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Le loup met le cap sur le Sud... et rien ne change

Le loup met le cap sur le Sud... et rien ne change

Article extrait du dossier "Pastoralisme, loup, prédation" paru dans le numéro de l'Espace Alpin du vendredi 22 janvier 2010

Les zones de présence du loup ne cessent de s'étendre ; après la haute montagne où le loup est face à des gros troupeaux collectifs gardés le voilà en moyenne
montagne voire dans les collines des Alpes de Haute Provence et sur le plateau du Var à Canjuers, où l'on retrouve des petits troupeaux individuels avec des pratiques différentes (gestion en parcs cloturés, engagement PHAE..) largement encourager depuis de nombreuses années par la profession, l'administration et les défenseurs de l'environnement. Le voici sur les pentes du Ventoux... Les mesures techniques qui existent pour les alpages ne sont, en l'espèce, pas appropriées. Il est temps que l'Etat et l'Europe prennent en compte cette évidence, avant qu'il ne soit trop tard pour la survie de ce pastoralisme. Cette évolution a fortement modifié une donne qui s'était imposée durant ces dernières années. En effet, les mesures techniques de protection prévues pour les troupeaux en alpages ne collent plus à une réalité autre.

Dans le Büech, par exemple, les disparitions de brebis se multiplient, les pertes augmentent sans que pour autant la présence du loup ne soit officiellement reconnue. La profession a demandé à ce que ce territoire soit placé en cercle 2. Refus de la préfecture. Depuis l'attaque de Châteauneuf d'Oze, l'éleveur Bernard Illy a spontanément modifié sa façon de faire et ramène désormais son troupeau à la bergerie tous les soirs. Autrement dit, par peur des attaques, même dans les

communes limitrophes, les pratiques se modifient spontanément sans que cela soit reconnu officiellement. La pression du loup est subie sans compensation pour l'éleveur. La profession a alerté le préfet, lors du dernier Comité loup des Hautes-Alpes, sur les conséquences néfastes qui peuvent en découler. Notamment, les éleveurs sédentaires qui gardent leurs brebis toute l'année, sont poussés à transhumer dans les alpages où les mesures de protection sont effectives. Cela veut dire surcharge de ces alpages.

D'autre part, René Laurens remarque que certains éleveurs vont être amenés à changer de race, à abandonner notamment la Préalpes de Savournon qui a peu de laine, pour choisir une race plus apte à transhumer ; ce qui est regrettable. Il est tout aussi grave que ces zones intermédiaires ne soient dès lors plus entretenues. Dans les Alpes de Haute-Provence, « le risque de prédation, dans les pâturages intermédiaires, est plus élevé qu'ailleurs. On a d'abord encouragé les éleveurs à débroussailler pour conquérir des zones de pâturage ; aujourd'hui, ils ne peuventplus les utiliser de façon permanente et s'adaptent comme ils le peuvent", constate Frédéric Esmiol.