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Les troupeaux

Des chiens Patou contre les loups

Pastoralisme en Hautes-Vosges - Des chiens Patou contre les loups

Article publié par Vosges Matin le 31 juillet 2012

Trois chiens de montagne des Pyrénées, également baptisés « Patou », sont actuellement dans les prés des Hautes Vosges. Leurs missions : protéger les troupeaux de moutons contre les attaques des loups. Et pour l'instant, cela semble marcher.

Des panneaux d'informations ont été installés sur les hauteurs de la Bresse pour dissuader promeneurs et cyclistes de s'approcher d'un chien « Patou » et de « son » troupeau de moutons.

La Bresse. C'est un chien blanc aux allures de grosse peluche. Costaud mais avec une bonne tête. Rien à voir avec les pitbulls et autres molosses pas commodes. Le chien de montagne des Pyrénées, appelés aussi Patou, inspire plutôt confiance. Mais il ne faut pas se fier aux apparences. Il est élevé pour protéger les troupeaux de moutons et gare aux promeneurs qui approchent trop près de ses protégés.

« Ses copains, ce sont les moutons et il les défend. Mais si on ne les emmerde pas, il ne vous fera rien », résume d'une formule qui a le mérite d'être claire, Jean-Yves Poirot. Eleveur de moutons à la Bresse, il est aussi président du syndicat ovin des Vosges. L'homme a son franc parlé et il s'est fait le porte-parole depuis un an de la colère des agriculteurs des Hautes-Vosges victimes du retour du loup.

Logique. Car son exploitation a le redoutable honneur d'être le garde-manger préféré du mythique prédateur qui est de retour dans le massif vosgien depuis le printemps 2011. L'an dernier, Jean-Yves Poirot s'est fait dévorer trente-neuf bêtes et un poulain.

Afin de protéger ses troupeaux, il a donc décidé, comme deux autres éleveurs, de prendre un chien Patou. Au cours de l'automne dernier, il a suivi une formation pour pouvoir s'en occuper. C'est un spécialiste suisse qui est venu lui prodiguer ses conseils.

Le chien, ou plutôt la chienne, est arrivée quelques mois plus tard, en mai dernier. Il a fallu débourser 475 € pour l'acheter à un agriculteur du Territoire de Belfort – 80 % du prix est pris en charge par les pouvoirs publics.

Et jusqu'à présent l'investissement s'est avéré rentable. Certes, les animaux de Jean-Yves Poirot ont de nouveau été la cible du loup. L'éleveur a recensé 8 ou 9 attaques depuis qu'il a ressorti ses moutons, au printemps. « Après chaque attaque, j'ai retrouvé le cadavre d'une ou deux bêtes. J'en ai également une vingtaine qui a disparu », comptabilise l'agriculteur de la Bresse.

« Totalement irresponsable »

Mais aucune victime, ni aucune disparition n'ont touché le troupeau de plus d'une centaine de moutons qui est sous la surveillance de son Patou. Car le chien est affecté à un seul de ses quatre troupeaux. Il faut qu'il s'habitue aux brebis et agneaux dont il a la garde, il faut qu'il s'attache à eux. Il devient alors le plus redoutable des vigiles. « Il faut monter lui donner à manger tous les jours mais cela vaut la peine, c'est très efficace », confirme Jean-Yves Poirot.

Sa chienne Patou est actuellement avec ses protégés sur les hauteurs de la Bresse, au col du Brabant. Elle est en bordure d'un sentier touristique. Et à chaque promeneur qui passe, elle aboie. Mais cela s'arrête là. Elle ne se précipite pas sur tout ce qui bouge. Uniquement sur l'« intrus » qui aurait la mauvaise idée de franchir la clôture et de s'approcher du troupeau. Attention alors aux morsures... D'où la présence de plusieurs panneaux d'information et d'avertissement. Afin de dissuader les touristes d'aller taquiner les moutons ou faire des câlins au Patou. Mais parfois cela ne suffit pas.

« Il y a quelques jours, le troupeau était en train de paître sur l'autre versant et un père de famille avec ses trois enfants a franchi quatre clôtures dont certaines électriques. Il allait se retrouver tout près de l'endroit où se trouvait le chien. Je l'ai engueulé. Je lui ai mis une sacrée avoinée et il est reparti tout blanc. Ce genre de comportement est totalement irresponsable ! », râle Jean-Yves Poirot qui estime que les élus devront réglementer l'accès aux sentiers si jamais les éleveurs généralisaient la solution du Patou comme arme anti-loup.

Lui-même n'exclut pas d'en prendre un autre. Sans se faire d'illusion toutefois : « Quand le loup aura proliféré et qu'il y en aura à profusion, les chiens ne suffiront plus. Plus aucun moyen de protection ne sera efficace ». C'est le pire cauchemar des éleveurs. Celui d'une meute de loups qui sèmerait la terreur dans les pâturages. Cela ne relève plus tout à fait du fantasme depuis que l'on sait qu'il y a un deuxième loup dans les Hautes-Vosges et que ce deuxième loup est... une louve.

Christophe GOBIN

Protection des troupeaux : un chien contre le loup

Protection des élevages d'ovins Vosges : un chien patou pour contrer le loup

Article publié le 8 juin 2012 par le Républicain Lorrain

Pour lutter contre les attaques à répétition des loups, un éleveur vosgien vient de se doter d'un chien de défense. C'est l'une des solutions expérimentées pour sauvegarder les troupeaux. Rencontre avec le sauveur.

Il a l'air doux comme un... agneau. Mais mieux vaut ne pas se fier aux apparences. Ce chien qui paraît si paisible quand on le voit de loin est l'arme que les Vosgiens ont trouvée pour lutter contre les loups qui sèment la terreur dans les élevages du massif depuis maintenant plus d'un an.

Dans le milieu pastoral, tout le monde connaît le patou. Ce chien de montagne des Pyrénées n'a rien à voir avec les border collie, très prisés des bergers pour guider et rassembler les troupeaux. Lui est là pour les défendre. Dans les Alpes, beaucoup d'éleveurs font appel à ses précieux services. « J'ai vu des vidéos où il repousse les assauts de trois loups », assure admiratif, son nouveau maître, Jean-Yves Poirot.

L'animal, aussi classe dans ses postures que dans ses déplacements, règne en maître sur sa parcelle de dix hectares, toute proche du col du Brabant, sur les hauteurs de La Bresse. Son pelage blanc immaculé se confond avec celui des 140 brebis et 60 agneaux que l'éleveur a placés là. Les frisettes en moins. Souvent un peu à l'écart du troupeau, il crée une zone de protection pour exercer sa vigilance, se tenant prêt à éloigner tout intrus. Passent deux randonneurs, puis deux vététistes. L'animal se lève et aboie. Mais plutôt que de se ruer vers la clôture électrique, il se rapproche instinctivement des moutons, comme pour les rassurer.

Ne pas le défier

L'éleveur bressaud sourit. Il est le seul à pouvoir l'approcher : « Les trois premières semaines, je l'ai gardé à la maison, histoire qu'il s'habitue à moi. Mais depuis une semaine, il a rejoint le troupeau et reste avec les bêtes jour et nuit. Il est né et a grandi au milieu des moutons, n'a connu que ça, et a reçu le minimum de caresses de l'homme. C'est là qu'il est bien. » Les visiteurs sont priés de rester à distance lorsqu'il lui amène sa ration quotidienne de croquettes. En guise de remerciements, la femelle de huit mois vient lui léchouiller l'oreille. Mais quand une brebis a l'outrecuidance de s'approcher un peu trop près de la gamelle, elle montre aussitôt sa face cachée : « Il ne faut jamais le défier du regard, il prend cela comme un défi. Et si on le sent énervé, il vaut mieux bailler, cela le détend. » Incollable sur la question, Jean-Yves Poirot a posé des panneaux d'avertissements pour prévenir les promeneurs.

« Pas question de vous donner son nom. Je n'ai pas envie que tout le monde vienne l'appeler », lâche le propriétaire, qui le couve comme son bébé. « Je l'ai acheté dans une ferme sur le territoire de Belfort pour 490 €. La préfecture me le finance à hauteur de 80 % dans le cadre des mesures de protection expérimentales mises en place », confie l'éleveur. Au bout du rouleau à l'automne dernier, l'éleveur vosgien le plus touché – « 45 ou 48 pertes, je ne sais plus » – retrouve le sourire : « Ce chien, c'est peut-être mon sauveu r. À mon sens, c'est la seule solution valable pour préserver nos troupeaux. »

Il vient pourtant de retrouver le matin même deux de ses bêtes dévorées. Mais sur une autre parcelle, sans surveillance. Hier matin, un animal a aussi été retrouvé dépecé dans le champ voisin, où paissent les brebis esseulées du lycée agricole de Mirecourt. La semaine dernière, c'est un bélier qui a été dévoré à 2 km de là. Comme si les loups avaient déjà commencé à contourner le problème...

Philippe MARQUE

Un chien Patou dans la bergerie

Un chien Patou dans la bergerie

Article publié le 23 mai 2012 par http://remiremontinfo.fr

Le premier chien Patou est arrivé dans les Vosges à La Bressse, chez l'éleveur Jean-Yves Poirot, qui dénombre 45 victimes dans son exploitation.

Il est le seul à pouvoir défendre contre le loup. Ce chien de montagne des Pyrénées fait partie des solutions du plan loup. Financé à 80 % par l'Etat, ce Patou est le premier à être installé dans les Vosges. Son rôle n'est pas de rassembler les moutons mais de les protéger.

Jean-Yves Poirot, éleveur à La Bresse, est celui qui compte le plus de pertes dans son élevage. 45 bêtes ont été dévorées dont 7 rien que cette année. Il porte donc un grand espoir en les qualités de son nouvel équipier : "Sa taille et sa puissance de mâchoire sont les seuls à avoir une capacité à se défendre contre le loup. Si on met un chien trop petit, il n'a aucune chance, il est trop petit, il a une trop petite mâchoire et il n'a aucune efficacité contre le loup".

Après ses quinze premiers jours d'acclimatation, il a pu vivre près du bétail.

Ce Patou de sept mois devrait rejoindre les parcs la semaine prochaine. "Il suffit de le mettre avec les moutons qui sont ses congénères dans sa tête. Il passe 99,9 % de son temps avec les moutons" ajoute Jean-Yves Poirot.

Malgré les apparences, il faut faire très attention car étant très protecteur, il pourrait mordre les promeneurs. L'éleveur bressaud a donc mis en place un dispositif afin de prévenir les populations, à ses frais, et distribué des fascicules dans les Offices de tourisme.

Ce chien de montagne fait partie de l'expérimentation mise en place par la Préfecture. D'autres pourraient être utilisés s'il s'avérait dissuasif. D'autant que le loup semble étendre son territoire de chasse. Un agneau a été retrouvé dévoré la semaine dernière dans la Meuse.

DIGNE-LES-BAINS Un éleveur condamné

DIGNE-LES-BAINS Un éleveur condamné pour la morsure de son chien patou

Article publié par le Dauphiné Libéré le 1er juin 2012

La loi oblige les éleveurs d'ovins à s'équiper de chiens patous afin de protéger leurs troupeaux des attaques du loup. A Gréoux-les-Bains, Francis Solda s'est entouré de 27 chiens conformément à la règlementation. L'éleveur, également président de la fédération départementale ovine, président du CERPAM et membre du comité loup, comparaissait hier devant le tribunal correctionnel de Digne-les-Bains pour répondre de blessures involontaires.

Le 24 avril 2010, son chien Balboa avait mordu un cycliste à l'arrière du genou. La victime présente à l'audience a rappelé les faits : « Je me suis arrêté pour boire et pour vérifier que mon ami me suivait. A ce moment-là, un chien a surgi des fourrés, il m'a mordu tranquillement et il est reparti comme si de rien n'était ». D'après le souvenir de la victime, « le troupeau de brebis se trouvait à 500 mètres de l'endroit ». A la barre, Francis Solda qui a subi une attaque du loup dans le massif de Lure à l'été 2011 interroge : « Le chien a t-il complètement tort ? » Pour la juge Wacongne, la question ne fait aucun doute, « le chien doit mordre le loup, pas les humains », d'autant que Balboa avait déjà mordu. Cependant, « la protection d'un chien patou est de 800 mètres autour du troupeau », explique l'éleveur. D'ailleurs, selon son avocate Me Delphine Rixens, « la coexistence de l'activité pastorale et du tourisme pose des difficultés : les chemins de VTT répertoriés ou non sont susceptibles de couper l'espace des brebis ». A cela, l'éleveur a souligné l'obligation formelle édictée par la loi de se munir de chiens de protection. Mais pour le tribunal comme pour le procureur, « le gardiennage des chiens patous n'est pas le problème du tribunal mais celui du pouvoir règlementaire qui gère la cohabitation entre le loup et l'agneau. »

Durant l'enquête, Balboa a été présenté devant plusieurs experts comportementalistes qui ont établi un risque de morsure élevé dans un parc ouvert. Depuis, Balboa a changé de vie et coule des jours heureux de toutou de compagnie. Son maître a été condamné à 1200€ d'amende dont 600€ avec sursis.

Katy CANTAGREL

A propos de la brebis, Buffon (1733, in Histoire Naturelle)

A propos de la brebis, Buffon (1733, in Histoire Naturelle)

"Si l'on fait attention à la faiblesse de la brebis, si l'on considère en même temps que cet animal sans défense ne peut même trouver son salut dans la fuite; qu'il a pour ennemis tous les animaux carnassiers qui semblent le chercher de préférence et le dévorent par goût; que d'ailleurs cette espèce produit peu, que chaque individu ne vit que peu de temps, on serait tenté d'imaginer que dès le commencement la brebis a été confiée à la garde de l'homme; qu'elle a eu besoin de sa protection pour subsister et de ses soins pour se multiplier; puisqu'en effet on ne trouve point de brebis sauvages dans les déserts, que dans tous les lieux où l'homme ne commande pas, le lion, le tigre, le loup règnent par la force et la cruauté; que ces animaux de sang et de carnage vivent plus longtemps et multiplient beaucoup plus que la brebis; et qu'enfin, si l'on abandonne encore aujourd'hui dans nos campagnes les troupeaux nombreux de cette espèce, ils seraient bientôt détruits sous nos yeux et l'espèce entière anéantie par le nombre et la voracité des espèces ennemies. Il paraît donc que c'est par notre secours et par nos soins que cette espèce a duré et pourra durer encore: elle ne subsisterait pas par elle-même."

Autrement dit, sans le secours de l'homme, l'espèce animale Brebis, Mouton, Bélier, aurait depuis longtemps été éradiquée de la biodiversité.On peut donc s'interroger sur l'attitude de l'Homme qui protège durant des siècles un animal des prédateurs qui le menacent et qui change soudain du tout au tout en protégeant ces prédateurs qu'il a toujours combattus et en cessant de défendre des animaux vulnérables...

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