Les troupeaux Eleveurs et Montagnes - Actualités et informations sur le pastoralisme, l'élevage et les difficultés liées à la prédation par le loup dans les Alpes http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux Thu, 21 Jan 2021 07:35:43 +0000 Oyopi CMS v6.1.25 fr-fr Des chiens Patou contre les loups http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux/463-des-chiens-patou-contre-les-loups http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux/463-des-chiens-patou-contre-les-loups Pastoralisme en Hautes-Vosges - Des chiens Patou contre les loups

Article publié par Vosges Matin le 31 juillet 2012

Trois chiens de montagne des Pyrénées, également baptisés « Patou », sont actuellement dans les prés des Hautes Vosges. Leurs missions : protéger les troupeaux de moutons contre les attaques des loups. Et pour l'instant, cela semble marcher.

Des panneaux d'informations ont été installés sur les hauteurs de la Bresse pour dissuader promeneurs et cyclistes de s'approcher d'un chien « Patou » et de « son » troupeau de moutons.

La Bresse. C'est un chien blanc aux allures de grosse peluche. Costaud mais avec une bonne tête. Rien à voir avec les pitbulls et autres molosses pas commodes. Le chien de montagne des Pyrénées, appelés aussi Patou, inspire plutôt confiance. Mais il ne faut pas se fier aux apparences. Il est élevé pour protéger les troupeaux de moutons et gare aux promeneurs qui approchent trop près de ses protégés.

« Ses copains, ce sont les moutons et il les défend. Mais si on ne les emmerde pas, il ne vous fera rien », résume d'une formule qui a le mérite d'être claire, Jean-Yves Poirot. Eleveur de moutons à la Bresse, il est aussi président du syndicat ovin des Vosges. L'homme a son franc parlé et il s'est fait le porte-parole depuis un an de la colère des agriculteurs des Hautes-Vosges victimes du retour du loup.

Logique. Car son exploitation a le redoutable honneur d'être le garde-manger préféré du mythique prédateur qui est de retour dans le massif vosgien depuis le printemps 2011. L'an dernier, Jean-Yves Poirot s'est fait dévorer trente-neuf bêtes et un poulain.

Afin de protéger ses troupeaux, il a donc décidé, comme deux autres éleveurs, de prendre un chien Patou. Au cours de l'automne dernier, il a suivi une formation pour pouvoir s'en occuper. C'est un spécialiste suisse qui est venu lui prodiguer ses conseils.

Le chien, ou plutôt la chienne, est arrivée quelques mois plus tard, en mai dernier. Il a fallu débourser 475 € pour l'acheter à un agriculteur du Territoire de Belfort – 80 % du prix est pris en charge par les pouvoirs publics.

Et jusqu'à présent l'investissement s'est avéré rentable. Certes, les animaux de Jean-Yves Poirot ont de nouveau été la cible du loup. L'éleveur a recensé 8 ou 9 attaques depuis qu'il a ressorti ses moutons, au printemps. « Après chaque attaque, j'ai retrouvé le cadavre d'une ou deux bêtes. J'en ai également une vingtaine qui a disparu », comptabilise l'agriculteur de la Bresse.

« Totalement irresponsable »

Mais aucune victime, ni aucune disparition n'ont touché le troupeau de plus d'une centaine de moutons qui est sous la surveillance de son Patou. Car le chien est affecté à un seul de ses quatre troupeaux. Il faut qu'il s'habitue aux brebis et agneaux dont il a la garde, il faut qu'il s'attache à eux. Il devient alors le plus redoutable des vigiles. « Il faut monter lui donner à manger tous les jours mais cela vaut la peine, c'est très efficace », confirme Jean-Yves Poirot.

Sa chienne Patou est actuellement avec ses protégés sur les hauteurs de la Bresse, au col du Brabant. Elle est en bordure d'un sentier touristique. Et à chaque promeneur qui passe, elle aboie. Mais cela s'arrête là. Elle ne se précipite pas sur tout ce qui bouge. Uniquement sur l'« intrus » qui aurait la mauvaise idée de franchir la clôture et de s'approcher du troupeau. Attention alors aux morsures... D'où la présence de plusieurs panneaux d'information et d'avertissement. Afin de dissuader les touristes d'aller taquiner les moutons ou faire des câlins au Patou. Mais parfois cela ne suffit pas.

« Il y a quelques jours, le troupeau était en train de paître sur l'autre versant et un père de famille avec ses trois enfants a franchi quatre clôtures dont certaines électriques. Il allait se retrouver tout près de l'endroit où se trouvait le chien. Je l'ai engueulé. Je lui ai mis une sacrée avoinée et il est reparti tout blanc. Ce genre de comportement est totalement irresponsable ! », râle Jean-Yves Poirot qui estime que les élus devront réglementer l'accès aux sentiers si jamais les éleveurs généralisaient la solution du Patou comme arme anti-loup.

Lui-même n'exclut pas d'en prendre un autre. Sans se faire d'illusion toutefois : « Quand le loup aura proliféré et qu'il y en aura à profusion, les chiens ne suffiront plus. Plus aucun moyen de protection ne sera efficace ». C'est le pire cauchemar des éleveurs. Celui d'une meute de loups qui sèmerait la terreur dans les pâturages. Cela ne relève plus tout à fait du fantasme depuis que l'on sait qu'il y a un deuxième loup dans les Hautes-Vosges et que ce deuxième loup est... une louve.

Christophe GOBIN

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web@oyopi.com (Super User) Les troupeaux Tue, 31 Jul 2012 09:24:44 +0000
Protection des troupeaux : un chien contre le loup http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux/407-protection-des-troupeaux--un-chien-contre-le-loup http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux/407-protection-des-troupeaux--un-chien-contre-le-loup Protection des élevages d'ovins Vosges : un chien patou pour contrer le loup

Article publié le 8 juin 2012 par le Républicain Lorrain

Pour lutter contre les attaques à répétition des loups, un éleveur vosgien vient de se doter d'un chien de défense. C'est l'une des solutions expérimentées pour sauvegarder les troupeaux. Rencontre avec le sauveur.

Il a l'air doux comme un... agneau. Mais mieux vaut ne pas se fier aux apparences. Ce chien qui paraît si paisible quand on le voit de loin est l'arme que les Vosgiens ont trouvée pour lutter contre les loups qui sèment la terreur dans les élevages du massif depuis maintenant plus d'un an.

Dans le milieu pastoral, tout le monde connaît le patou. Ce chien de montagne des Pyrénées n'a rien à voir avec les border collie, très prisés des bergers pour guider et rassembler les troupeaux. Lui est là pour les défendre. Dans les Alpes, beaucoup d'éleveurs font appel à ses précieux services. « J'ai vu des vidéos où il repousse les assauts de trois loups », assure admiratif, son nouveau maître, Jean-Yves Poirot.

L'animal, aussi classe dans ses postures que dans ses déplacements, règne en maître sur sa parcelle de dix hectares, toute proche du col du Brabant, sur les hauteurs de La Bresse. Son pelage blanc immaculé se confond avec celui des 140 brebis et 60 agneaux que l'éleveur a placés là. Les frisettes en moins. Souvent un peu à l'écart du troupeau, il crée une zone de protection pour exercer sa vigilance, se tenant prêt à éloigner tout intrus. Passent deux randonneurs, puis deux vététistes. L'animal se lève et aboie. Mais plutôt que de se ruer vers la clôture électrique, il se rapproche instinctivement des moutons, comme pour les rassurer.

Ne pas le défier

L'éleveur bressaud sourit. Il est le seul à pouvoir l'approcher : « Les trois premières semaines, je l'ai gardé à la maison, histoire qu'il s'habitue à moi. Mais depuis une semaine, il a rejoint le troupeau et reste avec les bêtes jour et nuit. Il est né et a grandi au milieu des moutons, n'a connu que ça, et a reçu le minimum de caresses de l'homme. C'est là qu'il est bien. » Les visiteurs sont priés de rester à distance lorsqu'il lui amène sa ration quotidienne de croquettes. En guise de remerciements, la femelle de huit mois vient lui léchouiller l'oreille. Mais quand une brebis a l'outrecuidance de s'approcher un peu trop près de la gamelle, elle montre aussitôt sa face cachée : « Il ne faut jamais le défier du regard, il prend cela comme un défi. Et si on le sent énervé, il vaut mieux bailler, cela le détend. » Incollable sur la question, Jean-Yves Poirot a posé des panneaux d'avertissements pour prévenir les promeneurs.

« Pas question de vous donner son nom. Je n'ai pas envie que tout le monde vienne l'appeler », lâche le propriétaire, qui le couve comme son bébé. « Je l'ai acheté dans une ferme sur le territoire de Belfort pour 490 €. La préfecture me le finance à hauteur de 80 % dans le cadre des mesures de protection expérimentales mises en place », confie l'éleveur. Au bout du rouleau à l'automne dernier, l'éleveur vosgien le plus touché – « 45 ou 48 pertes, je ne sais plus » – retrouve le sourire : « Ce chien, c'est peut-être mon sauveu r. À mon sens, c'est la seule solution valable pour préserver nos troupeaux. »

Il vient pourtant de retrouver le matin même deux de ses bêtes dévorées. Mais sur une autre parcelle, sans surveillance. Hier matin, un animal a aussi été retrouvé dépecé dans le champ voisin, où paissent les brebis esseulées du lycée agricole de Mirecourt. La semaine dernière, c'est un bélier qui a été dévoré à 2 km de là. Comme si les loups avaient déjà commencé à contourner le problème...

Philippe MARQUE

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web@oyopi.com (Super User) Les troupeaux Fri, 08 Jun 2012 08:29:23 +0000
Un chien Patou dans la bergerie http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux/401-un-chien-patou-dans-la-bergerie http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux/401-un-chien-patou-dans-la-bergerie Un chien Patou dans la bergerie

Article publié le 23 mai 2012 par http://remiremontinfo.fr

Le premier chien Patou est arrivé dans les Vosges à La Bressse, chez l'éleveur Jean-Yves Poirot, qui dénombre 45 victimes dans son exploitation.

Il est le seul à pouvoir défendre contre le loup. Ce chien de montagne des Pyrénées fait partie des solutions du plan loup. Financé à 80 % par l'Etat, ce Patou est le premier à être installé dans les Vosges. Son rôle n'est pas de rassembler les moutons mais de les protéger.

Jean-Yves Poirot, éleveur à La Bresse, est celui qui compte le plus de pertes dans son élevage. 45 bêtes ont été dévorées dont 7 rien que cette année. Il porte donc un grand espoir en les qualités de son nouvel équipier : "Sa taille et sa puissance de mâchoire sont les seuls à avoir une capacité à se défendre contre le loup. Si on met un chien trop petit, il n'a aucune chance, il est trop petit, il a une trop petite mâchoire et il n'a aucune efficacité contre le loup".

Après ses quinze premiers jours d'acclimatation, il a pu vivre près du bétail.

Ce Patou de sept mois devrait rejoindre les parcs la semaine prochaine. "Il suffit de le mettre avec les moutons qui sont ses congénères dans sa tête. Il passe 99,9 % de son temps avec les moutons" ajoute Jean-Yves Poirot.

Malgré les apparences, il faut faire très attention car étant très protecteur, il pourrait mordre les promeneurs. L'éleveur bressaud a donc mis en place un dispositif afin de prévenir les populations, à ses frais, et distribué des fascicules dans les Offices de tourisme.

Ce chien de montagne fait partie de l'expérimentation mise en place par la Préfecture. D'autres pourraient être utilisés s'il s'avérait dissuasif. D'autant que le loup semble étendre son territoire de chasse. Un agneau a été retrouvé dévoré la semaine dernière dans la Meuse.

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web@oyopi.com (Super User) Les troupeaux Mon, 04 Jun 2012 16:49:10 +0000
DIGNE-LES-BAINS Un éleveur condamné http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux/400-digne-les-bains-un-eleveur-condamne http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux/400-digne-les-bains-un-eleveur-condamne DIGNE-LES-BAINS Un éleveur condamné pour la morsure de son chien patou

Article publié par le Dauphiné Libéré le 1er juin 2012

La loi oblige les éleveurs d'ovins à s'équiper de chiens patous afin de protéger leurs troupeaux des attaques du loup. A Gréoux-les-Bains, Francis Solda s'est entouré de 27 chiens conformément à la règlementation. L'éleveur, également président de la fédération départementale ovine, président du CERPAM et membre du comité loup, comparaissait hier devant le tribunal correctionnel de Digne-les-Bains pour répondre de blessures involontaires.

Le 24 avril 2010, son chien Balboa avait mordu un cycliste à l'arrière du genou. La victime présente à l'audience a rappelé les faits : « Je me suis arrêté pour boire et pour vérifier que mon ami me suivait. A ce moment-là, un chien a surgi des fourrés, il m'a mordu tranquillement et il est reparti comme si de rien n'était ». D'après le souvenir de la victime, « le troupeau de brebis se trouvait à 500 mètres de l'endroit ». A la barre, Francis Solda qui a subi une attaque du loup dans le massif de Lure à l'été 2011 interroge : « Le chien a t-il complètement tort ? » Pour la juge Wacongne, la question ne fait aucun doute, « le chien doit mordre le loup, pas les humains », d'autant que Balboa avait déjà mordu. Cependant, « la protection d'un chien patou est de 800 mètres autour du troupeau », explique l'éleveur. D'ailleurs, selon son avocate Me Delphine Rixens, « la coexistence de l'activité pastorale et du tourisme pose des difficultés : les chemins de VTT répertoriés ou non sont susceptibles de couper l'espace des brebis ». A cela, l'éleveur a souligné l'obligation formelle édictée par la loi de se munir de chiens de protection. Mais pour le tribunal comme pour le procureur, « le gardiennage des chiens patous n'est pas le problème du tribunal mais celui du pouvoir règlementaire qui gère la cohabitation entre le loup et l'agneau. »

Durant l'enquête, Balboa a été présenté devant plusieurs experts comportementalistes qui ont établi un risque de morsure élevé dans un parc ouvert. Depuis, Balboa a changé de vie et coule des jours heureux de toutou de compagnie. Son maître a été condamné à 1200€ d'amende dont 600€ avec sursis.

Katy CANTAGREL

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web@oyopi.com (Super User) Les troupeaux Mon, 04 Jun 2012 16:42:49 +0000
A propos de la brebis, Buffon (1733, in Histoire Naturelle) http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux/328-a-propos-de-la-brebis-buffon-1733-in-histoire-naturelle http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux/328-a-propos-de-la-brebis-buffon-1733-in-histoire-naturelle A propos de la brebis, Buffon (1733, in Histoire Naturelle)

"Si l'on fait attention à la faiblesse de la brebis, si l'on considère en même temps que cet animal sans défense ne peut même trouver son salut dans la fuite; qu'il a pour ennemis tous les animaux carnassiers qui semblent le chercher de préférence et le dévorent par goût; que d'ailleurs cette espèce produit peu, que chaque individu ne vit que peu de temps, on serait tenté d'imaginer que dès le commencement la brebis a été confiée à la garde de l'homme; qu'elle a eu besoin de sa protection pour subsister et de ses soins pour se multiplier; puisqu'en effet on ne trouve point de brebis sauvages dans les déserts, que dans tous les lieux où l'homme ne commande pas, le lion, le tigre, le loup règnent par la force et la cruauté; que ces animaux de sang et de carnage vivent plus longtemps et multiplient beaucoup plus que la brebis; et qu'enfin, si l'on abandonne encore aujourd'hui dans nos campagnes les troupeaux nombreux de cette espèce, ils seraient bientôt détruits sous nos yeux et l'espèce entière anéantie par le nombre et la voracité des espèces ennemies. Il paraît donc que c'est par notre secours et par nos soins que cette espèce a duré et pourra durer encore: elle ne subsisterait pas par elle-même."

Autrement dit, sans le secours de l'homme, l'espèce animale Brebis, Mouton, Bélier, aurait depuis longtemps été éradiquée de la biodiversité.On peut donc s'interroger sur l'attitude de l'Homme qui protège durant des siècles un animal des prédateurs qui le menacent et qui change soudain du tout au tout en protégeant ces prédateurs qu'il a toujours combattus et en cessant de défendre des animaux vulnérables...

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web@oyopi.com (Super User) Les troupeaux Mon, 13 Feb 2012 08:58:43 +0000
Chien de protection : Formation gratuite destinée aux éleveurs et bergers de la Drôme http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux/278-chien-de-protection--formation-gratuite-destinee-aux-eleveurs-et-bergers-de-la-drome http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux/278-chien-de-protection--formation-gratuite-destinee-aux-eleveurs-et-bergers-de-la-drome Chien de protection : Formation gratuite destinée aux éleveurs et bergers de la Drôme

Communiqué de la Préfecture de la Drôme publié le 8 novembre 2011

La direction départementale des territoires organise une formation gratuite de deux jours, à destination des éleveurs et bergers de la Drôme, sur la mise en place et l'utilisation du chien de protection. Afin de lutter contre la prédation des troupeaux domestiques par le loup, il est conseillé aux éleveurs ovins et caprins de protéger leur troupeau. Parmi les outils existants pour limiter les risques de prédation, le chien de protection a pour fonction de dissuader tout intrus de s'approcher du troupeau. Ce chien n'est ni un chien de conduite, ni un chien de compagnie. L'intégration de ce type de chien nécessite une réelle technique de mise en place et d'éducation. Un comportementaliste canin présentera les caractéristiques spécifiques du chien de protection la méthode d'introduction du chiot, le suivi de l'éducation et la correction des comportements déviants. Cette formation se compose par alternance de séquences théoriques avec échanges d'expériences et de séquences d'observation sur le terrain. Ces deux journées de formation se dérouleront les mardi 15 novembre et lundi 28 novembre de 9h00 à 17h00, à l'Unité territoriale de Die, avenue de la clairette.

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web@oyopi.com (Super User) Les troupeaux Wed, 09 Nov 2011 16:37:29 +0000
Les moutons sont-ils cons ? http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux/226-les-moutons-sont-ils-cons http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux/226-les-moutons-sont-ils-cons Les moutons sont-ils cons ?

Un bel article mis en ligne sur le blog du Domaine des Douages le dimanche 5 juin 2011

Voici environ treize ans que je vis au milieu des moutons... Tout a commencé par une reconversion dans le monde agricole. J'adorais les animaux et l'idée d'être à la campagne parmi eux me plaisait énormément.

Il a fallu ensuite décider de l'élevage que je voulais réaliser ; d'un grand attachement envers toutes les créatures vivantes, je me sentais plutôt attirée par le mouton ; les ovins inscrits ainsi ne partiraient pas à la boucherie mais feraient de la reproduction. De plus, comme de nombreuses personnes, j'étais certaine que je n'aurais pas trop de mal à me séparer de ces animaux au moment de la vente, car tout le monde sait bien qu'un mouton c'est grégaire, assez stupide, inintéressant donc pas très attachant...

Aujourd'hui, ma vision a changé ! Je peux affirmer que le mouton est aussi intelligent qu'un chien, peut-être même plus. En outre, c'est un animal d'une incroyable sensibilité !

Savez-vous que le mouton vit de façon très hiérarchisée, possède un répertoire de codes et de lois régentant sa vie en groupe ?

Au moment de l'agnelage, si elles en ont la possibilité, toutes les brebis laissent à la future mère, un espace vide autour d'elle : ceci est très visible en bergerie, même les agneaux respectent ce lieu, pour qu'ainsi la mère puisse faire son petit en toute quiétude. Tout de suite après la naissance, la brebis pousse un bêlement très particulier, que tout éleveur connaît bien, afin de se faire reconnaître de son agneau, au milieu du troupeau ; peu à peu, certaines mères viennent voir le petit dernier à tour de rôle.

Par contre, il ne faudrait pas s'imaginer que l'agnelage soit aussi simple que cela ; il y a des brebis maternelles, d'autres non, ou qui ont leur premier agneau et ne savent comment s'y prendre ! Il y a les jalouses, les envieuses, celles qui abandonnent leur progéniture, etc.... Un peu comme dans notre monde d'humains !

Je citerai le cas de la brebis qui ne veut pas de son petit, mais veut absolument voler celui de sa copine parce qu'il lui plaît mieux. Un autre exemple est celui de la mère qui en préfère un parmi les deux ou trois agneaux qui sont les siens et rejette les autres. C'est parfois pour l'éleveur un jeu de nerfs assez particulier, que de mettre tout le monde d'accord !! Sans parler de celle dont l'agneau est mort malheureusement...

Dans la façon qu'ont les mères d'élever leurs agneaux, c'est à peu près identique et c'est d'ailleurs parfois assez rigolo à observer... Il y a les brebis « mamans poules » qui étouffent littéralement leurs petits d'attentions ! Les brebis décontractes ! Les brebis qui se font mener par le bout du nez (excusez l'expression, mais c'est bien de cela qu'il s'agit) par leurs agneaux !... Enfin ! Après environ trois semaines d'âge, se met en place un système de crèche ; et oui ! Je ne plaisante pas... Surtout lorsqu'il y a de grandes parcelles de prés !!

Quelques brebis veillent chacune sur une dizaine d'agneaux, pendant que leurs mères respectives vont brouter l'herbe verte plus loin... J'ai remarqué qu'une espèce de roulement se faisait à tour de rôle, permettant aux mamans de se reposer un peu !

Je vais continuer en vous racontant quelques expériences que j'ai vécues avec les moutons. Un jour est né chez nous un agneau aveugle. Sa mère ne comprenait pas son comportement étrange et l'a rejeté... Il a donc été nourri au biberon ; au printemps, alors que tous ses congénères profitaient de l'herbe, lui, au pré, n'osait pas marcher et passait ses journées sur place, effrayé de ce monde qu'il ne voyait pas. Hors un beau jour, une jeune brebis s'est prise d'amitié pour lui et est devenue « ses yeux », en se faisant reconnaître et en se plaçant devant lui ; il n'avait plus qu'à la suivre ; le manège a duré pratiquement deux ans ! Cela est déjà extraordinaire en soi, mais le plus étonnant reste ce fameux jour, où j'ai aperçu deux chiens en ballade dans les prés voisins ; je me méfie toujours des chiens car il est bien connu que chiens et moutons ne font pas toujours bon ménage, s'ils n'ont pas été élevés ensemble...

Je surveillais de loin ces chiens qui se rapprochaient dangereusement... Tout de suite, tout le troupeau s'affole et court se mettre à l'abri en bergerie.

Évidemment notre jeune brebis suit le mouvement, puis se rendant compte que son ami ne la suivait pas, fait demi-tour et repart vers le fond du pré, malgré la peur que cela lui procurait. Elle se place devant le jeune bélier aveugle, qui tournait en rond affolé et le ramène gentiment... A chaque fois que je raconte cette histoire tellement belle, j'en ai les yeux humides !! Comment peut-on nommer cela : compassion ? Amitié ? Sentiment ?...

Une autre expérience que je fais souvent, bien malgré moi, je dois l'avouer. De temps à autre, une brebis vient se placer derrière la clôture près de l'endroit où je me trouve et attend afin de quémander un fruit ou du grain... L'endroit se trouve en retrait, donc non visible des autres moutons et parfois, il m'arrive de lui donner quelque chose... Ce n'est absolument pas régulier et cela n'arrive pas très souvent. Pourtant, le lendemain, j'y retrouve ma brebis accompagnée d'une ou de deux compagnes... Si je redonne du grain par exemple, il est certain que le surlendemain, elles arriveront à cinq ou six ; et cela continuera tant que je donnerai du grain... Et chaque jour, elles seront plus nombreuses... Cela fait longtemps que je me demande comment elles communiquent entre elles pour faire savoir aux autres « venez, il y a du grain ». Ont-elles un langage ? Sont-elles télépathes ? Une évidence tout de même : un message passe entre elles...

Dans un troupeau, il faut savoir qu'il y a une hiérarchie qui se met forcément en place et que chaque brebis, en fonction de son « rang » a droit a certaines prérogatives, par exemple, en bergerie ; chaque brebis a une place déterminée dans le bâtiment, l'éleveur saura à quelle place il retrouvera couchée la brebis qu'il cherche éventuellement... Inutile de vous préciser que la dominante aura la meilleure place, alors que la dernière devra se contenter de ce qui reste !! La hiérarchie peut varier, si une brebis veut une place plus agréable, il suffit qu'elle pousse et affronte celle qui se trouve à l'endroit convoité. Il va sans dire que quelques éraflures sur la tête ne sont jamais méchantes...

De même, lors des pâtures, lorsqu'elles ont suffisamment de grands espaces, les brebis font un circuit sur les terres, pratiquement toujours le même, et nous retrouvons nos brebis, à quelques variantes près, chacune dans leur portion de territoire... Selon l'heure de la journée !!

Les béliers sont un petit peu différents, peut être, un peu plus complexes !! Ici, ils sont environ cent cinquante à vivre ensemble en relativement bonne entente !! De nombreuses personnes ne comprennent pas comment peuvent cohabiter tous ces béliers non castrés... Tout simplement, en laissant faire la nature ; en faisant confiance au monde animal...

Nous avons tous l'image du bélier agressif qui fonce tête baissée sur une personne ; là aussi, les moutons suivent des codes qu'il faut respecter... Il y aura naturellement, comme chez les brebis, une hiérarchie qui va s'instaurer mais d'une façon un peu différente... Un « chef » : le grand dominant du groupe. En fonction du nombre, plusieurs « sous-chefs » qui, tout en étant dominés, forment leurs clans de la même façon que le grand dominant. Ils prennent sous leur protection plusieurs béliers inférieurs qu'ils dirigent. Il arrive parfois, comme chez les brebis, que des confrontations aient lieu afin de s'élever socialement, mais les accidents sont très rares si ce n'est parfois quelques blessures pas très méchantes sur la tête.

J'ajoute que lorsque deux béliers décident de s'affronter pour une raison quelconque, il y aura toujours un voir deux béliers extérieurs au combat qui interviennent, afin de s'interposer ; cela toujours pour limiter et modérer la violence qui pourrait naître.

De plus, lorsqu'une manipulation est nécessaire au sein des béliers (soins, parage des pieds), il faut constamment être sur ses gardes car les béliers se protègent et se soutiennent mutuellement.

Une anecdote me revient en mémoire. Un jour, mon fils, alors qu'il faisait une visite chez les béliers, se retrouve apostrophé par un voisin de l'autre côté de la clôture et cela d'une voix assez forte qui aurait pu faire penser à une dispute ; tout à coup, lors de la discussion, mon voisin lui dit « Bien dis donc ! Tu es protégé toi au moins ! » Mon fils se retourne et, derrière lui, se tenaient cinq béliers qui attendaient sur la défensive, prêts à le protéger... Lorsqu'il m'arrive de rajouter de nouveaux arrivants, il est toujours surprenant de les retrouver sous la protection de tels ou tels différents clans, très rapidement !! Cela me fait souvent penser aux gangs et aux caïds... Par contre, il y a certaines règles à respecter lorsque nous entrons dans le pré où ils se trouvent ; car c'est leur territoire que nous violons... Nous y sommes admis sans problème à condition d'aller, en premier lieu, saluer et flatter quelque peu le grand chef. Une fois ce rite réalisé, nous n'aurons aucun problème pour nous promener dans le pré. Encore une fois, tout est question de respecter la vie sociale des moutons.

J'ai lu un article un jour qui disait que selon des études scientifiques, un mouton pouvait reconnaître cinquante de ses congénères. Il m'est arrivé de rajouter au troupeau existant de trois cent cinquante brebis, un autre troupeau d'environ deux cent cinquante animaux. Il a fallu compter un peu plus d'un an pour que ces deux troupeaux n'en forment plus qu'un seul ; cela s'est fait en douceur, des amitiés se sont crées, les brebis ont appris à se connaître et se sont réunies.

Cela prouve bien que les moutons savent se reconnaître entre eux, puisque les brebis ont leurs copines avec lesquelles on les retrouve souvent ; il y a aussi celles qu'elles ne supportent pas et cela se voit, je vous l'assure ! Maintenant, de là à dire qu'elles reconnaissent cinquante brebis, c'est aller un peu loin dans le sens où certaines vont en reconnaître dix ; d'autres quarante ou soixante ; c'est comme si on nous demandait combien de personnes nous sommes capables de reconnaître : tout dépend de l'individu...

Dans notre domaine, beaucoup de moutons ont un nom, et je peux vous assurer que si, au milieu de trois cents brebis, j'en appelle une par son nom, cette brebis-là saura parfaitement que c'est à elle que je m'adresse et viendra. Pour finir, je dirais que parmi les moutons, il y a un panel de caractères très varié : il y a les prétentieuses, les goinfres, les souffre-douleurs, les autoritaires, les douces, les angoissées, celles qui sont toujours de mauvaise humeur, etc... Ainsi, je sais toujours comment m'y prendre, selon le caractère de chacune. Par contre, il est très difficile de montrer les moutons à une personne extérieure, car elles changent radicalement de comportement en présence d'un étranger... Il faudrait passer un certain temps sur place, le temps qu'elles s'habituent à cette personne inconnue car le mouton demeure un animal timide et inquiet.

Je pourrais vous raconter des heures d'anecdotes que j'ai vécues avec les moutons et ce serait trop long !... Je vous laisse seuls juges de reconnaître ou non, si cet animal, n'est juste que de « la viande sur pieds » comme le pensent certains ou s'il mérite un peu plus d'estime de notre part... Doit-on admettre que comme ces congénères, animaux de ferme ; la vie ne soit qu'un inéluctable aboutissement vers la souffrance des transports sans fin et des abattoirs sordides ? Regardons dorénavant notre côtelette ou notre gigot avec, sinon un rejet, au moins un certain respect pour ces êtres qui chaque jour nous nourrissent.

Ils aiment et ils profitent de la vie avec autant de joie que nous !

Dominique Mauer, association du Domaine des Douages

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web@oyopi.com (Super User) Les troupeaux Mon, 19 Sep 2011 05:28:53 +0000
Marc Vincent : Les alpages à l'épreuve des loups http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux/211-marc-vincent-les-alpages-a-lepreuve-des-loups http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux/211-marc-vincent-les-alpages-a-lepreuve-des-loups Marc Vincent : Les alpages à l'épreuve des loups

Un livre de Marc Vincent sur le loup et le pastoralisme.

Marc Vincent, homme de terrain, est zootechnicien à l'Inra, au département de recherche Sciences pour l'action et le développement, à Avignon. Il est l'auteur du livre "Les alpages à l'épreuve des loups" paru en mars 2011 et édité par la Maison des Sciences de l'Homme avec le soutien de la Région PACA. Qui n'a pas entendu parler du retour des loups dans les Alpes françaises et de leur difficile cohabitation avec les moutons qui pâturent l'été en montagne sous la garde de leur berger ?

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web@oyopi.com (Super User) Les troupeaux Mon, 05 Sep 2011 09:21:27 +0000
Evaluation du potentiel de travail de chiots Montagne des Pyrénées destinés à la protection des troupeaux http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux/167-evaluation-du-potentiel-de-travail-de-chiots-montagne-des-pyrenees-destines-a-la-protection-des-troupeaux http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux/167-evaluation-du-potentiel-de-travail-de-chiots-montagne-des-pyrenees-destines-a-la-protection-des-troupeaux Evaluation du potentiel de travail de chiots Montagne des Pyrénées destinés à la protection des troupeaux

Article de Mathieu Mauriès, du 5 août 2011

Les Montagnes LOF à la protection des troupeaux : mythe ou réalité ?

Depuis maintenant 10 ans, je vis et je travaille tous les jours avec neuf chiens de Montagne des Pyrénées LOF qui protègent mon troupeau avec une efficacité absolue. En effet je n'ai eu à déplorer aucune perte sur mes animaux au cours de ces 10 dernières années alors que je vis dans une zone à grands prédateurs des Alpes de Haute Provence.

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marion.lurcel@gmail.com (Marion) Les troupeaux Mon, 08 Aug 2011 09:25:49 +0000
La création d'une filière de production de chiens de protection Montagne des Pyrénées LOF : un enjeu pour le pastoralisme ... http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux/166-la-creation-dune-filiere-de-production-de-chiens-de-protection-montagne-des-pyrenees-lof-un-enjeu-pour-le-pastoralisme- http://www.eleveursetmontagnes.org/les-troupeaux/166-la-creation-dune-filiere-de-production-de-chiens-de-protection-montagne-des-pyrenees-lof-un-enjeu-pour-le-pastoralisme- La création d'une filière de production de chiens de protection Montagne des Pyrénées LOF : un enjeu pour le pastoralisme ...

Article de Mathieu Mauriès, du 4 août 2011

Plaidoyer d'un berger des Alpes

Le problème

La situation des chiens de protection en France est aujourd'hui très polémique en raison des interactions inévitables qui se produisent entre les chiens et les touristes, particulièrement dans les zones de montagne. Les chiens de protection sont ainsi stigmatisés au point qu'ils sont accusés de détourner les touristes de la montagne, de mettre la population en danger et de nuire à l'activité économique des zones rurales.

Utilisés pour lutter contre les attaques de prédateurs sauvages et de chiens errants, les chiens de protection appartiennent à différentes races et à de multiples croisements de ces mêmes races.

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marion.lurcel@gmail.com (Marion) Les troupeaux Mon, 08 Aug 2011 09:17:53 +0000