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HAUTES ALPES

Loups : de nouvelles mesures favorables aux éleveurs

Article publié par le Dauphiné Libéré le 4 novembre 2011

Une trentaine de personnes, représentants du ministère de l'Écologie, d'as­so­ci­a­tions et de syndicats pro­fes­sion­nels, ont participé hier à Lyon au "groupe national loup". À la sortie de cette réunion, Henriette Martinez, députée des Hautes-Alpes, relevait dans un communiqué une série de "mesures positives pour les éleveurs". Comme mesure immédiate, "il s'agit notamment de lever la suspension de l'arrêté de prélèvement et de permettre le tir de deux loups supplémentaires après que le quota de six loups a été atteint". Concernant les nouvelles mesures pour 2012, elle précise notamment : "L'État propose d'autoriser les tirs de défense après une attaque non seulement pour l'éleveur concerné mais aussi pour les éleveurs des troupeaux voisins, et de rendre cette autorisation valable pour toute la saison ainsi que pour la suivante. L'État propose aussi de définir le quota de prélèvement autorisé en [...] s'adaptant chaque année à l'évolution de la population de loups et de son état de conservation."

"Une petite avancée" pour les éleveurs

Côté éleveurs, on se réjouit de ces annonces, tout en restant prudent : "Nous avons obtenu une petite avancée mais une avancée tout de même, déclare dans un communiqué Yves Derbez, président de l'association Éleveurs et montagnes, et éleveur dans la vallée de l'Ubaye. Les tirs de défense vont pouvoir reprendre sur tout le territoire. Le ministère de l'Écologie nous a proposé que deux loups supplémentaires puissent être prélevés en 2011, prélèvements qui seraient déduits du quota de 2012. Cette autorisation de tir de défense devrait être effective rapidement, comme l'ont demandé les éleveurs." Concernant les tirs de défense pour les éleveurs victimes d'attaque, Yves Derbez a également souligné : "Le ministère nous a spécifié que les éleveurs situés à proximité des troupeaux attaqués seront également concernés. On peut s'interroger sur cette notion de proximité. Pour ce qui me concerne, j'étends la proximité à toute la vallée de l'Ubaye."

"Cela ne va pas dans le sens du maintien des populations"

Madline Reynaud, directrice de l'association de défense de la faune sauvage Aspas, ne participait pas au "groupe national loup". Mais elle s'insurge contre les mesures évoquées hier : « Les quotas de loups à abattre sont déterminés en fonction de la population. Recommencer à tirer cette année n'est pas envisageable, d'autant que beaucoup de loups ont été braconnés. Cela ne va pas dans le sens du respect de la biodiversité et du maintien des populations. » Quant aux pistes proposées pour l'année 2012, la directrice de l'Aspas estime : « Ce que nous demandons, c'est de mieux protéger les troupeaux. En augmentant les tirs, on ne règle pas le problème, et on l'aggrave même en déstabilisant les meutes. »

Deux groupes de travail vont être constitués à partir de janvier 2012 pour faire des propositions concrètes sur les prochains protocoles, et notamment sur le nombre de loups à prélever.