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AG 2016 d'E&M

Lors de l'AG d'E&M, lundi 11 avril, les participants, les nombreux élus présents notamment, ont été unanimes pour affirmer la nécessité de défendre le pastoralisme et l'élevage, réaffirmant leur volonté de donner aux habitants des territoires concernés par le loup les moyens d'exercer leur profession dans de bonnes conditions, tout en assurant leur sécurité, celle de leurs familles et celle de leurs troupeaux.
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Ces prises de position très claires, notamment de la part d'Eliane Barreille, vice-présidente du Conseil régional PACA, montrent l'évolution des élus locaux à l'égard des éleveurs. Personne ne conteste les efforts qu'ils ont faits pour se protéger, efforts consentis en vain. Il n'est plus question de leur demander d'en faire davantage mais bien d'agir sur le plan européen pour obtenir que le loup ne soit plus classé "espèce protégée".

Le pastoralisme présent depuis la préhistoire

Tous les participants sont d'accord pour dire qu'il faut montrer au grand public à quel point le pastoralisme est essentiel pour ces territoires, tant sur le plan économique que pour la richesse de la biodiversité. Les éleveurs et bergers d'aujourd'hui sont les héritiers des hommes présents sur ces terres depuis la préhistoire.

DSC 0191 lightPrésent à l'AG, Denis Carel, lui-même éleveur et auteur de la motion "Loup et pastoralisme" signée par des élus Europe Ecologie Les Verts de la région, a rappelé à quel point les défenseurs du loup ont une position purement idéologique, sans aucun fondement scientifique. La similitude avec la création du parc de Yellowstone, aux Etats-Unis est inquiétante: losqu'il a été créé, les naturalistes ont commencé par expulser les Indiens qui vivaient là au prétexte qu'ils ne pouvaient pas gérer le milieu naturel. En France, les partisans du "tout sauvage" ont bien l'intention, eux aussi, d'expulser les hommes qui vivent sur ces territoires afin de laisser le loup y vivre seul.

Le loup se rapproche des hommes

Le prédateur reste un animal dangereux, particulièrement dans des zones périurbaines comme en région PACA. Son hybridation avec des chiens augmente encore sa dangerosité. Les loups se rapprochent de plus en plus des hommes, sans craindre la confrontation avec lui. Aujourd'hui, le loup est partout, à proximité immédiate des grandes villes comme Aix-en-Provence, Toulon, etc. Les éleveurs ne veulent plus de quota de prélèvements. Ils veulent avoir le droit de se défendre et de défendre leurs troupeaux.

Un plan de développement régional des territoires ruraux

Face à une prédation en constante augmentation, Yves Derbez, président d'E&M en appelle à un grand plan régional de développement des territoires ruraux et du pastoralisme qui pourrait être porté par la Maison Régionale de l'Elevage, avec le soutien du Conseil régional. De son côté, Eliane Barreille a insisté sur la volonté de Christian Estrosi de soutenir le pastoralisme qui figure dans le Schéma de développement économique qui sera mis en place par la Région en 2017. Un soutien qui passe aussi par des efforts de communication importants pour sensibiliser le grand public à l'apport des éleveurs au développement économique, social et à l'équilibre environnemental des territoires ruraux. Cet effort de communication positive correspond exactement à ce que préconise l'association E&M depuis sa création.

AG 2016 d'E&M
Discours d'Yves Derbez, président de l'association Eleveurs et Montagnes

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Monsieur le sous-préfet,
Mesdames, Messieurs les élus
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs

Ça fait maintenant plus de 20 ans, que nous, les éleveurs et les bergers, sommes critiqués, insultés, humiliés. On nous accuse de ne pas faire notre métier correctement, d'abandonner nos bêtes aux loups, de nuire à la biodiversité, et j'en passe... On a tout entendu !
Tout ça parce que nous refusons de cohabiter avec le loup ! Cette cohabitation, on nous l'a imposée. Et depuis, c'est nous qui subissons les conséquences des multiples introductions sauvages et illégales. Tout ça montre avec quel mépris on traite les hommes et les femmes qui vivent sur ces territoires, à un point qui dépasse l'imagination.
Durant ces 20 années, et aujourd'hui encore, des associations incompétentes, les services et institutions de l'Etat nous ont fait croire que la cohabitation avec le loup était possible en nous présentant en exemples l'Italie ou l'Espagne.

Mensonge et manipulation

Nous savons maintenant, notamment grâce aux réseaux sociaux, que tout n'était que mensonge et manipulation. Nos collègues italiens et espagnols souffrent tout autant que nous et ont fait les mêmes démarches que nous contre les loups.
Nous avons passé notre temps à écouter les uns et les autres, à recevoir des conseils de garde et de protection, à faire des essais et des observations. Nous avons palabré inutilement des journées entières dans des réunions interminables pour écouter des rapports de fonctionnaires qui se permettent de nous dire comment travailler alors que pour la plupart, ils n'ont jamais mis les pieds sur une estive ou dans une exploitation !

Aucun moyen n'est efficace contre le loup

Nous avons tout entendu, tous les mensonges possibles et imaginables pour nous faire admettre que si les choses se passaient mal avec le loup, c'était de notre faute...
Alors, on a joué le jeu : on a mis en place les moyens de protection, on a acheté des patous, etc.
Mais au final, aucun moyen de protection, je dis bien AUCUN, qu'il soit matériel, animal ou humain, n'est efficace contre le loup. Le CERPAM l'a confirmé à l'issue du séminaire de Valdeblore, en juin 2013.
Nous avons vu défiler de véritables apprentis sorciers, y compris de Suisse. Ils avaient tous LA solution miracle.
Christophe Castaner qui est arrivé en 2013 à la tête de cette chambre d'enregistrement qu'est le Groupe National Loup, nous a présenté SA solution à lui. Accrochez-vous bien !
Il a voulu établir la responsabilité des éleveurs et bergers pour disculper l'Etat. Il s'est permis de dire à la presse : "J'invite les Eleveurs à assumer leurs responsabilités"! - "Dans leur métier, il y a la défense du troupeau. Si ils pensent que c'est l'Etat qui va venir, qui va réguler et qui va protéger, ils se plantent (...)".

C'est à l'Etat de nous protéger!

Je rappelle à notre député que l'article L 113-1 du Code Rural lui donne tort puisqu'il dit que C'EST A L'ETAT DE NOUS PROTEGER (1). Visiblement, il ne connait pas cet article que l'Etat n'a jamais mis en pratique dans notre cas.
La prédation n'a jamais été aussi importante qu'en 2014 et 2015. Elle continue à augmenter en 2016, pour le même nombre de loups ou un peu moins. Les loups ont de plus en plus faim. Mais nous, nous ne POUVONS plus, nous ne VOULONS plus avaler toutes ces stupidités !
Le loup est une calamité pour les éleveurs mais il n'est pas la seule. Il nous faut aussi affronter les touristes confrontés aux chiens de protection qu'on nous a imposés et qui portent plainte contre nous, les mouvements écologistes qui, systématiquement, attaquent les arrêtés préfectoraux de tirs de défense.

Il y a aussi des lynx dans les Alpes-Maritimes arrivés par le train ou par génération spontanée. Pire encore, il y a le chacal doré dont personne ne parle. Cet animal qui est protégé en Europe, est aussi une espèce invasive en France où il n'a jamais existé. On nous fait croire que ce sont des renards... de gros renards ! Mais le problème, c'est qu'il s'hybride avec le loup..... Avec ce véritable foutoir écologique, que vont devenir nos territoires ?

Tant qu'il y aura des loups, il y aura de la prédation

Les loups hybrides sont protégés par la Convention de Berne. Là encore, nous avons été trompés et abusés par la Ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal. Les loups doivent normalement faire l'objet d'un suivi spécifique, mais personne ne s'en occupe. C'est tellement plus facile de dire que ce sont des loups.... Des loups qui viennent d'où ? D'Italie ou de Mongolie ? Lâchés depuis quel parc ?
L'épisode récent du Parc du Gévaudan n'est pas qu'une anecdote. C'est quelque chose qui se répète dans toute la France depuis 20 ans. La seule différence, c'est que cette fois, ce n'est pas passé inaperçu ! Est-ce la même chose pour le Lynx et le chacal doré ? Allez savoir... L'omerta est la règle dans tous les services de l'Etat et à l'ONCFS.
Dans ces conditions, prélever 32, 33, 36 ou 42 loups en France, ça n'a aucun sens. C'est aussi stupide que la procédure prévue par le plan loup. L'effarouchement revient à envoyer le loup chez le voisin. Le berger a autre chose à faire que chasser le loup et ne peut pas se défendre.
Je rappelle que le Code Rural prévoit que c'est à l'Etat de nous protéger ! Quant aux prélèvements, on ne sait plus qui doit les faire. La brigade loup est manifestement au repos forcé depuis plusieurs mois ou employée à des tâches non prévues dans l'arrêté ministériel.
Le vrai problème, c'est que, quels que soient le lieu et le nombre de loups (1, 2, 3 loups ou plus), les attaques et la prédation restent les mêmes. Tant qu'il y aura un loup sur un territoire pastoral, il y aura des prédations.

Le loup est incompatible avec le pastoralisme

Le constat, après plus de 20 ans d'observations, est évident et simple : Le loup est incompatible avec le pastoralisme. La cohabitation est IMPOSSIBLE ! Contrairement à ce qu'on a voulu nous faire croire, il en va de même dans tous les pays européens ! Et pour reprendre les propos de Laurent Garde, du CERPAM, dans un des films de Bruno Lecomte, « la cohabitation avec le loup n'existe pas sur la planète ».
Dans ces conditions, il nous falloir faire des choix et prendre des décisions. Que voulons-nous ? Que vont devenir nos territoires de montagne et de campagne et que veut-on qu'ils deviennent ?
Qui doit décider de notre avenir ?
Les fonctionnaires ? Les Ministres ? Les associations écologistes ? Ou bien les intéressés eux-mêmes ?
Si nous voulons du pastoralisme et de l'élevage extensif de qualité pour l'entretien des sols, la protection des paysages, la gestion et le développement de la biodiversité, il ne faut pas de loup sur les territoires d'élevage pastoraux, c'est-à-dire l'ensemble des territoires y compris les cœurs de Parc Nationaux.
Si nous voulons du loup, il faudra contenir les troupeaux à l'intérieur c'est-à-dire faire de l'élevage industriel, toutes filières confondues y compris en volaille. Avoir les deux à la fois, loups et élevage, c'est impossible !

Un plan régional de développement des territoires ruraux et du pastoralisme

Il faut donc arrêter de tergiverser, de rabâcher une évidence dont nos anciens étaient bien conscients: nous ne pouvons pas éradiquer le loup, le lynx et le chacal doré des zones pastorales, y compris de proximité.... Le loup se déplace plus rapidement qu'un berger.
Nous réclamons la mise en place D'UN GRAND PLAN REGIONAL DE DEVELOPPEMENT DES TERRITOIRES RURAUX ET DU PASTORALISME qui passera par l'éradication des loups des zones pastorales. Ce plan pourrait être porté par la Maison régionale de l'élevage et nous, Eleveurs et Montagnes, nous pourrions nous charger de la communication.
On ne peut plus avoir un suivi génétique digne de ce nom sauf à rentrer dans un système semi industriel où une partie du troupeau ne verrait jamais l'herbe. Si c'est ça l'avenir qu'on nous réserve, on n'en veut pas !
Inutile de dire qu'il devient impossible d'encourager des jeunes à s'installer si d'entrée, avant même de gagner le premier sou, ils doivent prévoir qu'une partie de leur troupeau va se faire dévorer ? C'est une situation inacceptable.

Moyens matériels et mesures d'incitation

Il faut donc se donner les moyens d'un véritable développement : celui d'une profession millénaire adaptée à ces territoires, pas celui du loup et des autres grands prédateurs dont on nous annonce l'arrivée. Ce développement doit être accompagné de moyens matériels et de mesures d'incitation.
Sur le plan matériel, les bergers ne peuvent plus vivre comme au 19e siècle et les éleveurs doivent avoir accès aux moyens du 21e siècle. Ça commence par des moyens d'accès aux hameaux dignes de ce nom, même pour les plus lointains. Il s'agit bien sûr de routes mais aussi de tous les moyens de communication modernes tels que la téléphonie filaire ou GSM, les liaisons numériques à haut débit, des services publics de proximité notamment des écoles, pour favoriser l'installation de jeunes avec leur famille.
Aujourd'hui, toutes les estives devraient être couvertes par le GSM et internet, qui sont des outils indispensables en matière de lien social et une nécessité pour la sécurité des personnes. On en a besoin aussi sur le plan administratif puisque TOUT est dématérialisé : la PAC, les déclarations MSA...
Les urbains bénéficient de voitures, trains, trams, etc... pour aller travailler. Nous, nous devons marcher durant des heures. Les estives doivent être accessibles par des moyens motorisés, y compris dans le cœur de Parcs Nationaux.

On n'est plus au Moyen-âge

Un berger, salarié ou non, a droit à un lieu de travail décent, avec au minimum de l'eau potable, un coin toilette, une chambre qui ne soit pas le dépôt de matériel et de croquettes pour chiens, etc...

Comment se fait-il que le Parc National des Ecrins mette en place des cabanes de jardin déplacées par hélicoptère au gré des changement d'estives et ose communiquer à la presse sur ce sujet comme étant un progrès ? Est-il normal qu'un berger et une bergère qui ne se connaissent pas soient parfois obligés de partager la même chambre, qui parfois n'est qu'une pièce commune, Est-il normal au 21e siècle de n'avoir comme toilette que le ruisseau ?
On n'est plus au Moyen-âge et nous ne sommes pas des esclaves !
Outre les aspects matériels que nous venons d'évoquer, le pastoralisme a besoin d'incitations pour se développer. La formation des jeunes en est l'un des aspects majeurs. Dans la région PACA, être berger et/ou éleveur c'est aussi être un professionnel de la montagne. Connaitre la montagne et ses risques est indispensable.
Et puis, berger est un métier saisonnier et un éleveur doit souvent avoir une deuxième activité. Il est donc indispensable d'obtenir que la formation de base donne une vision large des métiers de la montagne comme c'est le cas au lycée agricole d'Oloron-Sainte-Marie dans les Pyrénées-Atlantiques.

Formation permanente

La formation doit être permanente pour l'ensemble des exploitations et à des tarifs abordables. Les éleveurs ont besoin de l'assistance de techniciens qui conseillent et forment. Pour nous développer, nous avons également besoin d'un suivi génétique de nos races en relation avec la MRE, de manière permanente.
Toutes ces mesures données à titre d'exemples, sont indispensables pour redémarrer les activités pastorales abandonnées, livrées à elles-mêmes, depuis près de 20 ans, alors qu'elles ont fait la notoriété de notre région.
C'est aussi à travers ces activités que nous pouvons produire des produits de qualité, aujourd'hui recherchés, qu'ils soient sous label ou non. C'est la clef de notre avenir. Si nous n'obtenons pas un tel plan de développement, alors le pastoralisme est condamné.

Faut-il rappeler une autre évidence : la biodiversité de notre région ne se limite pas aux loups, aux hybrides ou aux chacals dorés arrivés par génération spontanée et dont on s'abstient de parler pour éviter un nouveau scandale. La biodiversité, ce ne sont ni les parcs nationaux ni les réserves en tous genres. La biodiversité s'est créée avec le temps, sans aucune contrainte ni asservissement.
La biodiversité de nos montagnes et de nos plaines est le résultat du travail de l'homme et de ses bêtes au cours des millénaires. Les éleveurs et bergers actuels sont les héritiers de ceux qui ont construit ces cabanes et tracé ces chemins utilisés par le tourisme de randonnée, dans l'ignorance la plus parfaite de l'histoire. Ce n'est pas en interdisant et en réglementant à tout va que nous protégerons la biodiversité. C'est en favorisant le pastoralisme.

Miser sur la communication pour faire changer les mentalités

Dans ce domaine, il y a fort à faire pour changer les mentalités ! Et la seule façon d'y arriver, c'est de miser sur la communication.
Pendant plus de 20 ans, des associations dites de « protection de la nature » ont été grassement subventionnées par l'Etat et la région pour communiquer sur le loup et pour expliquer au public que le loup est un gentil toutou avec lequel il est possible de cohabiter. On leur a donné des millions d'euros pour ça. Imaginez ce que nous pourrions faire si nous avions de tels moyens !
Parce que pendant plus de 20 ans, il n'a été question que du loup, jamais du pastoralisme, encore moins de la qualité des productions, de la formation et de l'assistance des bergers, de l'entretien des paysages, de la biodiversité ou du développement durable.
Aujourd'hui, il faut absolument inverser cette tendance. Et là, Mesdames et Messieurs les élus, la balle est dans votre camp. Le loup est qu'un élément de la biodiversité parmi d'autres, en bout de chaine, rien de plus. Nous pouvons nous en passer comme ce fut le cas durant un siècle dans toutes les régions de France.
Par contre, nous ne pouvons pas nous passer d'autres animaux comme le pacage des prairies ou le bousier qui alimentent la terre. Nous ne pouvons pas accepter de voir nos paysages détruits par l'ensauvagement parce qu'ils sont indispensables à notre travail mais aussi à notre vie quotidienne et notamment pour le tourisme. L'herbe, c'est la nourriture de nos bêtes. Nous devons la respecter et la faire respecter par tous.
Les principaux protecteurs de l'environnement depuis des millénaires, C'EST NOUS, personne d'autre. Nous devons le dire et en convaincre le grand public. Mais pour y arriver, nous avons besoin de votre aide, Mesdames et Messieurs les élus. Donnez-nous les moyens de faire savoir tout cela !

Nous devons parler de la qualité de nos produits

Nous devons parler aussi de la qualité de nos produits, pour réfléchir ensemble comment développer une commercialisation de proximité tant pour les populations locales que pour les touristes. Nous devons parler de nos activités, de ce que nous faisons pour la collectivité.
Ceci suppose de la part de l'Etat, des Parcs Nationaux et des réserves de la Région un changement de discours et de comportement. Le premier signe de changement serait de remettre en cause ce qui se passe au Parc Alpha qui est plus une succursale du WWF et de Férus qu'un élément de la politique de développement régional.
Nous, les éleveurs qui vivons et travaillons sur ces territoires depuis plusieurs générations, avons beaucoup à apporter à notre région. Ça aussi, aidez-nous à le faire savoir !
C'est à nos élus, politiques et consulaires de prendre des initiatives de projets de développement, comme d'autres massifs ont su le faire avant nous et avec des résultats.
Le temps des palabres, des rapports sans lendemain de fonctionnaires qui cherchent seulement à justifier leurs emplois doit cesser. Ça fait 20 ans qu'on écoute des apprentis sorciers qui sont directement responsables de la catastrophe écologique, sociale et économique dont nous sommes victimes. Ça a assez duré !
Nous ne voulons plus être les victimes de cette bande d'irresponsables. Nous, bergers et éleveurs, nous voulons devenir les acteurs à part entière du développement régional. Le loup est dans l'immédiat, un obstacle majeur à cet objectif. Il doit être éliminé, comme ont su le faire nos anciens.
Cette page absurde de notre histoire créée par des fonctionnaires militants de l'écologie et des charlatans en tous genres, doit être tournée. Nous devons passer à la phase de reconstruction et à ce grand plan régional de développement, discuté, élaboré, et partagé par toutes celles et ceux qui vivent à nos côtés.
Mesdames et messieurs les élus, c'est cela que nous attendons, rien d'autre.

Yves Derbez


(1) - L'article L 113-1 du Code Rural stipule que « Par leur contribution à la production, à l'emploi, à l'entretien des sols, à la protection des paysages, à la gestion et au développement de la biodiversité, l'agriculture, le pastoralisme et la forêt de montagne sont reconnus d'intérêt général comme activités de base de la vie montagnarde et comme gestionnaires centraux de l'espace montagnard ».
Ce même article indique ensuite que « En conformité avec les dispositions des traités instituant la Communauté économique européenne, le Gouvernement, reconnaissant ces rôles fondamentaux de l'agriculture, du pastoralisme et de la forêt de montagne, s'attache à ...... Assurer la pérennité des exploitations agricoles et le maintien du pastoralisme, en particulier en protégeant les troupeaux des attaques du loup et de l'ours dans les territoires exposés à ce risque. »

Des élus ELLV remettent le loup en question

Plusieurs élus EELV de la région PACA viennent de signer la motion LOUP et PASTORALISME qui reconnait l'importance du pastoralisme en France et demande qu'on reconsidère les politiques en faveur du loup. La motion fait grand bruit parmi les écologistes et montre que les mentalités commencent peut-être à évoluer. Enfin ! Cette motion reprend en quasi totalité tout ce que nous demandons depuis des années. Mais cette fois, ce sont des écologistes qui le disent...

La motion "LOUP ET PASTORALISME

– Réaffirme son engagement sans faille, en faveur du pastoralisme présent depuis des millénaires dans nos espaces montagnards alpins et méditerranéens.
– Reconnaît que cette activité pastorale joue un rôle essentiel de structuration des milieux naturels, que ce soit en terme économique, social, au titre de la gouvernance alimentaire locale, ou pour les bénéfices environnementaux qu'elle génère (ouverture des milieux, maintien de l'équilibre organique des
sols favorable à la biodiversité globale, prévention des risques). Sans compter la dimension culturelle, ancrée dans notre patrimoine historique et porteuse encore aujourd'hui de sens, à travers des territoires peuplés et vivants, ou la reconnaissance de la transhumance comme patrimoine culturel mondial de
l'humanité, par l'UNESCO.
– Rappelle que les grandes espèces emblématiques (loup, ours, lynx, etc) ne sont qu'un indicateur parmi d'autres de la biodiversité, et que l'action nécessaire en faveur du maintien en bon état de conservation de la biodiversité globale, ne peut se réduire à la seule défense de ces grandes espèces emblématiques.
À titre d'exemple, 80% de la biomasse globale est présente dans le sol, dans la couche d'humus, sous forme microbiologique.
– Constate l'échec de la politique actuelle de cohabitation forcée avec le loup imposée aux éleveurs, qui a été menée en France depuis 20 ans par les différents gouvernements. Pour mesurer l'échec de cette politique, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Plus de 80% des attaques ont eu lieu sur des troupeaux qui ont mis en oeuvre la totalité des mesures de protection préconisées dans le plan loup, à savoir le regroupement nocturne, les parcs électrifiés, et la présence
des chiens patous. Malgré ces mesures de protection présentées comme la seule alternative possible à la prédation, en 20 ans les pertes annuelles d'animaux sont passées de 200 à plus de 9000.
Pour les seules Alpes Maritimes 2539 bêtes tuées par le loup en 2013, 2835 en 2014, 3413 en 2015.
– Constate que cet échec est directement lié au choix initial fait par la France en 1992 de placer le loup sous statut d'espèce strictement protégée, alors que l'espèce, dont la population est très dynamique, n'est nullement menacée de disparition, et qu'elle recolonise même de nouveaux territoires. Le loup, animal très opportuniste et adaptable, a parfaitement su tirer profit de ce statut pour spécialiser son comportement de prédation sur les troupeaux. Si la menace principale pèse aujourd'hui sur le pastoralisme, demain il en ira sans doute de la sécurité des personnes, mais aussi de la perte du génome loup liée aux cas inévitables d'hybridation avec les chiens, déjà attestée dans une proportion de 10 à 40% des individus étudiés en Italie.
– Affirme qu'il est temps de changer radicalement de paradigme. Il ne peut y avoir de principe de symétrie entre la proie et le prédateur. Lorsque le prédateur est protégé, la proie ne s'adapte pas, elle disparaît. Ce n'est donc pas aux éleveurs de s'adapter à la prédation, mais au loup de s'adapter à la présence
du pastoralisme. La condition de conservation dans nos territoires d'une population de loups passe donc par le fait de rendre la prédation sur troupeaux, la plus meurtrière possible pour la meute par tous moyens létaux, et cela en situation d'approche. La politique suivie actuellement revient à sélectionner un loup délinquant, car l'obtention finale de la proie (la brebis) vient systématiquement récompenser l'effort de contournement des mesures de protection.
Il s'agit donc d'inverser la menace, et que la frayeur change de camp, en rendant toute approche de l'environnement humain par la meute, impossible, ou d'une extrême dangerosité.
– En conséquence de quoi, EELV PACA demande à ce que la France se mobilise pour que l'espèce canis lupus soit sortie du statut d'espèce strictement protégée, que ce soit dans la directive habitat ou dans la convention de Berne, de façon à ce que les individus ou les meutes les plus meurtriers, soient éliminées dès qu'ils sont en situation d'approche, et non plus seulement dans un cadre dérogatoire, comme c'est le cas aujourd'hui. Pour rappel, la convention de Berne comporte 4 annexes listant le degré de protection des espèces (faune ou flore). Il s'agit donc de se mobiliser pour que le loup soit inscrit à l'annexe III (espèces de faune protégées), et non plus à l'annexe II (espèces de faune strictement protégées)
– Cette mission de régulation de la population des loups ne peut être confiée qu'à un corps de louveterie (ONCFS) spécialement formé à cet effet, ayant acquis des compétences qui font aujourd'hui cruellement défaut en France en matière de comportement du loup. Ce corps devra être entrainé aux différentes
techniques de repérage et de piégeage qui existent aujourd'hui au niveau international, dans tous les grands pays qui ont choisi de conserver une population de loups, tout en se donnant les moyens de réguler leur population en fonction des dégâts commis.

Signataires :
Denis Carel (GL Brignoles), Lionel Martin (GL Comtat Venaissin 84), Pascal Noël (GL Brignoles), Denise Reverdito (GL La Seyne), Elisabeth Roux (GL La Ciotat), Michel Passebois (GL Brignoles), Philippe Bregliano (GL Brignoles), Jean Noël Montagné (NICE), Jacques Perez (GL NICE), Elise BELTRAME (GL LA SEYNE
SUR MER), Bernard Leterrier (Maire de GUILLESTRE), Pierre GAUGAIN (Coopérateur GL BRIGNOLES).

Le 11 avril, rendez-vous à Sisteron

Défendons ensemble nos territoires ruraux !

La situation des éleveurs confrontés aux loups n'a cessé de se dégrader. Venez vous exprimer lors de notre assemblée générale. Notre association régionale tente de faire entendre au niveau national et européen le désarroi de notre profession face à la prédation. Dans ce dossier qui divise toujours le grand public, ignorant ses conséquences pour nous et pour nos communes rurales, il nous semble essentiel de faire savoir l'importance du pastoralisme pour notre pays.

Quel avenir pour nos communes ?

Malgré les prélèvements effectués ces derniers mois, les choses s'aggravent année après année. Nous pensons qu'il n'est plus temps de polémiquer mais bien de trouver des solutions pour savoir quel avenir nous réservons à nos territoires ruraux. Qui doit en décider ? Les populations qui y vivent et y travaillent auront-elles leur mot à dire ? Allons-nous laisser condamner des professions pour ensauvager entièrement des pans entiers de notre pays au profit des loups. Il est essentiel que nos élus s'expriment aussi à ce sujet.

Nous vous convions à l'

Assemblée générale d'Éleveurs et Montagnes
Lundi 11 avril 2016, à 14h30,
salle de l'Alcazar, à Sisteron

Profitons de ce moment de rencontre pour dialoguer et pour montrer votre soutien à l'élevage et notamment à notre belle filière ovine.

Soutenez l'élevage !

N'en déplaise aux défenseurs du loup, l'élevage, et plus spécifiquement l'élevage ovin, est une filière d'avenir. Précieuse en ces temps de crise, il faut impérativement la protéger des prédateurs de toutes sortes. Notre avenir dépend de notre capacité à être solidaires dès maintenant. Nous vous espérons très nombreux à nos côtés, le 11 avril prochain, pour en débattre ensemble.
Comptant sur votre présence,

Sincèrement vôtre
Yves-Louis Derbez
Président d'E&M

Merci de confirmer votre présence au 06 71 30 41 18 ou par mail sur Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

ON NOUS A TROMPES

Discours d’Yves Derbez

Foire de Seyne-les-Alpes

Samedi 10 octobre 2015

Depuis plus de 20 ans, on nous fait croire que la cohabitation avec le loup est possible. On a passé beaucoup de temps à écouter les uns et les autres, à recevoir des conseils de garde et de protection, à faire des essais. Au départ, on a voulu faire preuve de bonne volonté, on a suivi ces conseils. Aujourd’hui il faut l’avouer: on nous a fait palabrer des heures inutilement dans des réunions, écouter des rapports de fonctionnaires et pseudo-spécialistes qui, bien souvent, n’ont jamais mis les pieds sur une estive ou même dans une exploitation... ON NOUS A TROMPÉS.

Nous avons entendu tous les mensonges possibles et imaginables. On nous a dit notamment que la cohabitation se passait bien en Espagne, en Italie et ailleurs. C’est faux ! Et le pire, c’est qu’on nous a presque fait admettre que nous sommes de mauvais bergers, incapables de garder nos bêtes ! Et si elles se font dévorer, c’est de notre faute, en somme…

On a vu défiler des apprentis sorciers qui avaient tous la solution miracle, des illuminés qui venaient nous donner des leçons et nous apprendre notre métier. Mais dans le genre folklorique, le clou du spectacle a été l’arrivée de Christophe Castaner en 2013 ! Lui aussi, il avait SA solution : établir la responsabilité des éleveurs et bergers pour disculper l’Etat. Lui qui n’a jamais fait la différence entre pouvoir législatif et exécutif, s’est mis à présider cette grande machine à palabres faite pouramuser le public qu’est le Groupe National Loup.

Il est bien triste et regrettable de dire que notre député C Castaner, lui aussi nous a trompé. Maisaux médias, il s’est permis de déclarer, je cite : " J'invite les Eleveurs à assumer leurs responsabilités"! - "Dans leur métier, il y a la défense du troupeau. Si ils pensent que c'est l'Etat qui va venir, qui va réguler et qui va protéger, ils se plantent (...)".

Depuis, il veut faire de nous des cow-boys armés, une nouvelle fonction qui n’est prévue dans aucune école de berger, pas même dans les formations, au contenu très discutable d’ailleurs, financées par le Conseil Régional.

Mais Monsieur Castaner oublie que l’Etat a des obligations régaliennes. La première et l’une des plus fondamentales, c’est la protection des biens et des personnes ! C’est à l’Etat de protéger les troupeaux et les exploitations, pas aux éleveurs et aux bergers de se transformer en chasseurs professionnels, obligés de payer un permis de chasse pour défendre leur troupeau, et leur famille !

Il serait temps que la France applique LA LOI : l’article L 113-1 du Code Rural stipule que « Par leur contribution à la production, à l'emploi, à l'entretien des sols, à la protection des paysages, à la gestion et au développement de la biodiversité, l'agriculture, le pastoralisme et la forêt de montagne sont reconnus d'intérêt général comme activités de base de la vie montagnarde et comme gestionnaires centraux de l'espace montagnard ».

Ce même article indique ensuite qu’« En conformité avec les dispositions des traités instituant la Communauté économique européenne, le Gouvernement, reconnaissant ces rôles fondamentaux de l'agriculture, du pastoralisme et de la forêt de montagne, doit s'attacher à « Assurer la pérennité des exploitations agricoles et le maintien du pastoralisme, en particulier en protégeant les troupeaux des attaques du loup et de l'ours dans les territoires exposés à ce risque. »

Depuis des décennies, les services de l’Etat n’ont JAMAIS respecté les obligations liées à cet article !

Depuis plus de 20 ans, nous sommes sans arrêt critiqués et humiliés. On nous fait passer pour de mauvais bergers. Pourtant, au cours du séminaire organisé par le CERPAM et la Chambre d’Agriculture des Alpes-Maritimes à Valdeblore, il a été démontré qu’il est IMPOSSIBLE pour nous d’aller plus loin en matière de protection. Laurent Garde, écologue au CERPAM, le répète fort justement : nous sommes arrivés au bout de ce qu’il était possible de faire. Les services de l’Etat étaient tous représentés à Valdeblore mais tout ce beau monde fait comme s’il n’avait rien entendu…

En matière de loup, le constat, après plus de 20 ans d’observations, est simple, et contrairement à ce qu’on a voulu nous fait croire, il est identique dans tous les pays européens : la cohabitation n’est PAS POSSIBLE ! Il va falloir qu’on fasse des choix en modifiant notre législation. Que veut-on ? Du pastoralisme et de l’élevage de montagne de qualité, ou bien des loups ? Avoir les deux à la fois, c’est impossible !

Si l’Etat choisit le pastoralisme et des productions de qualité, il doit en tirer les mêmes conséquences que nos anciens : c’est-à-dire l’éradication du loup. En fait, on ne sait même pas s’il s’agit vraiment de loups ou de chiens-loups puisqu’aucune étude n’existe. Rien n’a été fait depuis la dernière recommandation de la Convention de Berne concernant les hybrides.

Pour notre part, nous optons pour une éradication rapide du loup et la mise en place d’un grand plan de développement du pastoralisme et de l’élevage de qualité en montagne, toutes filières confondues.

Ça fait plus de 20 ans que notre sort est directement lié à celui des loups. Ça a trop duré ! A l’exception de quelques associations extrémistes qui militent pour le « tout sauvage », sans présence humaine, associations toujours très largement subventionnées par les pouvoirs publics, nous savons tous que l’élevage de montagne contribue « à l'entretien des sols, à la protection des paysages, à la gestion et au développement de la biodiversité ». Alors pourquoi ne fait-on rien pour en assurer le développement ?

Nous avons des cabanes lamentables, souvent sans eaux et sans toilettes. On nous impose de fait des bergers permanents alors que nous ne sommes pas en mesure de respecter la législation du travail en matière de logement des salariés et de la protection sanitaire des personnes. Rien, ou si peu, n’a été fait en matière de communication GSM et numérique alors que la gestion d’une exploitation passe aujourd’hui impérativement par Internet. De trop nombreuses estives ne sont toujours pas désenclavées ce qui rend de plus en plus difficile de trouver des bergers salariés….

La liste de nos difficultés est encore longue, très longue, sans parler de la formation et de l’installation des jeunes dans un contexte que les pouvoirs publics, seuls responsables, ont rendu lamentable.

En regard de ces besoins pour la survie de nos alpages, pour la vie de nos vallées, on apprend [séminaire du 24 septembre au Conseil départemental] qu’au titre des fonds FEADER, destinés au développement rural en Paca, 32 M€ sont affectés à la prédation (oui je répète 32 M€) et 4 pauvres petits millions au pastoralisme. N’était-ce pas une véritable provocation ???

Le développement du pastoralisme dans un contexte de développement durable est le seul garant du développement de la biodiversité, de la paix sociale et de l’avenir économique de nos vallées. L’agriculture de montagne est le complément indispensable au développement touristique par le maintien d’une vie valléenne, de liens sociaux avec les citadins et la fabrication de produits de qualité.

Il nous parait indispensable de très vite penser à l’avenir en élaborant un grand plan de développement du pastoralisme à l’échelle de la région. Il faut abandonner les palabres inutiles autour de la gestion des chiens de protection, de plus en plus problématique pour le tourisme. Arrêtons ces stratégies administratives toutes plus délirantes les unes que les autres qu’on cherche à nous faire avaler au sein de ce machin sans consistance juridique qu’est le GNL.

Il faut passer à la vitesse supérieure à partir de structures légales telles que le Comité de massif. Les Pyrénéens l’ont fait en supprimant le Groupe National Ours. Pourquoi pas nous ? Il faut aussi que nos chambres consulaires se mettent au travail pour élaborer un plan partagé entre tous. Notre avenir professionnel ne doit plus dépendre uniquement de l’environnement et des DREAL. Nous pourrons voir, au moins une fois dans notre vie, un Ministre de l’agriculture venir enfin sur le terrain, parler avec nous de développement de l’agriculture de montagne et non des loups.

Il est insupportable de constater que depuis plus de 20 ans, seul le loup s’impose au nom d’un grand mensonge mis en place par quelques hauts fonctionnaires aidés par les idéologues du tout sauvage. Une lettre du Président de la République François Hollande et une autre de la Ministre de l’écologie, Ségolène Royal, prouvent sans la moindre ambiguïté, qu’il y a bien eu introduction. Le témoignage enregistré et filmé d’un garde du Parc des Abruzzes le confirme ainsi que de nombreux autres faits. Cessons de nier cette réalité etposons-nous les deux vraies questions majeures pour notre avenir :

Que veut-on faire de nos territoires de montagne ? Qui doit décider de notre avenir, de notre vie et nos modes de travail ?

Soit nous sommes dans une République démocratique et c’est à nous, habitants des vallées, d’en décider, et à nous, éleveurs, de dire de quelle manière nous voulons et pouvons travailler, soit nous sommes dans une dictature et tout nous est imposé par le haut comme l’a été le loup en 1992 et probablement avant.

Ça fait 20 ans qu’on écoute des apprentis sorciers, souvent directement responsables de cette catastrophe écologique, sociale et économique. Ça suffit ! La seule chose qui ait évolué positivement, ce sont les chiffres des prédations. Le temps des palabres, des rapports sans lendemain, de dizaines de millions gaspillés de fonctionnaires qui cherchent seulement à justifier leurs postes, doit cesser. Aujourd’hui, la seule solution acceptable est celle choisie par nos anciens : l’éradication du loup et rapidement.

Cette page stupide de notre histoire, créée de toutes pièces par des idéologues et fonctionnairesirresponsables, doit être tournée. C’est à l’Etat d’assumer pleinement ses responsabilités en faisant respecter notre législation en faveur de l’élevage de montagne. C’est aux élus, notamment régionaux, départementaux et consulaires, de prendre des initiatives de projets de développement, comme d’autres massifs ont su le faire avant nous et avec des résultats.

Monsieur le Préfet et Messieurs les élus, nous avons un grand chantier à lancer pour l’avenir de nos territoires mais aussi de nos familles ! Nous avons pris 20 ans de retard dans de nombreux domaines. Alors, soit nous relevons le défi, soit nous abandonnons. La balle n’est pas seulement dans le camp des éleveurs. Elle est aussi et surtout dans votre camp !

Nous devons passer à une phase de reconstruction, sans l’intervention de charlatans et d’amateurs, avec un grand plan régional de développement discuté, élaboré et partagé entre professionnels.

Mesdames et messieurs les élus, c’est cela que nous attendons. Rien d’autre !

Communiqué de presse de l'Union pour la Sauvegarde des Activités Pastorales et Rurales

Communiqué de l'Union pour la Sauvegarde des Activités Pastorales et Rurales (USAP)

Janvier 2016

Pastoralisme et prédation des loups : des maires s’expriment

Nous, élus de montagne ou de zones rurales, ne pouvons rester silencieux devant les arguments exposés par les associations appelant à manifester le 16 janvier à Lyon ou le 17 janvier à Nice contre les mesures gouvernementales autorisant le prélèvement d'un quota de loups en France.

Ces arguments témoignent d'une conception de la vie et de l'aménagement de nos territoires à laquelle nous ne pouvons souscrire en aucune façon. La réalité que nous vivons n'a rien à voir avec ce qu'en décrivent les associations appelant à manifester.

Nous refusons que nos communes deviennent des zones ensauvagées, dont le "dynamisme" devrait venir de la présence d'un tourisme en quête de rencontre avec la "vie naturelle". Le tourisme ne se construit pas autour des villages morts, des sentiers en friche, des paysages obturés par les bois et broussailles.

Nous affirmons avec force la nécessité d'un pastoralisme vivant, indispensable à la qualité et à l'ouverture de nos espaces, au maintien de leur biodiversité, comme aux équilibres sylvicoles.

Nous tenons à réaffirmer fortement que :
-    le travail des éleveurs est un pilier incontournable de l'économie de la montagne et de la ruralité, source de produits de proximité et de qualité
-    les paysages pastoraux et les produits de l'économie pastorale sont des éléments moteurs de l'économie touristique (alors que la présence des chiens de protection devient une difficulté majeure dans la gestion des activités estivales).
Nous appelons les associations à la plus grande réserve dans leurs assertions :

-    Les difficultés qu’engendre la présence du prédateur ne sont pas une spécificité française. En Norvège, en Italie, en Espagne… les témoignages se multiplient, dénonçant le mythe d’une cohabitation réussie.
-    Rien ne permet de dire que la conservation de l'espèce soit menacée par les tirs de prélèvement effectués, dont le nombre est de toute façon en deçà de ceux autorisés en connaissance de cause.
 
Nous déplorons qu’elles ne prennent pas en compte ce que notre expérience d’élus locaux, présents jour après jour dans leurs communes,  nous permet de confirmer :

•    Le changement de comportement des loups qui contournent les dispositifs de protection et perdent leur crainte de l'homme
•    Les difficultés croissantes et généralisées des éleveurs confrontés au loup conduisant à la mise en péril de leur activité, voire à l'abandon des projets d’élevage.
•    Le constat de l’inefficacité des mesures de protection mises en œuvre depuis 25 ans.

Nous rappelons l’existence des Motions du Col du Glandon 2014 et 2015, soutenues dans leurs versions initiales par 420 collectivités locales, qui affirment la nécessité d’une réelle régulation du loup comme celle d’une révision de son statut d’espèce strictement protégée.
Le devenir de nos territoires ne peut se décider sans tenir compte de l’avis des personnes qui l’habitent et de ceux qui le font vivre. Nous ne refusons en aucun cas d’en débattre, mais sans préalables partisans qui sont un frein à la recherche de solutions pérennes.

  • André Baret, Maire de Hures-la-Parade (48)
  • Pierre-Yves Bonnivard Maire de St-Colomban-des-Villards (73)
  • Antoine Chrysostome Maire de Corsavy (66)
  • Jacqueline Dupenloup Maire de-St-Alban-des-Villards (73)
  • Nicolas Jaubert, Maire de Chateaufort (04)
  • Alain Matheron,
  • Maire de Lus-la-Croix-Haute (26)

 

- Siège social : Mairie – chef lieu – 73130 Saint Colomban des Villards

Coordinatrice : Cathy Davoine – Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. – 06.15.81.84.30

Téléchager le communiqué de l'USAP

 

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