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Quand les loups font trembler la Provence

Article publié le 7 juin 2015 par Metro-News

ENVIRONNEMENT – Dans la nuit de vendredi à samedi, le fils d'un éleveur de Seyne-les-Alpes dans les Alpes-de-Haute-Provence s'est retrouvé nez à nez avec une meute de loups. Menacé, il a réussi à les faire fuir avec son fusil. Un drame évité de justesse qui relance le débat sur la présence du prédateur dans ce secteur.

Il a eu la peur de sa vie. Dans la nuit de vendredi à samedi, Romain, 16 ans fils d'un éleveur de bovins de la commune de Seyne-les-Alpes dans les Alpes-de-Haute-Provence, s'est retrouvé nez à nez avec une meute de loup. Son père absent ce soir-là, il garde l'exploitation avec son frère quand soudain ils entendent des beuglements anormaux de leurs vaches. Quelque chose de grave est en train de se passer. Pour y voir plus clair dans cette nuit noire, l'aîné va chercher le tracteur familial pour éclairer le champ. Romain reste sur place avec un fusil. L'arme lui sauvera la vie.

Au loin, l'adolescent perçoit des silhouettes. Des billes de lumière dans la pénombre ne lui laissent aucun doute : ce sont des loups. Des prédateurs au comportement étrange ce soir-là. D'habitude effarouchées par l'homme, les bêtes ne se sauvent pas. Pire, elles s'approchent dangereusement du jeune garçon. "Elles couraient à une allure phénoménale (...) Elles n'ont même pas jeté un regard aux vaches", racontera-t-il plus tard. Sans qu'il puisse faire quoi que soit, les prédateurs sont désormais à une quinzaine de mètres de lui. Un coup de fusil tiré en l'air finira par les faire fuir.

"Ils n'ont plus peur de rien"

Habitué à voir le loup dans ce massif des Alpes, Gérard Autric, président des lieutenants de louveterie dans les Alpes-de-Haute-Provence l'affirme : "c'est la première fois que j'entends parler ici de loups s'approcher aussi près de l'homme". Un signal dangereux selon lui qui ne l'étonne toutefois pas. "Il ne faut pas se mentir. Le loup a été réintroduit par l'homme. Ils sont habitués à nous", affirme-t-il. Tellement habitués qu'il n'est pas rare d'en croiser dans les villages alentour. "On en a vu être à l'entrée du village de Prads", précise-t-il.

Une commune dont le maire, Bernard Bartolini prend la mesure du problème avec gravité. "Les troupeaux se font régulièrement attaquer. Nous allons avoir de très gros problèmes d'ici 5 ans", prévient-il. "On nous dit qu'il y en a 400 dans les Alpes, c'est bien plus", assure-t-il. D'autant qu'il confirme la proximité entre les hommes et les bêtes. "A force de chasser le gibier comme le mouflon, le loup va chercher de la nourriture plus bas dans la vallée. Ils n'ont plus peur de rien". Seule solution selon lui : inscrire le loup dans le plan de chasse "pour réguler l'espèce qui n'est plus du tout en voie d'extinction dans nos montagnes".

 

Alpes : un adolescent attaqué par des loups

Article publié par La Provence samedi 6 juin 2015

Il a échappé au pire à Seyne-les-Alpes : encerclé par la meute, Romain Ferrand a dû tirer pour s'en sortir

Dans ce pré, en lisière de la forêt domaniale de la Blanche, 12 loups attaquent régulièrement les bovins de Jean-Luc Ferrand en pleine journée.

Ce qu'on craignait depuis quelques jours a fini par se produire dans la vallée de la Blanche : après avoir attaqué à maintes reprises un troupeau bovin, les loups s'en sont pris à l'homme sur cette exploitation située à 300 mètres au-dessous de la lisière de la forêt domaniale de la Blanche.

Dans la soirée de vendredi, aux environs de minuit, Romain est réveillé en sursaut par les aboiements des chiens et les meuglements des vaches : il se lève précipitamment et fonce malgré ses béquilles, accompagné de son jeune frère.

Des yeux brillent dans le noir mais ils ne parviennent pas à distinguer les loups des bovins dans la nuit. Le plus jeune fonce alors chercher un tracteur pour monter dans le pré et l'éclairer, laissant heureusement le fusil à Romain : encerclé par la meute qui fonce sur lui, il tire en l'air pour ne pas atteindre les vaches ou les veaux et met les loups en fuite alors qu'ils étaient à une vingtaine de mètres de lui.

"J'ai eu la peur de ma vie, je suis sûr qu'ils m'auraient sauté dessus", assure Romain, persuadé de ne devoir son salut qu'à son arme, encore tout tremblant plusieurs heures après l'attaque.

"On s'en doutait, ils se sont habitués à nous depuis des mois qu'ils rôdent autour de la maison, on les a même vus plusieurs fois fouiller dans les conteneurs d'ordures ménagères à l'entrée du hameau, ils n'ont plus peur", confirme leur père.

Plus d'informations dans "La Provence" de dimanche

Gilbert Mathieu

 

Un adolescent encerclé par les loups dans les Alpes

Article publié par France Info le samedi 6 juin 2015

Les loups auraient encerclé le jeune homme près de la forêt de la Blanche (photo d'illustration) © Maxppp
Ce samedi, La Provence publie le témoignage d'un jeune homme qui a été attaqué par des loups dans les Alpes-de-Haute-Provence. Il dit s'en est sorti en tirant un coup en l'air avec son fusil de chasse.

Les loups attaquent désormais les hommes ? Le quotidien La Provence publie ce samedi le témoignage d'un adolescent qui dit avoir été attaqué par une meute de loup à la lisière de la forêt de la Blanche, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Vendredi soir, vers minuit, Romain aurait entendu des aboiements et des meuglements. Les loups ayant attaqué plusieurs troupeaux dans cette vallée, il se serait levé et aurait filé sur place avec son frère. Il raconte qu'il a vu des yeux briller dans le noir et la meute l'aurait petit à petit encerclé. "J'ai eu la peur de ma vie, je suis sûr qu'ils m'auraient sauté dessus", confie l'adolescent. Alors que les loups étaient à une vingtaine de mètres de lui, raconte-t-il, il aurait tiré en l'air. Les loups se seraient enfuis.

Tensions entre anti et pro-loups

Leur père s'est également confié à La Provence : "On s'en doutait, ils se sont habitués à nous depuis des mois qu'ils rôdent autour de la maison, on les a même vus plusieurs fois fouiller dans les conteneurs d'ordures ménagères à l'entrée du hameau, ils n'ont plus peur".

La famille a fait les frais d'une attaque de loups une dizaine de jours. Un veau avait été tué. Dans ce village où les tensions sont fortes entre les anti et les pro-loups, certains se demandent si cette information n'est pas montée de toutes pièces pour faire bouger les autorités.
Elise Delève

 

Alpes : faut-il avoir peur des loups ?

Article publié le 5 juin 2015 par La Provence

Les récentes attaques en meute à Seyne-les-Alpes pourraient prouver que le prédateur change de comportement
Une attaque sur un cheval au Castellard, en décembre dernier, des attaques de jour, et maintenant une attaque en meute sur un troupeau de bovins sur la commune de Seyne ... Pour une fois les "pros" et "anti" loup sont d'accord : "On avait jamais vu ça".
Côté chiffres, les conclusions ne sont pas moins inquiétantes. Si en 2015, à l'échelle nationale, le nombre de constats a baissé de 12,6 % par rapport aux résultats enregistrés entre janvier et mai 2014, la tendance reste à la hausse dans les Alpes du sud. Selon la Direction départementale des territoires, dans les Alpes de Haute-Provence, 54 constats de dommages ont été enregistrés sur les cinq premiers mois de l'année 2015, contre 36 l'an dernier et 30 en 2013. Dans les Hautes-Alpes, l'orientation est la même. Les attaques sont passées de 10 à 26 en deux ans, sur la même période.

Les témoignages recueillis mercredi dernier dans le pays de Seyne ne font pas que confirmer la présence accrue du prédateur. Ils laissent entendre que le prédateur pourrait être en train de changer de comportement.

Des faits exceptionnels

"Voir douze loups ensemble avant la reproduction cela me semble suspect", commente Patrick Boffy délégué local de Ferus, association pour la conservation du loup. "Au printemps, les loups sont dispersés. Il est plus probable de voir des groupes de cette taille à la fin de l'été, quand les jeunes sont là. Il n'y a pas dans le secteur des proies sauvages qui permettraient à des meutes de se nourrir", poursuit-il avant de tempérer ses propos : "Il se peut toutefois que ce soit quelque chose d'exceptionnel". Une "exception" qui inquiète fortement les habitants de Seyne. Les chasseurs habitués de la commune auraient ainsi observé une forte baisse du gibier de la forêt tout comme de la population de chevreuils. Ce qui aurait impliqué des déplacements en meute pendant l'hiver et désormais un risque accru pour les bovins. Une analyse partagée par le maire Francis Hermitte.

Pas question de sombrer dans la psychose

Pas question pour autant de sombrer dans la psychose. Dans ce sens, chez Ferus, les partisans du loup rappellent que "les attaques contre des vaches adultes sont très rares" et surtout que ce prédateur ne s'en prend pas à l'homme. Du côté de la sous-préfecture, à Barcelonnette, les services de l'État travaillent sur le dossier, pleinement conscients de la progression des "dégâts imputables au loup".

À l'écoute des éleveurs, les responsables du dossier soulignent que la responsabilité du loup n'est pas engagée sur tous les constats d'attaques et qu'il faut faire "attention aux extrémismes".

Point de vue partagé sans aucun doute par le maire de la Seyne qui s'apprête à faire voter ce soir, en conseil municipal, une motion contre le loup. Une motion, mais pas un arrêté autorisant les opérations de tir par tous les citoyens. Une mesure volontairement provocante, mais aussi illégale, déjà adoptée dans quatre communes haut-alpines (Pelleautier, St-Sauveur, Baratier, Les Orres) et que les maires bas-alpins refusent toujours de mettre en place.
Tanguy Cohen

Suisse- Un loup tue huit moutons près d'Emetten - Canton de Nidwald

Article publié le 5 juin 2015 par Le Matin

Les responsables estiment que c'est sans doute ce prédateur qui est responsable d'une attaque dans un enclos dans la nuit de jeudi à vendredi.

Selon toute vraisemblance, ce serait un loup qui aurait tué huit moutons qui se trouvaient avec 34 autres bovidés enfermés dans un enclos. L'attaque s'est produite dans la nuit. Il s'agit «très vraisemblablement» d'un loup, a indiqué Fabian Bieri, chef du Service de la chasse et de la pêche du canton de Nidwald. Une analyse ADN doit encore le confirmer.
L'animal a été aperçu un jour plus tôt près d'Isleten (UR) et il a été photographié par un automobiliste.

Quatre moutons ont péri immédiatement pendant l'attaque. Quatre autres ont été blessés et ils ont été abattus par le garde-chasse.

(ats/Newsnet)

Prapic : un troupeau de moutons attaqué par un loup « sous les yeux du berger »

Article publié par l'e-media05 le 4 juin 2015

Un troupeau d'ovins a subi une attaque d'un loup, ce mercredi matin, vers 9h, à proximité de sa bergerie à Prapic, sur la commune d'Orcières. Treize bêtes ont été touchées, certaines ayant été tuées, d'autres simplement blessées. Selon la FDSEA et les Jeunes agriculteurs, cette attaque s'est produite « sous les yeux du berger et des chiens de protection ».

« Cette nouvelle attaque survient à quelques jours de la montée en alpage du troupeau du GAEC la Jabiore, en zone cœur du Parc national des Ecrins », indiquent les deux syndicats agricoles dans un communiqué. « On peut penser avec certitude que s'il est encore là, le loup attaquera à nouveau ! Alors, si avec bergers et chiens, en pleine journée, un troupeau protégé peut se faire attaquer, quel est l'avenir du pastoralisme dans les parcs et réserves, là où aucun autre moyen n'est autorisé ? Nous demandons à l'Etat de prendre ses responsabilités et de tout mettre en œuvre pour faire évoluer la législation et permettre aux éleveurs de continuer à vivre avec sérénité dans tous nos territoires ! »

La peur du loup, sur l'Aigoual, après l'attaque d'un troupeau

Article publié le 3 juin 2015 par Midi Libre

Un éleveur de Valleraugue a découvert l'une de ses brebis éventrée sur l'Aigoual. Une enquête est en cours.

A Valleraugue, Christian Soulier, éleveurs de brebis et de chèvres, est un homme en colère. Jeudi dernier, l'éleveur a retrouvé sur l'Aigoual, l'une de ses brebis sérieusement blessée à la panse. "Pour moi, c'est l'attaque d'un loup, assure Christian Soulier. Le loup s'attaque uniquement au cou des bêtes ou à la panse. Là, seule la panse était visée. Il n'y avait pas d'autres traces de morsures. Nous avons dû abattre la brebis."

Un chevreau aurait lui aussi succombé à une attaque et d'autres bêtes du troupeau ont disparu. "Nous allons, tous les deux jours, voir les bêtes, explique l'éleveur. Nous faisons aussi de l'oignon doux et du foin. Nous ne pouvons être là tout le temps. Le troupeau était sur l'estive. Maintenant, on va être obligé de rester nuit et jour auprès du troupeau."

"Si c'est un loup, c'est la première fois"

Est ce vraiment l'attaque d'un loup ou celle d'un chien ? Le doute - et il est grand - subsiste. À ce jour, une enquête est en cours. Un garde de l'office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) est venu sur place, a examiné la brebis, fait des prélèvements et pris des photos. Les résultats sont attendus d'ici la fin de la semaine, confirme Lydia Vautier, directrice adjointe par intérim à la DDTM (direction départementale des territoires et de la mer). Le constat a été envoyé au centre de recherche appliquée dépendant de l'ONCFS qui écartera ou non la piste du loup. "Si c'est un loup - et pour moi, c'est un loup - c'est la première fois qu'il attaque dans le Gard, commente l'éleveur. Cela fait trente ans qu'on met notre troupeau ici. Nous avons 260 bêtes. Le loup est déjà dans le Causse Méjean. Pourquoi ne viendrait-il pas dans le Gard ?"

Une inquiétude "légitime"

Sur l'Aigoual, chez les éleveurs et les bergers, l'inquiétude est là et elle est "légitime", confirme Bernard Grellier, président de la Fédération des groupements pastoraux du Gard et de la Lozère. "Le loup est extrêmement mobile. Il y a eu déjà des attaques en Lozère et dans le Var. Ce n'est pas une question d'altitude. Et cela s'étend. C'est dans la logique des choses", reprend Bernard Grellier, qui réclame l'autorisation des tirs de défense.

Depuis 2010, la préfecture du Gard a mis en place un comité de veille départemental et des correspondants "loup". Un grand canidé ressemblant à un loup a bien été repéré le 7 juin 2014 à Malons-et-Elze dans le nord du département du Gard, près de l'Ardèche. C'est là, la seule observation qui a été retenue par l'ONCFS depuis 2012.

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