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Ariège : le moral des éleveurs au plus bas

Sentein : Le moral au plus bas lors de la foire de descente de la montagne

Article publié par La Dépêche du Midi le 11 octobre 2011

Encore 23 éleveurs exposants cette année. Combien seront-ils en 2012 ? Il y avait, bien sûr, le marché, le vide-greniers, les troupeaux dans les parcs sur le foirail, bref de l'animation. Pour quelqu'un qui vient d'ailleurs, pour le touriste de passage, c'est magnifique. Mais qu'en est-il en réalité ? Pour les éleveurs, les bergers, ce n'est même plus de la colère envers les prédateurs, c'est de l'accablement, du désenchantement, de la déception, du désespoir, du dégoût devant la méconnaissance des réalités sur les estives, la méconnaissance de la vie en montagne, du pastoralisme, gage de biodiversité, gage de préservation de la randonnée, du tourisme...

Un éleveur disait : « Il faudrait qu'un de ces intégristes de l'ours vienne vivre dans une cabane avec un berger, à 2 000 m, pendant quinze jours, pour lui ouvrir les yeux ». Bref, le soleil était là, mais dans les têtes il faisait gris.

Avant la remise des récompenses, le maire de Sentein, Guy Carrieu, a remercié tous les acteurs de cette 33e foire pour le travail accompli et le soutien apporté par la MSA, le Crédit agricole et Groupama. Michel Estrémé, président de Transhumance en Biros, a exprimé le sentiment général qui domine : « Pour la montée aux estives, en 2012, je sais déjà que bon nombre d'éleveurs ne feront plus monter leur troupeau. Que va devenir la montagne ? Une réserve ? »

Daniel Chertier, éleveur, a fait part de son expérience sur les estives d'Urets : deux bergers présents jour et nuit, malgré cela 107 brebis mortes, 10 seulement reconnues par l'ONCF et 50 disparues. Robert Zonch, conseiller général : « Ce cri de désespoir, il faut le transformer en cri d'espoir, faire savoir qu'il y a des femmes et des hommes qui vivent dans ces montagnes ; ils ont autant droit à la vie que les bêtes, les ours ne sont pas en danger, ce sont les hommes et les femmes de ce pays qui le sont... »

Et puis, ressenti par tous comme une provocation : le plan « Vigie », des patrouilleurs chargées de la police environnementale. Ressenti comme une atteinte grave aux libertés.