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Disparu depuis 80 ans, le loup revient dans les Vosges

Disparu depuis 80 ans, le loup revient dans les Vosges

Article publié le 7/01/14 par 7/7

Deux ans après l'installation d'un couple de loups dans les Vosges, la récente naissance de louveteaux pourrait marquer le retour durable de l'animal dans le massif, plus de 80 ans après sa disparition, au grand dam des éleveurs qui jugent la cohabitation avec le canidé impossible.

Fin août, les équipes de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), avaient authentifié la présence de louveteaux, grâce à la technique des hurlements. Aussi originale qu'efficace, la méthode consiste à ce que les agents imitent le cri du loup à l'aide d'un cône de chantier, principalement le soir, lorsque les loups partent chasser.

Selon l'ONCFS, "des cris caractéristiques plus aigus que ceux du couple" ont établi la présence de louveteaux, sans toutefois pouvoir en déterminer le nombre. Les portées comptent généralement trois à quatre petits. Anthony Kohler, porte-parole du réseau local FERUS pour la conservation du loup et spécialiste de l'animal, se dit raisonnablement optimiste. "Les Vosges sont un habitat favorable au loup, et il pourrait y demeurer. Mais ça n'est pas encore certain", tempère-t-il.

"S'ils survivent, les louveteaux pourraient se reproduire d'ici 2 à 3 ans, mais le risque est fort qu'ils soient dispersés d'ici là. Il faudrait donc que le couple se reproduise à nouveau l'année prochaine, et qu'il ne soit évidemment ni tué, ni qu'il parte, par exemple en Allemagne, pour qu'on puisse parler d'installation durable", insiste M. Kohler.

Eleveurs exaspérés

La maladie, la malnutrition ou la prédation par d'autres animaux pourraient également avoir raison des petits louveteaux, dont le taux de mortalité moyen atteint 60% la première année. La perspective d'une installation durable du canidé, si elle réjouit les défenseurs de l'animal, exaspère les éleveurs, qui dénombrent environ 200 brebis égorgées depuis 2011. Depuis l'année dernière, cinq d'entre eux ont adopté un Patou, un chien de montagne des Pyrénées qui protège les troupeaux du prédateur.

C'est le cas de Jean-Yves Poirot, à La Bresse. Sa chienne de 65 kilos aux longs poils blancs sait en imposer face aux intrus, à commencer par les randonneurs, qu'elle accueille à coup d'aboiements féroces, en montrant les dents. "Dès qu'elle me reconnaît, elle s'arrête. Sinon, que ce soit un humain ou un animal étranger, elle attaque", décrit l'éleveur de brebis, qui a aussi installé une barrière électrifiée autour de sa parcelle. Sa "Patou" ne quitte jamais les brebis, "mais elle ne peut pas être partout à la fois: je l'ai mise sur ce lot de 150 brebis, mais j'ai d'autres lots qui ne sont pas protégés et qui sont donc vulnérables au loup", explique Jean-Yves Poirot. Pas question pour l'éleveur d'acquérir d'autre Patous, qui seraient selon lui "impossibles à entretenir, l'hiver, dans la bergerie".

Le loup synonyme de la fin de la biodiversité?

Pour Olivier Munsch, un autre éleveur établi à Ventron, "le Patou semble efficace, mais si les loups chassent en meute, il ne sera pas suffisant pour protéger toutes les bêtes". Le gros chien nourrit par ailleurs des inquiétudes chez les touristes, qu'il peut suivre, l'air menaçant, durant des kilomètres. "Le problème, c'est qu'il y a des sentiers de randonnée qui traversent les parcelles où se trouvent les brebis? et le Patou", note ainsi le maire (PS) de La Bresse, Guy Vaxelaire, pour qui "s'habituer à vivre avec le loup, c'est une hérésie".

"Si le loup reste, ce sera la fin du pastoralisme et de la biodiversité", affirme l'élu. Au niveau national, le nouveau "Plan loup" 2013-2017 entré en vigueur au printemps prévoit que 24 loups pourront être prélevés sur une population de 250 animaux. Pour l'heure dans les Vosges, seul des tirs de défense à canon lisse, peu susceptibles de tuer, ont été autorisés par le préfet. "Si j'en vois un, je tirerai sur le loup", affirme toutefois un éleveur. Jean-Yves Poirot, lui aussi, estime que seule "l'éradication du loup" est envisageable: "Et s'il revient, alors il faudra encore l'éradiquer".

Source: AFP © epa

Le loup s'en est pris à des troupeaux dans le Nord vaudois

Le loup s'en est pris à des troupeaux dans le Nord vaudois

Article publié par 24h.ch le 7 janvier 2014

On savait le loup proche du Jura vaudois. Différentes observations en France voisine (dans l'Ain, dans le Doubs près de Pontarlier) et dans le Val-de-Travers neuchâtelois ces derniers mois ne laissaient que peu de place au doute: tôt ou tard, le carnivore allait débarquer dans les forêts du nord du canton. C'est visiblement chose faite, puisque plusieurs habitants des Charbonnières ont vu l'animal, lundi à la vallée de Joux, rapporte La Région Nord vaudois dans son édition de mardi.

Des analyses doivent évidemment confirmer la nouvelle. Mais les photos de l'animal et des traces qu'il a laissées dans la neige, prises par un couple de La Côte en vacances aux Charbonnières, donnent à cette confirmation à venir l'allure d'une simple formalité.

Du reste, au vu des observations qui se sont répétées cette année tout près des frontières vaudoises, le conservateur vaudois de la faune ne s'étonne pas du tout de ces révélations. «Au début de l'été un loup a été vu dans la région de la Dôle, donc dans le canton de Vaud», précise ainsi Sébastien Sachot au quotidien nord-vaudois.

Deux attaques de troupeaux dans le Nord

Le loup a par ailleurs attaqué un troupeau le 5 décembre à Corcelles-sur-Chavornay, tuant deux moutons. L'attaque s'est produite contre un troupeau qui n'était pas gardé, dans une zone de plaine, près de villages. Des analyses génétiques effectuées par l'Université de Lausanne ont prouvé qu'il s'agissait d'un loup de la lignée italienne, revenu naturellement en Suisse. «Un loup a passé en plaine chez nous. C'est du jamais vu depuis plusieurs centaines d'années», explique Sébastien Sachot, conservateur vaudois de la faune.

Une deuxième attaque, le 6 décembre dans la commune voisine de Suchy, a tué deux autres moutons. Mais les prélèvements effectués sur les morsures n'ont pas permis de certifier qu'il s'agissait d'un loup. «L'échantillon avait été contaminé, mais il y a de fortes suspicions qu'il s'agit bien d'un loup», a expliqué M. Sachot.

Frédéric Ravussin / ATS

La détresse des éleveurs sur France Inter

les bergers malades du loup InterceptionFrance Inter a consacré dimanche 12 janvier son émission Interception à la détresse des éleveurs face aux loups. Retrouver son troupeau éparpillé, ses brebis égorgées, devoir en achever certaines constitue pour les éleveurs et leurs bergers un véritable traumatisme. A tel point que certains organismes sociaux agricoles ont mis à leur service des dispositifs spéciaux pour les aider à surmonter le choc. Pour certains éleveurs, le retour du loup sonne même la fin de leur activité. C'est à ces éleveurs, à ces bergers que Solenne Le Hen et Yvan Turk ont tendu leur micro, dans le Diois, au pied du Vercors. Leur histoire se répète actuellement partout où le loup se développe et prend les troupeaux comme cible.
Ecoutez ces témoignages dans l'émission Interception, pour mieux comprendre pourquoi faire face aux loups devient pour eux insupportables.

Ecouter "Les bergers malades du loup"

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Et si le loup s'en prenait à nouveau à l'homme ?

Et si le loup s'en prenait à nouveau à l'homme ?

Article publié le 18 décembre 2013 par France 3

Jean-Marc Moriceau est l'un des spécialistes français du loup. Cet universitaire était l'invité du 12/13 de France 3 Champagne-Ardenne ce 18 décembre 2013 avant la conférence qu'il devait donner à Troyes. Dans l'après-midi les éleveurs ont manifesté contre le loup dans les rues de la ville.

Face au retour du loup en Champagne-Ardenne, Jean-Marc Moriceau prône des mesures de compromis qui remettraient en cause le statut d'espèce protégée. © France 3 Champagne-Ardenne
Depuis qu'il a obtenu le statut d'espèce protégée, le loup recolonise naturellement le territoire. Ce constat, Jean-Marc Moriceau n'est pas le seul à le faire. Les travaux de ce chercheur de l'université de Caen seraient largement vérifiés sur le terrain par les éleveurs de moutons, notamment dans l'Aube.

Les professionnels se plaignent de plus en plus des attaques menées par ces prédateurs contre leurs troupeaux. Une trentaine d'agriculteurs manifestait d'ailleurs ce mercredi 18 décembre dans les rues de Troyes pour faire part de leur mécontentement.

Une trentaine d'agriculteurs manifestait ce mercredi 18 décembre 2013 dans les rues de Troyes pour faire part de leur mécontentement face aux dégâts occasionnés par le loup dans les troupeaux de moutons.

Selon Jean-Marc Moriceau, la disparition du loup en France au sortir de la Première Guerre Mondiale nous aurait fait perdre la mémoire. Plus personne ne se souviendrait qu'il fut dangereux non seulement pour les animaux, mais aussi pour les populations. Entre 1362 et 1918 le chercheur a dénombré 200 victimes avérée du loup en Champagne-Ardenne (91 dans la Marne, 53 dans l'Aube, 44 en Haute-Marne et 13 dans les Ardennes), principalement des enfants de 5 à 15 ans. Dans toute la France l'historien a comptabilisé 2000 victimes sur cette période.

L'universitaire décrit le loup comme un prédateur opportuniste. L'animal recherche de préférence des territoires de chasse avec des proies faciles : voilà pourquoi il attaquerait souvent les même troupeaux de brebis. Ce comportement pourrait donc selon Jean-Marc Moriceau pousser le loup à s'attaquer à nouveau à l'homme si jamais l'occasion se présentait. "On ne peut pas exclure qu'il ne soit pas une menace" souligne le spécialiste.

Alors le loup est-il inoffensif pour les populations ? peut-il redevenir dangereux ? Les citadins ont-ils tendance à l'idéaliser son image ? Pour en discuter Jean-Marc Moriceau est en conférence ce mercredi 18 décembre 2013 à l'Université Technologique de Troyes (20h30). Le chercheur lance part ailleurs un appel : il souhaiterait que les personnes intéressées qui disposeraient de documents évoquant la présence passée du loup dans la région viennent avec leurs archives.

Florent Boutet

Ce loup du Jura n'a pas peur

Ce loup du Jura n'a pas peur

Article publié par Le Matin le 31 décembre 2013

Même si l'hypothèse d'un chien-loup errant subsiste, tout porte à croire que le prédateur rôle à la frontière franco-suisse. Le cliché d'une automobiliste convainc un expert.

«Tous les critères phénotypiques relevés sur la photo sont caractéristiques de l'espèce: «Canis lupus», écrit Alain Laurent dans son rapport. L'expert français ne détient aucune preuve quant à la présence du loup dans le Jura, mais sa conviction se base sur une photo prise le 9 décembre en bordure de route, à Damprichard (F), face au Noirmont (JU): des oreilles à la queue, tout dans la silhouette et le pelage plaide en faveur du prédateur (voir encadré).

Un premier témoin de ce loup se trouvait dans une position scabreuse quand il l'a vu. Désirant se soulager dans un parking entre Frambouhans et Les Fontenelles, ce villageois avait le pantalon baissé quand il s'est senti observé: «En me retournant, j'ai vu deux grands loups noirs», témoigne ce chasseur dans L'Express/L'Impartial.

L'animal a ensuite été aperçu à Morteau puis, trois jours après la première observation, à Belfays: «Je rentrais chez moi en voiture quand je l'ai aperçu à 21 h 30 au bord de la route. Quelle émotion!» rapporte cette villageoise. Elle rentre chez elle, puis revient sur les lieux avec son ami et un appareil photo. Le loup ne s'était presque pas déplacé. Le cliché – unique – est pris à 22 h 06, juste avant que l'animal ne file à travers champs. «Il ne semblait pas apeuré, mais les traces dans la neige suggère que l'animal était blessé à une patte», précise l'automobiliste. On attribue à ce loup une brebis dévorée. On montre ses traces dans la neige. Mais la preuve irréfutable manque encore. Le dernier loup tué sur le plateau de Maîche l'a été en 1868, au Faux Verger, d'où le scepticisme régnant du côté de Damprichard: «Nous n'avons pas peur du loup», indique l'épouse du maire.

Verdict des poils

Prélevée sur un barbelé et envoyée à un laboratoire de Grenoble, une touffe de poils rendra prochainement son verdict. En attendant, les sceptiques penchent pour un chien-loup de Saarloos ou un chien-loup tchèque, dont il existe des élevages dans la région. Ces races sont plus aptes que les loups à s'aventurer sans crainte dans un village, ou à longer une route, même si trois attaques successives de moutons à Savièse (VS) se sont produites parfois à quelques mètres des habitations.

«Sans validation scientifique, une confusion avec un autre canidé est toujours possible», indique le spécialiste suisse Jean-Marc Landry. Mais la présence du loup dans l'arc jurassien lui paraît plausible: «Les voisins de mes parents en auraient aperçu un à La Heutte, au-dessus de Bienne.»

«Les jeunes se dispersent dans un vaste périmètre», poursuit le biologiste Jean-Marc Landry. Parcourir 30 kilomètres par jour, seul ou à deux, c'est facile pour un loup. «Le record homologué est de 190 km en 24 heures», précise ce spécialiste. Le loup est déjà parvenu dans les Vosges, mais s'installera-t-il en Franche-Comté, une région où le cheval et la vache priment sur la chèvre et la brebis? «Il faut se préparer à son arrivée», estime Jean-Marc Landry.

Sa progression n'est pas frontale, comme celle du lynx. Mais la présence même rare du loup en Franche-Comté a convaincu l'inspecteur environnemental Patrick Rebillard. «Les observations et les attaques se multiplient», dit-il. A défaut de moutons, le loup y trouvera des chevreuils. (Le Matin)

Vincent Donzé

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