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Joomla : Eleveurs et Montagne
En Italie également le pastoralisme souffre de la prédation par les loups. Vous trouverez ici un recueil d'articles sur les difficultés des éleveurs en Italie (Piémont).
Voir également (en italien) le site Storie di pascolo vagante Storie di pastorizia nomade, di allevatori, di alpeggio.

Le loup des voisins

Le loup des voisins...

Un blog français pour aider les lecteurs à comprendre ce qui se passe en Italie au sujet de la cohabitation entre loups et élevage.

En France, les amis du loup disent toujours qu'en Italie "tout va bien".
A travers des articles publiés en Italie et traduits en français, " le loup des voisins " cherche à démentir cette vision des choses.
La lupologie (comme le loup) se fiche des frontières !

 

Accéder au blog en cliquant ici

 

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Italie; BERGERS, LOUPS ET BREBIS

Prédation en Italie ; BERGERS, LOUPS ET BREBIS

Lettre de Mario Durbano et Anna Arneodo

Nous venons de recevoir ce témoignage de deux bergers italiens qui ont souhaité témoigner en français sur la réalité du pastoralisme en Italie face à la prédation. Merci pour ce témoignage.

BERGERS, LOUPS ET BREBIS

Les bergers exigent un rôle social et culturel pour la montagne
LOUPS ET BERGERS : laquelle des deux espèces est en voie d’extinction?
Quelques réflexions sur les conséquences du retour des loups sur les Alpes
occidentales.
Nous sommes par vocation des bergers de brebis. Nous sommes des gens de
montagne, les porteurs d’une culture, d’une langue ancestrale, d’un héritage millénaire.
En même temps que les bergers et leurs brebis, c’est la montagne dans son
ensemble qui est en train de mourir, une culture qui ne saura jamais être remplacée. Les
loups ne tuent pas seulement des brebis et des veaux. Les loups font disparaître une
culture, notre culture alpine.
Nous considérons que c’est le devoir de ceux qui nous représentent en politiciens
et en syndicalistes de faire un choix qui assure la survie de la vie montagnarde.
Du point de vue démographique il en restent très peu de nous, mais néanmoins
nous relevons toujours le défi et nous ne nous considérons des perdants. Nous ne quêtons
non plus des remboursements ou des subventions. Tout simplement nous demandons de
continuer à demeurer des bergers sur nos montagnes, tout comme nous le sommes depuis
toujours, les porteurs d’une culture, d’une langue, d’une identité qui constituent une
richesse pour l’Italie et pour l’Europe entière.
Les loups tuent nos animaux, mais la faute n’est pas aux loups, elle est à ceux qui
ont choisi de protéger les loups en oubliant de protéger les bergers; la faute est à un choix
politique, qui se soucie de la seule facette écologiste, mais a tout à fait oublié ceux et
celles qui ont toujours vécu et continuent de vivre sur la montagne. La faute est aussi aux
associations de catégorie, qui nous ont quelque peu oubliés, dans notre rôle de bergers et
de gens de montagne, car nous comptons pour très peu point de vue numérique et
économique.
Nous considérons que le choix de réintroduire les loups, qui plaît tellement aux
gens qui demeurent dans des villes, n’a pas de conséquences néfastes seulement pour les
bergers. Nous demandons à être respectés et protégés en tant que bergers et gens de
montagne parce que c’est bien nous, les bergers, qui sommes la véritable espèce en voie
d’extinction.
Nous le demandons au nom de toute la montagne et de notre civilisation alpine
dont nous nous considérons les héritiers.
Mario Durbano
Anna Arneodo

 

14 décembre 2013

 

Télécharger au format PDF Italie BERGERS, LOUPS ET BREBIS

 

Allarme a Miceno, branco di 18 lupi si aggira tra le case

Rodant autour des maisons sans craindre la présence de l'homme, le loup sème aussi la panique en Italie !

Article publié le 15 novembre 2013 par La Nuova Prima Pagina

Pavullo, 15 novembre 2013

Alerte à Miceno (1) : une bande de 18 loups rôde près des habitations
Ils dévorent des chèvres, taillent en pièces des brebis

Ils rôdent jusqu'au seuil des maisons sans se soucier des habitants. Une bande de loups - on en a dénombré une fois jusqu'à 18 - a répandu la peur parmi les habitants du hameau de Miceno (Pavullo), inquiétant les éleveurs et provoquant surtout des dommages considérables. L'attaque d'un troupeau de chèvres à l'intérieur d'un enclos dont les pauvres bêtes n'ont pu réchapper remonte à ces deux derniers soirs.

Malheureusement, les loups agissent aussi aux premières lueurs du jour, comme cela est arrivé à la ferme d'Annalisa Speranzoni. « Une vache de notre élevage est morte dans la nuit » explique Alessia Pinotti, la fille de Mme Speranzoni. « Nous avons averti le vétérinaire et à 6 heures du matin nous avons sorti la bête de l'étable pour la faire enlever par l'équarisseur, comme c'est l'usage. Mon père faisait la traite et à un certain moment, entendant du bruit, je me suis redressée et j'ai vu cinq loups en train de dévorer la carcasse. Une scène terrible qui a été filmée par la caméra de vidéo-surveillance que nous avions installé ». Alessia Pinotti poursuit : « cependant, ce n'est pas la première fois que nous voyions autant de loups ensemble, certains soir nous en avons compté jusqu'à 18. Mardi soir, nous en avons vu cinq autres, autant la nuit d'après. Ainsi, la situation est désormais intenable. Ils arrivent sur la route, s'approchent des maison, et l'autre jour, ils ont sauté par dessus la clôture du voisin haute de deux mètres et dévoré ses chèvres ».
« Ces loups, c'est un grand problème » explique le père d'Alessia, Carlo Pinotti. « Nous sommes retournés à la police provinciale, mais ils n'ont encore rien fait. J'ai porté plainte à la gendarmerie et alerté Coldiretti. Aujourd'hui les limites sont atteintes. Nous avons autant peur pour nous que pour nos bêtes ».

La situation devient intenable pour la sécurité des personnes qui craignent d'être agressées et pour l'économie des exploitations agricoles situées aux environs de Pavulla et Serramazzoni, zone dans laquelle les loups ont déjà provoqué d'énormes dommages aux troupeaux de brebis, de chèvres et de bovins. Mais jusqu'à présent, les cris d'alarme des éleveurs n'ont pas été entendus.

Michella Rastelli

1- Région Émilie-Romagne, province de Modène, hameau Miceno de la commune de Pavullo

 

La version originale

PAVULLO - Allarme a Miceno, branco di 18 lupi si aggira tra le case

Si aggirano intorno alle case, incuranti della presenza di persone, arrivando addirittura a pochi passi dalla porta d'ingresso. Un branco di lupi, ne sono arrivati a contare ben 18 in una volta sola, sta seminando il panico tra i residenti della frazione di Miceno di Pavullo, preoccupando e soprattutto creando ingenti danni agli allevatori del posto. Risale, infatti, a due sere fa l'attacco a un gruppo di capre all'interno di un recinto, attacco che non ha lasciato scampo ai poveri animali.

Purtroppo, però, i lupi agiscono anche alle prime luci del sole, come è successo all'azienda agricola di Annalisa Speranzoni. «Una mucca del nostro allevamento è morta nella notte - spiega la figlia della signora Speranzoni, Alessia Pinotti - Abbiamo avvertito il veterinario e alle 6 del mattino abbiamo appoggiato fuori dalla stalla il corpo per prepararlo ad essere caricato e portato via, come da prassi. Mio padre stava mungendo e io a un certo punto ho sentito dei rumori, mi sono affacciata e ho visto cinque lupi che stavano sbranando la carcassa. Una scena terribile che è stata ripresa dalle telecamere di videosorveglianza che abbiamo installato (nella foto un fermo immagine). Purtroppo - prosegue la Pinotti - non è la prima volta che vediamo tanti lupi insieme, qualche sera fa siamo arrivati a contarne fino a 18 insieme. Fanno sempre lo stesso tragitto, tanto che hanno creato un sentiero. Martedì sera ne abbiamo visti altri 5, la notte dopo altrettanti. Insomma ormai la situazione è insostenibile. Arrivano sulla strada e si avvicinano alle case e l'altro giorno hanno saltato anche una recinzione di due metri e sbranato delle capre a un vicino».
«Quello dei lupi è un bel problema - spiega il padre di Alessia, Carlo Pinotti - ci siamo rivolti alla polizia Provinciale ma ancora non ci è stato detto nulla, ho fatto denuncia ai carabinieri e allertato Coldiretti. Ma ormai siamo al limite. Abbiamo paura sia per noi che per i nostri animali».
Una situazione che sta diventando, insomma, insostenibile per l'incolumità delle persone che temono in un'aggressione e che colpisce economicamente le tante aziende agricole che si trovano nelle campagne al confine tra Pavullo e Serramazzoni, tratto in cui i lupi hanno già provocato ingenti danni a greggi di pecore, capre e a bovini. Ma finora l'allarme degli allevatori è rimasto inascoltato.

Michela Rastelli

 


Italie – Le loup bouleverse l'organisation pastorale des vallées

Italie – Le loup bouleverse l'organisation pastorale des vallées

Contrairement à ce qui se dit en France, les choses ne se passent pas bien non plus en Italie. Démonstration faite lors d'une rencontre entre éleveurs et associations dans le Piémont italien, début septembre

Le loup était au centre des échanges qui se sont déroulés dans le Piémont italien, les 7 e t8 septembre dernier, dans le cadre d'une rencontre organisée par l'association Amamont entre plusieurs associations italiennes et suisses.
Le dimanche 8 septembre, la vallée Grana, au nord-ouest de Cuneo, a reçu la délégation dans le musée ethnographique de Coumboscuro.
Le loup est présent dans le Piémontais depuis une dizaine d'années. En Italie, les éleveurs se posent les mêmes questions qu'en France : pourquoi les premiers loups qui seraient arrivés "naturellement" en France depuis l'Italie en 1992, ne se sont-ils pas arrêtés sur ces contreforts piémontais si propices à leur espèce ?

L'embroussailement gagne du terrain

Historiquement, il y avait autrefois une grande rivalité entre les vallées basses (pauvres) et les vallées hautes (riches). Si les vallées hautes possédaient quelques parcelles de châtaigniers dans les vallées basses, elles gardaient jalousement en revanche ses larges espaces pastoraux des altitudes. Aujourd'hui, avec une pointe d'ironie, les intervenants ont fait remarquer que le loup a au moins réussi à réunir les vallées hautes et basses dans une lutte commune !
Il y a 10 ans encore, dans le piémontais il était très commun de trouver de petits groupes d'ovins, de 5 à 10 brebis "tondeuses" chez la plupart des propriétaires et dans les petites exploitations pluri-agricoles. L'été, l'ensemble des groupes, petits et moyens, était réuni sous la garde d'un berger. Le loup a détruit cette tradition et par là même l'entretien des petites parcelles - l'embroussaillement gagne chaque année de plus en plus de terrain.
Dans le Piémontais, toute l'organisation a changé : les grands troupeaux réunissant plusieurs propriétaires se font de plus en plus rares. Même les groupements de 200 brebis sont décimés, surtout par temps de brouillard.

Veaux et mules attaqués

Un éleveur a remplacé ses ovins par des bovins au fond d'une des vallées, pensant qu'il aurait moins de problèmes. Mais les loups ont attaqué plusieurs de ses veaux cette année ainsi qu'une mule. Les Italiens ont remarqué que la taille des meutes s'agrandit, signe que les loups sont bien nourris.
En Italie aussi, le loup change aussi de comportement. Il n'hésite plus à attaquer près des bâtiments. Au nord des Appenins, les loups ont attaqué 4 chiens de protection. "Une raison de plus de ne pas s'embarquer avec les chiens de protection", estiment les éleveurs piémontais. Contrairement aux éleveurs des Abruzzes, les Piémontais rechignent à prendre des chiens de protection.
Pour clore la rencontre, la délégation a proposé que l'on crée un parc ethnographique pour sauver l'homme, l'élevage et la montagne d'extinction, un parc pour sauver les derniers mohicans alpins ! http://www.ruralpini.it/Inforegioni-09.09.13-ZPS-a-salvaguardia-del-montanaro.htm

http://www.alteterre.org/2013_03_01_archive.html

PIEMONT CHANGEMENT DANS LA POLITIQUE DE GESTION DES PATURAGES ALPINS

COLDIRETTI / PIEMONT 03/02/2012

EN PIEMONT, CHANGEMENT DANS LA POLITIQUE DE GESTION DES PATURAGES ALPINS EN CE QUI CONCERNE LE LOUP

Changer radicalement l'approche politique de la gestion des loups causant des problèmes dans le Piémont. Cela a été annoncé à la Coldiretti du Piémont, par l'adjoint régional à l'agriculture, le conseiller Claudio Sacchetto lors d'une réunion technique qui s'est tenue ces derniers jours au siège régional de l'Association, à la suite de plaintes fondées de bergers qui n'ont pas encore reçu de rémunération liée à la prédation sur les troupeaux durant l'année 2011.

Dans le Piémont, le projet Pro-Past (pro pastoralisme) rédigé par la vice présidence Régionale à l'agriculture sera opérationnel. A partir de maintenant, l'assurance sera activé dans le cadreCosman pour les prélèvements d'animaux tués ou blessés en alpage.

Les indemnités pour 2012 continueront à être attribuées par des fonds régionaux, tandis que pour la modernisation des installations dans les pâturages et la prévention, sera inséré une mesure spécifique au plan de développement rural suivant (RDP) 2014/2020.

Rovellotti Paul et Bruno Rivarossa - président et directeur de la Coldiretti Piémont ont déclaré :

"La Coldiretti Piémont exprime de très fortes inquiétudes sur le retour du loup dans notre région. Ils prennent acte des efforts déployés jusqu'à présent pour répondre aux besoins des éleveurs et bergers, ils remarquent que le problème est loind'être résolu et que la population de loups est en constante augmentation. Cela, malheureusement, met en difficulté les jeunes générations d'éleveurs et de bergers qui ont choisi la protection de nos montagnes et nos pâturages, en sauvegardant l'environnement et le territoire. Une nouvelle approche doit pouvoir être acceptable. Elle devrait permettre de trouver le juste équilibre qui privilègie le personnage et l'importance du pasteur face à la défense du loup. "

http://www.piemonte.coldiretti.it/

La Coldiretti Piémont en chiffres

La Coldiretti Piémont associe quatre fédérations provinciales (Alessandria, Asti, Cuneo, Turin) et deux inter-provincial (Novara-Biella et Vercelli-VCO) qui regroupent 47 bureaux locaux, 1.043 sections municipales et sections et 300 adresses. L'ensemble du système Coldiretti Piémont a plus de 600 employés, elle se définie comme une réelle force sociale.

Forte de 198 287 adhérents dont 112.375 membres inscrits actifs dans la région et 85.912 retraités, la Coldiretti Piémont est l'organisation professionnelle reconnue majoritaire par sa représentativité et son importance. Les 49.000 entreprises adhérentes, représentant 71% du total régional enregistrés à la Chambre de Commerce.