun doute par le maire de la Seyne qui s'apprête à faire voter ce soir, en conseil municipal, une motion contre le loup. Une motion, mais pas un arrêté autorisant les opérations de tir par tous les citoyens. Une mesure volontairement provocante, mais aussi illégale, déjà adoptée dans quatre communes haut-alpines (Pelleautier, St-Sauveur, Baratier, Les Orres) et que les maires bas-alpins refusent toujours de mettre en place.
Tanguy Cohen

Un loup tue huit moutons près d'Emetten

Suisse- Un loup tue huit moutons près d'Emetten - Canton de Nidwald

Article publié le 5 juin 2015 par Le Matin

Les responsables estiment que c'est sans doute ce prédateur qui est responsable d'une attaque dans un enclos dans la nuit de jeudi à vendredi.

Selon toute vraisemblance, ce serait un loup qui aurait tué huit moutons qui se trouvaient avec 34 autres bovidés enfermés dans un enclos. L'attaque s'est produite dans la nuit. Il s'agit «très vraisemblablement» d'un loup, a indiqué Fabian Bieri, chef du Service de la chasse et de la pêche du canton de Nidwald. Une analyse ADN doit encore le confirmer.
L'animal a été aperçu un jour plus tôt près d'Isleten (UR) et il a été photographié par un automobiliste.

Quatre moutons ont péri immédiatement pendant l'attaque. Quatre autres ont été blessés et ils ont été abattus par le garde-chasse.

(ats/Newsnet)

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