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Loup: des sentinelles dans le Grand Sud

Article publié le 15/10/2013 par Le Petit Bleu du Lot et Garonne

La bête progresse. Le 21 février dernier, dans l'est de l'Aveyron, un loup des Abruzzes italiennes est formellement identifié. Les mois précédents, d'autres spécimens ont été repérés dans le Gers, le Lot, l'Aude et l'Ariège et observés en meute dans les Pyrénées Orientales. Pour autant, rien à voir avec ce qui se passe dans les Alpes-Maritimes où comme partout ailleurs en France, l'espèce est protégée.

«Nous avons vécu un enfer cet été en montagne» déclare Aurélie Abondance à la tête d'un troupeau de 1 100 brebis dans le Var avec son époux. Cette déclaration, Aurélie l'a lancé comme un message désespéré au Groupe national du Loup (GNL) qui se réunissait hier à Paris, pour réévaluer le plan loup 2013-2017. Car rien ne va plus entre les éleveurs qui veulent une action plus musclée - 5 848 ovins et bovins tués en 2012 - , et les écologistes qui retiennent le bras du gouvernement par voie de justice.

Or, les écologistes viennent de priver l'État d'un outil dont il venait à peine de se doter : l'autorisation donnée aux chasseurs de tuer un loup dans le cadre de leurs battues habituelles aux gibiers, dans trois départements de Provence-Alpes-Côte-d'Azur.

En réaction, le Collectif des éleveurs de la région des Causses, de la Lozère et leur environnement (Cercle) a formé un recours devant le Conseil d'État, le 7 octobre dernier, contre les trois arrêtés qui mettent en œuvre le plan d'action national pour le loup.

«On est dans une tension forte, et ça ne va pas être simple de manager la gouvernance du plan loup» finalisé en mars, reconnaît Christophe Castaner, président du Groupe National du Loup (GNL) qui supervise le plan.

En en Midi-Pyrénées où, c'est un fait, le canis lupus a été aperçu ? «Ces observations isolées ne présagent en rien de l'installation future de l'espèce à court terme dans les massifs concernés» indique l'Office national de la faune et de la chasse sauvage. Reste que le système de dispersion des animaux sur de grandes distances à la recherche de nouveaux territoires est une caractéristique biologique bien connue de l'espèce.

Et cette dernière progresse vite : + 17 % en 2012 sur l'ensemble du territoire.

Ainsi pour devancer l'arrivée du loup alpin les agents de l'ONFCS des départements du Gers, de Haute-Garonne, du Lot, du Lot-et-Garonne et du Tarn-et-Garonne ont été associés en tant que «sentinelles» aux réseaux déjà déployés dans l'Aude, l'Ariège et les Pyrénées Orientales.

VOSGES Loup : le comité de suivi fait le point

Article publié le 10/10/2013 par Vosges Matin

Eleveurs, élus et associations de protection étaient réunis hier autour de la table en compagnie du préfet, lequel a annoncé la signature de contrats d'accompagnement pour la protection des troupeaux.

Hier après-midi, Gilbert Payet, Préfet des Vosges, a réuni les membres du comité départemental de suivi des grands carnivores au sein même de la préfecture. Près d'une trentaine de personnes étaient présentes. Les services de l'Etat, des élus, des représentants de la profession agricole et des associations agissant dans le domaine de l'environnement avaient répondu à l'invitation.

Mais avant d'entrer en réunion, certains responsables n'ont pas manqué de donner leur point de vue sur la présence du loup dans le département. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les divergences de vue entre éleveurs et associations environnementales s'accentuent, à l'image de Marc Baudrey, de la confédération paysanne : « La cohabitation entre le loup et les éleveurs est impossible. Nous réclamons des tirs de défense et de prélèvement », déclare le responsable avant de souligner que le prédateur « coûte 15 millions d'euros aux collectivités chaque année. »

Le discours est aux antipodes de celui d'Anthony Kohler, animateur au sein du FERUS (association militant pour la sauvegarde du lynx, de l'ours et du loup) : « Nous constatons une baisse des prédations. Cela démontre que la mise en place des systèmes de protection est efficace et que la cohabitation est possible. Mais cela ne sera possible que si l'administration, les associations environnementales et les éleveurs font des concessions. »

Quoi qu'il en soit, le but premier de cette réunion n'était pas de débattre sur ces divergences d'opinion.

Aucun tir pour l'instant

Pour preuve, cette séance de travail a permis avant tout de faire un état des lieux départemental. Pour cette année, 43 attaques ont été recensées depuis le 1er janvier contre 74 en 2012, (9 dans le massif, 34 dans la plaine) et 77 victimes (15 sur le massif et 62 en plaine) pour 142 en 2012.

Cette réunion a également permis de confirmer la présence d'un couple et de louveteaux dans le massif, et ce, après quatre opérations techniques de suivi mises en œuvre en août 2013.

Au niveau des mesures de protection, l'accompagnement des éleveurs dans leur élevage sur les deux zones d'action (soit 48 communes) a été confirmé. D'ailleurs, la préfecture a annoncé la signature de contrats d'accompagnement avec les éleveurs. Ces contrats rentrent dans l'optique du renforcement des mesures de protection comme le gardiennage, des clôtures électrifiées et des chiens de protection.

En ce qui concerne l'Ouest vosgien, le préfet a annoncé qu'une étude de vulnérabilité a été commandée par la Direction Départementale des Territoires (DDT). Elle sera menée par la Chambre d'Agriculture. Elle devrait être rendue en fin d'année, afin de définir les mesures les plus pertinentes à mettre en place pour l'avenir.

Un point a également été fait sur l'accord, donné à Jean-Yves Poirot (éleveur à La Bresse) pour effectuer des tirs de défense suite à plusieurs attaques du loup sur son cheptel. Actuellement, aucun tir n'a été effectué.

Sergio de GOUVEIA

Alpes-Maritimes: des éleveurs manifestent contre un symposium de chercheurs consacré au loup

Article AFP publié le 9/10/2013

Une cinquantaine d'éleveurs ont manifesté dans le calme mercredi matin à Saint-Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes), où des chercheurs participent à un symposium de quatre jours intitulé "Vivre ensemble avec le loup?", a-t-on appris auprès de la gendarmerie.C'est précisément dans le parc national du Mercantour, tout près, que le loup avait fait son retour en France en passant les cols italiens voici 20 ans.
Historiens, géographes, sociologues ou biologistes doivent explorer pendant quatre jours les passions suscitées par la présence du loup depuis l'Antiquité.Un représentant des éleveurs a été invité dans la matinée à exposer ses positions lors de cette première matinée de débats, en présence notamment de représentants du ministère de l'Agriculture et du ministère de la Recherche, selon un participant."Les organisateurs affirment leur credo de voir s'exprimer à l'occasion de ce symposium la diversité des approches, dans un esprit constructif et ouvert", stipulent-ils dans le préambule du programme. Le colloque scientifique est soutenu par le député européen et maire UMP de Saint-Martin-Vésubie, Gaston Franco. Ce dernier est en conflit avec le président du Conseil général Eric Ciotti, qui a mis de l'huile sur le feu mercredi en publiant à la mi-journée un communiqué de soutien aux éleveurs.Les manifestants ont estimé que le nom même du symposium "sonne comme une véritable provocation", en rappelant que les éleveurs du département ont perdu en 2012 plus de 2.400 bêtes tuées par des loups. "Si le loup n'est plus une espèce en danger, les éleveurs de nos montagnes sont menacés", estiment plusieurs organisations d'agriculteurs dans un communiqué.Ils se sont également donné rendez-vous jeudi devant le tribunal de Nice pour soutenir un éleveur qui comparaît pour avoir violemment agressé des agents du parc du Mercantour venus à sa demande pour réaliser un constat après une attaque de loup (une démarche nécessaire pour obtenir une indemnisation). Un agent avait reçu un coup de tête et un autre avait été frappé à coups de manche de pioche, selon la direction du parc qui avait porté plainte, tout en reconnaissant les difficultés de la profession. Cet incident était lié "à l'exaspération, l'épuisement physique et moral d'un éleveur sous la pression permanente du loup", ont expliqué les organisateurs de la manifestation de soutien.Ces initiatives interviennent après un jugement favorable aux associations de protection des animaux sauvages, vendredi au tribunal administratif de Nice, qui a suspendu l'autorisation récente donnée aux chasseurs d'abattre des loups lors de battues au grand gibier.

Plan loup : le gouvernement en étau entre le loup et la brebis

Article publié par Le Midi Libre le 9/10/2013 avec AFP

Le "plan loup", qui devait mieux protéger les troupeaux sans déclarer la guerre totale au prédateur, ne fait pas l'unanimité. Les éleveurs demandent une action plus musclée et les écologistes retiennent le bras du gouvernement par voie de justice.

Le "plan loup" avait été ciselé pour mieux protéger les troupeaux, sans déclarer la guerre totale au prédateur. Quelques mois plus tard, rien ne va plus: les éleveurs veulent une action plus musclée, et les écologistes retiennent le bras du gouvernement par voie de justice. "On est dans une tension forte, et ça ne va pas être simple de 'manager' la gouvernance du plan loup" finalisé en mars, déclare Christophe Castaner, président du Groupe National du Loup (GNL) qui supervise le plan.

11 à 24 loups maximum pouvant être tués par an

Ce plan 2013-2017 se voulait la meilleure réponse possible à l'équation complexe posée par le retour naturel du loup au début des années 1990 dans les Alpes. L'idée étant de respecter cette "espèce protégée", toujours plus nombreuse, tout en aidant des éleveurs desespérés par la multiplication des attaques contre leurs troupeaux (5 848 bêtes tuées en 2012). Adopté à l'unanimité par des associations écologistes, éleveurs, etc., membres du GNL, ce plan a fait passer de 11 à 24 le nombre maximum des loups pouvant être tués par an, après autorisation, soit 10% de sa population totale.

Or, les écologistes viennent de priver l'Etat d'un outil dont il venait à peine de se doter: l'autorisation donnée aux chasseurs de tuer un loup dans le cadre de leurs battues habituelles aux gibiers, dans trois départements de Provence-Alpes-Côte-d'Azur (PACA). Cette décision inédite du ministre de l'Ecologie, Philippe Martin, avait été prise après un été particulièrement sanglant pour les troupeaux. Mais des associations écologistes ont saisi le tribunal administratif de Nice qui a finalement suspendu la semaine dernière ces autorisations, estimant qu'elles n'étaient pas assez encadrées.

"Les éleveurs menacés"

"Victoire pour le loup !", ont réagi les associations. Mais mauvaise nouvelle pour l'Etat qui avait choisi cette voie pour pallier les défauts des autres options autorisées, et notamment les "tirs de défense renforcée", grande nouveauté du dernier "plan loup". Il s'agit, après trois attaques d'un même troupeau, d'autoriser jusqu'à une dizaine de chasseurs à se poster à proximité afin de tuer le prédateur.

L'idée est notamment "d'éduquer" l'animal, en lui faisant comprendre qu'il prend "un risque en s'approchant du troupeau", explique M. Castaner, député des Alpes de Haute-Provence. Or, "on voit les limites" de cette méthode, admet-il. "Le loup est un animal malin, super mobile. On met en place le tir de défense renforcée à proximité du troupeau, deux heures après il est ailleurs, et le lendemain, l'attaque se produit à trois kilomètres de là", explique-t-il, même s'il appelle à donner du temps à la méthode pour qu'elle s'améliore et monte en puissance.

Le "tir de prélèvement", opération lourde et "extrêmement coûteuse"

L'autre grande option reste le "tir de prélèvement", opération lourde et "extrêmement coûteuse"? selon M. Castaner, qui mobilise une compagnie de louveterie ou des fonctionnaires de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONFCS) pendant plusieurs jours, à la recherche d'une meute, et qui finit par tuer un loup sans lien avec une attaque. De leur côté, à bout, les éleveurs dénoncent un plan loup "inadapté". "Si le loup n'est plus une espèce en danger, les éleveurs de nos montagnes sont menacés", assurent ceux de la région PACA qui veulent que les loups soient régulés par meute ou encore que les tirs de défense soient autorisés au coeur des parcs naturels nationaux.

Dimanche, le Collectif des éleveurs de la région des Causses, de la Lozère et leur environnement (Cercle) a déposé un recours devant le Conseil d'Etat contre les trois arrêtés nécessaires à la mise en oeuvre du "plan loup". La prochaine réunion du GPL, qui aura lieu le 14 octobre, s'annonce agitée. Mais pour l'heure, le gouvernement garde le cap. "Je ne suis pas un écologiste hors-sol", a récemment déclaré M. Martin, précisant être en contact permanent avec les éleveurs. "Pour autant", a-t-il précisé, "je souhaite que le plan loup soit appliqué dans les années qui viennent".

Le «Plan loup» n'est pas juste selon certains éleveurs

Article publié par La Dépêche du Midi le 7/10/2013

Alors que va se tenir dans les Alpes-Maritimes, à Saint-Martin-Vésubie, du 9 au 12 octobre un symposium intitulé «Vivre ensemble avec le loup ? Hier, aujourd'hui... et demain», la controverse sur le loup reprend du poil de la bête. Avec l'automne et bientôt l'hiver, les troupeaux sont redescendus dans les vallées ou se sont rapprochés des fermes. On devrait logiquement voir diminuer le nombre d'attaques et de brebis tuées. Pour autant, au sud du Massif central, des éleveurs critiquent le «plan loup» 2013-2017.

Vingt-quatre loups à abattre

Hier, le Collectif des éleveurs de la région des Causses, de la Lozère et leur environnement (Cercle) a déposé un recours devant le Conseil d'État contre les trois arrêtés nécessaires à la mise en œuvre du plan loup 2013-2017.

Ce plan, signé en février par les ministères de l'Écologie et de l'Agriculture, encadre la protection du loup - l'animal est protégé par la Convention de Berne (1979) et la directive européenne Habitats. Mais il prévoit les conditions permettant d'en abattre, dans certaines zones, en cas de menaces avérées pour les troupeaux d'ovins.

L'un des arrêtés fixe à 24 le nombre maximum de loups dont la destruction pourra être autorisée durant la première année (2013-2014). En 2012-2013, onze canidés sauvages ont été tués, sept entre 2008 et 2012. Dans les Alpes-Maritimes, notamment dans le massif du Mercantour par lequel le loup est arrivé naturellement en 1990 en provenance d'Italie, le nombre d'attaques est fréquent au point que ce département concentrait, en 2012, 40 % des attaques au niveau national (664) et un tiers des pertes d'ovins (2 417 bêtes).

Pour les éleveurs du Cercle, «leurs intérêts ne sont pas pris en compte à la hauteur de ceux de la préservation du loup». Ils demandent donc que les mesures soient différentes selon les régions concernées. Mais la polémique est loin d'être close.

Dans les Alpes-Maritimes justement, les chasseurs qui venaient d'être autorisés à tuer des loups à l'occasion de battues aux gibiers ont été sommés de cesser, cette liberté inédite ayant été suspendue net vendredi par un juge des référés de Nice.

«L'autorisation de battues pour une espèce protégée au niveau européen constitue un recul inacceptable en matière de protection de la nature», ont souligné les principales associations écologistes, en déplorant que l'État ait pu donner «carte blanche à des chasseurs» sans aucun encadrement officiel.

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