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Communiqués de presse de l'association Eleveurs et Montagnes

Communiqué du mardi 9 septembre 2014

Éleveurs et Montagnes (Paca) et Le Cercle (48) boycottent la réunion technique du Groupe national loup du 10/09
et demandent au gouvernement d'appliquer le plan loup, tout de suite !

L'association Éleveurs et Montagnes (PACA) et l'association Le Cercle (48) annoncent qu'elles refusent de participer à la réunion technique du Groupe National Loup qui se tiendra mercredi 10 septembre, à Lyon. Cette réunion sera en effet uniquement consacrée aux mesures de protection, thème qui selon les associations ne tient aucun compte de la gravité de la situation de l'élevage en France.
E&M et Le Cercle refusent d'envisager que les éleveurs puissent supporter un quelconque effort supplémentaire après tous ceux qu'ils ont déjà consentis. Depuis 20 ans, malgré les mesures de protection de plus en plus contraignantes qu'ils ont mises en place, la prédation n'a jamais cessé d'augmenter, prouvant leur totale inutilité. Dans les Alpes-Maritimes notamment, la totalité des constats réalisés cette année l'ont été sur des troupeaux protégés. La situation s'est encore aggravée en 2014. L'heure n'est donc plus à discuter des moyens de protection. Les associations demandent au gouvernement de faire appliquer le plan loup c'est-à-dire, comme il s'y est engagé, de prélever 24 loups immédiatement, par tous les moyens possibles, pour faire baisser la pression de la prédation sur les troupeaux. Elles rappellent qu'à ce jour, aucun loup n'a été prélevé en 2014.
Par ailleurs, E&M et Le Cercle demandent que le protocole de tir de prélèvement soit modifié et simplifié, afin de permettre aux éleveurs de pouvoir se défendre sans attendre que leurs bêtes soient massacrées par les loups.

Communiqué du vendredi 4 juillet 2014

Notre ministre de l'écologie visite le parc des Ecrins pendant que nos bêtes meurent

L'association Eleveurs et Montagnes manifeste son soutien aux éleveurs de Lavaldens (Isère) dont plus de 400 moutons ont sauté dans le vide pour fuir les loups. Une attaque de plus, un véritable traumatisme qui laisse les éleveurs désemparés au moment où la ministre de l'écologie annonce sa venue dans les Hautes-Alpes pour rencontrer... les gardes du parc des Ecrins !
La gravité de l'attaque de Lavaldens (Isère), laisse sans voix les éleveurs, choqués, abasourdis par le silence qui les entourent, abandonnés à leur triste sort. Eleveurs et Montagnes s'élève contre le mépris, le dédain dont font preuve nos dirigeants à l'égard d'une profession qui se meurt dans l'indifférence générale.
Notre ministre de tutelle reste muet. Il n'est même pas demandeur d'information sur l'état de cette partie du monde agricole. Quant à notre ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, elle vient dans les Hautes-Alpes dans quelques jours. Pourquoi faire ? Du tourisme peut-être. Elle n'a même pas répondu à notre demande d'audience et n'a aucunement exprimé de souhait de nous entendre. Quelle urgence y a-t-il à rencontrer les gardes du parc national des Ecrins ?
On nous avait promis de la régulation à partir de 5 meutes installées. Aujourd'hui, on en recense officiellement 27 et on ne voit toujours rien venir. Et à quoi bon augmenter le nombre théorique de loups à prélever si c'est pour ne pas en prélever un seul ? A ce rythme-là, les éleveurs ne tiendront pas. Qu'attendent nos élus locaux pour manifester leur désaccord et leur solidarité à l'égard de notre profession ? Ont-ils évalué les conséquences pour eux de notre disparition ?
Veut-on des exploitations hors-sol, comme en Espagne, où les brebis ne lèchent même plus leurs petits, où les agneaux avalent du lait en poudre à des tétines en plastique, sans voir ni le moindre brin d'herbe ni le soleil ? Nous pensons que ce n'est pas cette viande-là que veulent les consommateurs.
Alors ne laissons pas disparaitre l'élevage en montagne. Réagissons. Avant qu'il ne soit trop tard.

Communiqué du mercredi 23 avril

Assemblée générale à Sisteron : E&M veut mobiliser les élus locaux

L'association Eleveurs et Montagnes a tenu, mardi 22 avril, son assemblée générale à Sisteron, à l'invitation de Daniel Spagnou, maire de la ville et vice-président de l'association des maires de la région PACA. La situation continuant à se dégrader au risque de menacer toute la filière économique, E&M continue le combat et a entrepris de mobiliser les élus locaux qui sont appelés à venir soutenir la filière.

L'assemblée générale de l'association Eleveurs et Montagnes s'est tenue hier à Sisteron, en présence de plus de 200 éleveurs venus de la région PACA et d'autres départements de montagne. Des éleveurs désespérés et, de plus, en colère, déçus et surpris de ne pas voir davantage d'élus présents à leurs côtés alors que leur situation ne cesse de s'aggraver. D'où la volonté d'E&M d'aller à leur rencontre pour les sensibiliser et les informer. L'association a décidé d'ouvrir ses adhésions aux élus, chasseurs et autres sympathisants décidés à défendre le pastoralisme et à lutter contre la prédation.
Lors de cette AG, E&M a obtenu un soutien important : celui de Colette Charriau, conseillère régionale EELV. « Je prends acte aujourd'hui de la gravité de la situation et m'engage à être votre relais au conseil régional », a-t-elle déclaré aux éleveurs présents à Sisteron. « Elle a compris l'importance de notre filière économique dans la région et se fera notre porte-parole », se félicite Yves Derbez, président d'E&M. Daniel Spagnou, maire de Sisteron, et Pierre Martin-Charpenel, maire de Barcelonnette, ont également confirmé leur soutien à l'association.

Un tableau alarmant

Tous les intervenants invités à s'exprimer durant l'AG ont dressé un tableau alarmant des conséquences de la présence du loup sur toute la filière ovine : éleveurs, coopératives, etc. La profession est soit déjà sinistrée, comme dans les Alpes-Maritimes, soit sur le point de le devenir. Les derniers chiffres exposés par Mme Fournier, directrice de la DDT 04, montrent que le budget consacré aux indemnisations va augmenter. 22 départements ont été touchés en 2013 contre 16 en 2012. 1870 attaques et plus de 7000 victimes ont été recensées en France, selon Mme Fournier qui précise que « la lutte contre la prédation entraîne un surcroît de travail de 600 heures par an pour l'éleveur ».
« 85% des attaques ont été constatées sur des troupeaux protégés et gardés par des patous », a rappelé Marc Dimanche, directeur du CERPAM. Ce chiffre monte à 100% dans les Alpes maritimes, prouvant que les mesures de protection ont bien été mises en place et ne servent à rien. Le loup est présent partout et l'évolution du territoire du loup est « quasi exponentielle », selon M. Dimanche. Il a également montré qu'ailleurs, la cohabitation avec l'animal ne se passe pas mieux qu'en France, contrairement à une idée très répandue. Le loup n'est plus aujourd'hui « le problème des alpages d'altitude. Il concerne l'ensemble de la filière, toute l'année ».

Dégâts collatéraux

Jean-Luc Champion, vétérinaire du Groupement de Défense Sanitaire, a quant à lui fait état des dégâts collatéraux de la prédation sur l'élevage avec le développement sans précédent de maladies comme le ténia et la cœnurose, propagés par les patous et aggravés par le confinement des bêtes dans les parcs. Les loups sont eux aussi porteurs de ces maladies.
Au-delà des éleveurs, c'est donc toute une filière qui est impactée, comme l'a rappelé Sylvain Béhéty, de la coopérative des Bergers du soleil : « Le loup s'attaque aussi à des produits emblématiques comme l'agneau de Sisteron alors que nous avions réussi à relancer la dynamique commerciale et que les ventes augmentent de 15 à 17% par an ! A cause du loup, nous n'arrivons pas à trouver des éleveurs pour faire des agneaux entre septembre et novembre alors qu'on en manque cruellement ! »
Le loup est partout, dans toute l'Europe. Le combat contre l'animal a donc pris une envergure européenne avec la constitution d'un collectif de scientifiques dont la création a été annoncée durant l'AG. Eleveurs et Montagnes est associée à cette initiative.
L'association poursuivra donc sa mission d'information et de sensibilisation, tout particulièrement auprès des élus locaux. Elle prépare maintenant sa participation au prochain Groupe National Loup prévu le 7 mai prochain, à Lyon.

 

 

Communiqué du vendredi 9 mai 2014

Groupe national loup
Le gouvernement va-t-il sacrifier le pastoralisme sur l'autel du loup ?

L'association Éleveurs et Montagnes a participé mercredi 7 mai au Groupe national loup, à Lyon. A sa sortie, le président de l'association s'est insurgé contre la décision du gouvernement qui s'entête à poursuivre une stratégie totalement inefficace malgré les chiffres accablants de la prédation et la mise en danger d'une profession littéralement sinistrée, particulièrement dans la région PACA. E&M se tourne vers les élus locaux et les appellent à dénoncer cette situation et à refuser de sacrifier le pastoralisme au profit du loup

Le Groupe national loup s'est réuni mercredi 7 mai, à Lyon. A sa sortie de la réunion, Yves Derbez, président d'E&M, s'est insurgé contre la décision du gouvernement de poursuivre la même stratégie bien que sa totale inefficacité ait été démontrée. Tout prouve aujourd'hui que la gestion du loup en France est une catastrophe : lors de la réunion du GNL, les chiffres du ministère de l'Écologie montrent que le nombre d'attaques est en progression constante (Lire les chiffres ci-dessous). Les loups se multiplient et augmentent de manière exponentielle. Le nombre de constats et de victimes est toujours en hausse. Et malgré ce résultat totalement catastrophique, le gouvernement persiste. Pendant ce temps, la profession continue à s'enfoncer de manière dramatique et pour bon nombre d'éleveurs, notamment dans les Alpes-Maritimes, la situation est irréversible.

Une fortune dépensée en pure perte

Pour la première fois, le gouvernement a même envisagé de mettre en place des « aides à la reconversion » évoquées ouvertement lors du GNL. Une proposition qui a fait bondir la profession. E&M interroge donc le gouvernement : « A-t-il déjà entériné le fait que la plupart des éleveurs sont condamnés à disparaître pour oser évoquer pareil dispositif ? De plus, si une telle éventualité pouvait être envisageable, que vont devenir les éleveurs des vallées de montagne pour lesquels aucune reconversion n'est possible ? »
« Nous ne demandons pas plus d'argent, nous voulons pouvoir travailler normalement », ajoute Yves Derbez. En 2013, 1426 éleveurs ont signé des contrats de protection pour un montant total de 10,4 millions d'euros. Une véritable fortune dépensée en pure perte puisque les attaques continuent de plus belle, et qui constitue en fait la partie immergée de l'iceberg du coût du loup en France.

Le quota de loups à prélever ne sera jamais atteint

Le gouvernement affirme vouloir rendre les tirs de prélèvements plus efficaces et augmenter le nombre de loups à prélever. A quoi bon puisque le nombre à prélever reste toujours inférieur à sa croissance démographique annuelle?
Comment ajouter foi à pareille proposition quand on sait que le quota n'a jamais été atteint et que le moindre arrêté autorisant les prélèvements est immédiatement contré par les associations pro loups ? 3800 chasseurs ont été formés comme louvetiers. « Ils ont joué le jeu en 2013, constate Yves Derbez. Mais combien de temps le feront-ils et ensuite, comment pourra-t-on les remotiver ? De plus, les éleveurs constatent tous que les attaques s'interrompent quand les louvetiers sont présents sur le terrain mais reprennent dès leur départ. Les loups nous observent et s'adaptent. »

Modifier la convention de Berne

Éleveurs et Montagnes a demandé au GNL de se mettre immédiatement au travail pour obtenir le changement de statut de l'espèce et la modification de la convention de Berne.

Par ailleurs, l'association s'élève contre le danger que représente l'introduction en France de chiens catahoulas. Des associations écologistes cherchent à importer ces chiens de Louisiane, censés compléter le travail des Patous et devenir encore un objet d'études et de subventions parmi tant d'autres. « Ce sont des chiens de chasse à caractère dominant, servant parfois à lever des bovins des marais en les intimidant en groupe. Les catahoulas sont difficilement gérables et de réputation très agressive, voire dangereuse. Ils sont totalement inadaptés à la protection des troupeaux. Ils n'ont d'ailleurs jamais servi à affronter ou courser des loups, alerte Yves Derbez. C'est absolument irresponsable de la part de ces associations. Certains éleveurs mal informés risquent de les utiliser et ensuite, en cas d'accident, ce sont eux qu'on incriminera.»
L'association demande également tant au gouvernement qu'au syndicalisme majoritaire européen et à la Commission Européenne des éclaircissements sur les intentions à l'égard de la profession concernant le confortement de la législation en vigueur et les accords de cohabitation en cours à la Direction Générale de l'Environnement de la Communauté Européenne.
« Si les élus de terrain ne réagissent pas, la profession est condamnée et leurs communes aussi », estime par ailleurs Yves Derbez qui va maintenant aller à leur rencontre pour obtenir leur soutien.

Des chiffres alarmants
Va-t-on laisser le loup proliférer en France sans réagir ?

E&M s'interroge sur les raisons du surprenant optimisme affiché par le gouvernement alors que les chiffres sont plus alarmants que jamais. « Tous les clignotants sans exception sont au rouge », constate le président d'E&M.

En 2013, 21 meutes ont été repérées, réparties sur 31 zones de présence permanente. 18 départements et 300 communes ont été touchés. En 2014, on passe à 27 meutes sur 38 zones de présence permanente.
En 2013, le nombre de communes concernées par une présence régulière a augmenté de 14% et le nombre de communes concernées de manière irrégulière de 17%. En 2013, 266 constats ont été dressés au 1er avril et 905 victimes recensées.
En 2014, on atteint 338 constats au 1er avril avec 1047 victimes. Sachant qu'à cette période de l'année, seules sont concernées les bêtes en extérieur à l'année, on peut s'attendre à des chiffres beaucoup plus élevés lorsque les autres troupeaux sortiront.
74% des constats et 77% des victimes sont concentrées en région PACA. 1426 constats de protection ont été signés en 2013 pour un montant de 10,4 millions d'euros.
Quant au nombre de loups, il est évalué dans une fourchette comprise entre 221 et 381 bêtes. Une projection en 2015 montre qu'on passerait à une population comprise entre 221 et 538 loups. L'espèce n'est pas menacée en France.

Sources : ministère de l'Ecologie et DREAL Rhône-Alpes.

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