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Le cri d'alarme des éleveurs face aux "loups hybrides"

Le cri d'alarme des éleveurs face aux "loups hybrides"

Article publié par Haute Provence Info le 28 novembre 2014

Tous les représentants du monde de l'élevage étaient réunis ce vendredi soir à Manosque pour dénoncer le projet européen de protection des chiens-loups.

Le cri d'alarme des éleveurs face aux "loups hybrides"

La mobilisation des éleveurs et des bergers s'étend semaine après semaine. De nombreuses manifestations et mouvements ont été organisés cette semaine, pour protester contre les attaques de plus en plus importantes du loup, et ainsi faire entendre "nos revendications".
Ce vendredi 28 novembre, les différents organismes se sont réunis en début de soirée à Manosque pour exprimer leur exaspération, leur colère face à la situation, et ainsi "parler d'une seule voix. La situation est grave et cela ne peut plus durer", expliquent les représentants des différentes organisations d'éleveurs. "27 départements sont aujourd'hui touchés par le loup", a rappelé Jean-Paul Comte, président de la FDSEA04.
"Aujourd'hui le loup est dans toute la France, et les éleveurs, sont tous solidaires, car si cela continue il n'y aura plus de mouton, plus de berger, et toute une filière va disparaître", a expliqué Francis Solda, président de la FROSE (Fédération Régionale Ovine Sud-est). Leur crainte va au-delà aujourd'hui et un texte européen pourrait accroître leurs problèmes.
En effet, le Comité Permanent de la Convention de Berne qui se tiendra à Strasbourg du 2 au 5 décembre, étudiera un projet d'extension de la convention sur les croisements entre les loups sauvages et les chiens, les loups hybrides. C'est-à-dire que les loups hybrides seraient protégés, au même titre que les loups sauvages.

"Une aberration pour l'élevage "

Pour les éleveurs, ce projet est "grave et dangereux. C'est une aberration pour l'élevage. On sait que ces hybrides attaques davantage les troupeaux", affirme Yves Derbez, éleveur dans la vallée de l'Ubaye et président de l'association éleveurs et montagnes.
Aujourd'hui, les éleveurs "demandent qu'on abatte ces chiens-loups par mesure de précaution, y compris au-delà des quotas, même sur le territoire des parcs nationaux. Nous demandons la mise à disposition publique des analyses génétiques et de toutes les données scientifiques permettant de justifier qu'il s'agit d'un loup ou non. Et nous demandons à l'Europe de renoncer à ce projet de protéger les chiens loups".
Excédés, les éleveurs "veulent vivre de nos métiers. Aujourd'hui, avec le loup, toute une filière est touchée, en danger, tout un territoire. Cela remet en cause beaucoup de choses pour l'avenir". Et comme l'a affirmé Frédéric Esmiol, président de la Chambre d'agriculture 04, "il ne faudrait pas que le scénario tourne au désastre..."

Le député "contre la protection des loups hybrides "

Dans leur combat, les éleveurs ont été rejoints ce vendredi par le député Christophe Castaner qui "dit non à la protection des loups hybrides. Le dossier est aujourd'hui suffisamment sensible pour éviter de le complexifier un peu plus !" Dans un communiqué, il affirme que "Ségolène Royal, ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, et Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, m'ont confirmé que la France votera contre ce projet".
Guillaume Messien

Nombreux soutiens d'élus aux éleveurs

IMG 20141206 102810 light Mobilisés contre le projet d'extension de la convention de Berne aux hybrides du loup, les éleveurs de la région PACA ont manifesté à Peipin, samedi 6 décembre, devant les maires des Alpes-de-Haute-Provence réunis pour leur congrès.

Yves Derbez, président d'Eleveurs et Montagnes, s'est exprimé devant les maires et en présence du député Christophe Castaner, de Colette Charriau, vice-présidente du Conseil régional, du sénateur Jean-Yves Roux et de Patricia Willaert, préfet du département des AHP. Les élus ont longuement applaudi les propos d'Yves Derbez. A l'issue de la manifestation, les éleveurs et leurs représentants ont pu longuement dialoguer avec les maires et leur ont proposé de signer une motion appelant à la défense du pastoralisme et de l'élevage. 70 maires, conseillers généraux et élus du département l'ont signée. La manifestation s'est ensuite terminée dans le calme. Et les signatures continuent d'arriver par mail et sur Facebook.

DSC 0971lightLes signataires de la motion

M. Jean-Yves Roux, sénateur des AhP (04)
M. Christian ESTROSI, député des Alpes-Maritimes, président de la Métropole Nice Côte d'Azur
M. Clément, 1er vice-président du Conseil général 04
Mme Françoise BERENGUIER-BOYER, conseillère générale du canton de Digne-ouest (04)
M. Daniel Spagnou, maire de Sisteron (04)
Mme Patricia Granet, maire de Digne-les-Bains (04)
M. Briche, maire honoraire de la Brillanne (04)
M. Arthur Richier maire honoraire
M. le maire de Vaumeilh (04)
M. Serge Prato, maire de Saint André les Alpes (04)
M. Decrieu, maire de St Martin les Eaux (04)
M. Alain Michel, maire de Piégut (04)
M. Frédéric Dauphin, maire de Peipin (04)
M. Daniel Jugy, maire d'Aiglun (04)
Mme Chantal Chaix, maire de Salignac et vice-présidente de la CCLVD (04)
M. Gilbet Cordier, maire honoraire de Pierrevert (04)
M. Jean-Charles Barghini, maire de la Brillanne (04)
M. Carnel Dominique, maire d'Entrepierres (04)
M. Jean-Louis Chabaud, maire de Barrême (04)
M. Alain Coullet, maire de Moriez (04)
M. Gérard Dubuisson, maire de Thézé (04)
M. Francis Hermitte, maire de Seyne les Alpes (04)
M. Khaled Benferhat, maire de Saint Etienne les Orgues (04)
M. ou Mme le maire de l'Hospitalet (04)
M. ou Mme le maire de Saumane (04)
M. ou Mme le maire de Fontienne (04)
M. Jean-Yves Sigaud, maire de Turriers (04)
M. ou Mme le maire de Villard Colmars (04)
M. ou Mme le maire de Saint Geniez (04)
M. ou Mme le maire de Melve (04)
M. ou Mme le maire de Aubenas les Alpes (04)
M. ou Mme le maire honoraire de Bellafairre (04)
M. ou Mme le maire de Reillanne (04)
M. ou Mme le maire de Ste Croix à Lauze (04)
M. ou Mme le maire honoraire de Puimoisson (04)
M. ou Mme le maire de la Motte du Caire (04)
M. ou Mme le maire honoraire de Allons (04)
Mme Guirand, adjointe honoraire d'Allos (04)
M. Jacques Boetti, Conseiller Général (04)
Mme Eliane Bareille, Conseillère Régionale (04)
M. Balique, maire de le Vernet (04)
M. Baumel, maire de Céreste (04)
M. Roger Masse, mairie de la Bréole (04)
M. ou Mme le maire de Chateauneuf, Val Saint Donnat (04)
Mme Patricia Brun, maire de Moustiers Ste Marie (04)
M. ou Mme le maire de Prads Hte Bléone (04)
M. ou Mme le maire de Turriers (04)
M. ou Mme le maire de Villemus (04)
M. ou Mme le maire de Montjustin (04)
M. ou Mme le maire de Bras d'Asse (04)
M. ou Mme le maire de Banon (04)
M. ou Mme le maire de Le Caire (04)
M. ou Mme le maire de Vachères (04)
Mme Régine Ailhaud, maire de Champtercier (04)
M. ou Mme le maire honoraire de Champtercier
M. le représentant du président du Conseil Général des Ahp (04)
M. ou Mme le maire de Lambruisse (04)
M. ou Mme le maire de Allons (04)
M. ou Mme le maire de Montlaux (04)
M. ou Mme le maire de Blieux (04)
M. ou Mme le maire de Jausiers (04)
M. ou Mme le maire de Bayons (04)
M. Pierre Martin-Charpenel, maire de Barcelonnette (04)
M. Yvan Bouguyon, adjoint  au maire de Barcelonnette (04)
M. ou Mme le maire de Chateauneuf Miravail (04)
M. ou Mme le maire de Revest du Bion (04)
M. ou Mme le maire de Clamensane (04)
M. ou Mme le maire de Mirabeau (04)
M. ou Mme le maire de Corbières (04)
M. ou Mme le maire de Mallemoisson (04)
M. ou Mme le maire de Saint-Maime (04)
M. ou Mme le maire de Mane (04)
M. François HUGON, maire de Noyers sur Jabron, suite à une délibération adoptée à l'unanimité par le conseil municipal (04)
M. Bernard NICOLAS, maire La Motte en Champsaur  (05)
M. Nicolas JAUBERT, maire de Châteaufort (04)
M.Edmond JAUBERT, maire honoraire de Châteaufort (04)
M. le maire de Bayons et son conseil municipal (04)
M. le maire de Gigors (04)
M. le maire de Redortier, et son conseil municipal (04)
M. le maire de Theze et son conseil municipal (04)
M. Claude ROUSTAN, maire de Ubraye (04)
Mme Denise LEIBOFF, maire de Lieuche (06)
M. Luc DELAUP, maire de L'Epine (05)
M. François SERRA, maire de Tartonne (04)
M. Pierre DOUSSOT, maire de Prunières (05)
M. André PESCE, maire de Le Fugeret et son conseil municipal (04)
M. Boris POUGNET, maire de Thorame-Basse (04)
Mme Christiane RICHIER, maire de Valavoire (04)
Mme Monique SEVIKIAN, adjointe au maire de Valavoire (04)
Mme Michèle BERNIER, conseillère municipale à Champoléon (05)
M. ou Mme le maire de Viens (84)
M. Pierre BONNAFOUX, maire de Puimichel (04)
M. Jean-Michel MAUREL, maire de Duranus (06)
M. Laurent FAYET, maire d'Oppedette (04)
Mme Romane RAIBERTI - INGIGLIARDI, conseillère municipale Saint Martin Vésubie (06)
M. Jean Marie BELTRANDO, maire de Draix
Jean-Marie AUBERT, maire de THIERY et le conseil municipal

Texte de la motion signée par les maires et élus

"Les élus des Alpes-de-Haute-Provence,

Mobilisés autour des difficultés rencontrées par l'élevage de plein air face aux loups, et par conséquent inquiets de l'impact sur toute l'économie des territoires montagnards et ruraux, affirment leur pleine solidarité à l'élevage et à aux acteurs économiques de la ruralité ;
Convaincus que :
• L'élevage pastoral est nécessaire pour l'économie des territoires de montagne et ruraux,
• Le maintien du pâturage est le gage de l'entretien des paysages et de la préservation de la biodiversité,
• L'élevage pastoral répond aux nouvelles attentes des consommateurs en termes de proximité, qualité, lien au terroir, sécurité alimentaire et sanitaire.

Font le constat que :
• Les pertes dire

ctes et indirectes sur les troupeaux sont lourdes dans toutes les zones de présence du loup et deviennent inacceptables,
• Les moyens de protection sont de moins en moins efficaces face à des loups qui s'adaptent et ne craignent plus l'homme,
• Les chiens de protection, imposés en raison de la présence des loups, deviennent une contrainte majeure pour la fréquentation de la montagne et l'économie touristique, avec de forts conflits d'usage avec les autres activités.

Refusent :
• l'abandon et l'ensauvagement de leurs territoires
• que la responsabilité pénale des problèmes pouvant résulter des chiens de protection retombe sur les éleveurs
• Le principe de protection des hybrides du loup de souche italienne présent en France qui constituerait une menace pour la survie de l'élevage ;

Affirment :
• La nécessité de faire connaître la réalité du problème du loup et de la souffrance des éleveurs
• Notre choix pour des montagnes et des territoires ruraux vivants

Prenons note des nouvelles orientations affirmées par la Ministre de l'Ecologie facilitant les tirs de loups ;

Mais exigent :
• le respect du travail et de la vie de tous les éleveurs confrontés au loup
• aux pouvoirs publics de représenter les éleveurs et de protéger leur activité et la qualité de leurs produits
• une régulation opérationnelle du loup avec des moyens adaptés et obligation de résultat, avec une réactivité réelle des pouvoirs publics prenant en compte les situations de détresse locale. Ces décisions pourraient être prises au niveau local en mobilisant notamment les chasseurs, et appelées à se traduire en plan de chasse, et dont la charge ne repose pas sur les seuls éleveurs ;
• un déclassement du loup de la Convention de Berne et de la Directive Habitat, de façon à sécuriser le cadre juridique facilitant la régulation des loups."

 

Le discours d'Yves Derbez,
président d'Eleveurs et Montagnes

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"Mesdames et Messieurs les élus des Alpes-de-Haute-Provence,
La présence aujourd'hui à votre congrès des éleveurs de la région PACA (représentés par Eleveurs et Montagnes et la FROSE, est motivée par la gravité du dossier loup. La convention de Berne menace en effet d'être étendue aux hybrides du loup. Cette décision consternante, prise sans concertation, dans un déni démocratique total, revient à signer l'arrêt de mort du pastoralisme et constitue une menace sans précédent non seulement pour nous les éleveurs mais aussi pour tous les habitants qui vivent dans les territoires ruraux.
On sait que les bâtards du loup sont plus agressifs. Ils attaquent davantage les troupeaux que les loups et peuvent aussi attaquer l'homme. Et on vient tout simplement de nous interdire de nous défendre contre ces animaux dangereux en leur donnant exactement le même statut que les loups ! Cette décision nous désespère et intervient dans un contexte de plus en plus dramatique, avec des chiffres de prédation qui continuent à augmenter de manière énorme, malgré les mesures de protection mises en place et malgré les efforts de l'Etat. Nous l'avons bien vu dans ce département des Alpes de Haute Provence. Le Plan loup est inefficace, les mesures de protection également. Alors, je vous le demande : la France va-t-elle oser ratifier ce texte et condamner le pastoralisme ? Et vous, nos élus, allez-nous aussi nous abandonner aux loups et à leurs bâtards ?
Nous sommes là aujourd'hui parce que nous espérons que vous ne serez pas insensibles à notre détresse et que vous êtes conscients des conséquences qu'entrainerait la disparition de l'élevage. Ce qui se profile est un véritable drame pour nos territoires ruraux. Toute une filière économique et des centaines d'emploi sont menacés.
Mesdames et Messieurs les élus, nous vous demandons de nous soutenir en signant la motion que nous vous proposons et en demandant au gouvernement de dénoncer la convention de Berne. Nous avons besoin de votre soutien pour arrêter le massacre des troupeaux et sauver ce qui reste de la filière ovine. Il est temps maintenant que nous soyons tous mobilisés pour montrer que nous voulons défendre nos savoir-faire, nos traditions et nos filières économiques. Ne laissons pas les loups et leurs bâtards nous dévorer tous !"

 

La convention de Berne étendue aux hybrides du loup

Scandale ! On croit rêver. La convention de Berne vient d'être étendue aux hybrides du loup. Maintenant, on protège aussi les bâtards, plus dangereux encore que les loups eux-mêmes. Sous couvert de protection d'un animal sauvage, on nous empêche de nous défendre contre des chiens-loups ! La volonté d'exterminer le pastoralisme au profit du loup semble de plus en plus claire. Le texte officiel voté à Strasbourg le vendredi 5 décembre, sans concertation ni consultation des professionnels concernés.

 

Capture convention berne hybrides 1Capture convention berne hybrides 2

 

Front commun des éleveurs contre les hybrides

Vendredi 28 novembre, les éleveurs ont tenu une conférence de presse exceptionnelle, en présence des organisations et associations suivantes :
Association Eleveurs et Montagnes, Fédération Nationale Ovine, Fédération Régionale Ovine Sud-Est, Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles, Jeunes Agriculteurs PACA, Confédération paysanne, Coordination rurale, Associations des Bergers de Provence et des Alpes du Sud, Chambre régionale d'agriculture PACA, Maison régionale de l'élevage et avec le soutien total de ceux qui sont trop loin pour être présents: le CNRH, l'Association Le Cercle, Jean Lassalle, président de « Des racines et des Hommes » et José Bové, député européen EELV.
Voici le texte de leur déclaration commune à la presse.

 

Télécharger le communiqué

 

Voir la VIDEO tournée après la conférence de presse, Laurent GARDE chercheur au CERPAM, donne des explications à propos des LOUPS HYBRIDES en France.

 

Déclaration des éleveurs

Conférence de presse du 28 novembre 2014, Manosque

"Ce qui motive notre présence, ce soir, nous, les représentants du monde de l'élevage et des bergers, est si grave que nous avons tenu à nous rassembler tous, pour la première fois, pour parler d'une seule voix.
Faut-il qu'il y ait vraiment urgence pour que nous soyons tous réunis ce soir pour dire à quel point le projet d'extension de la convention de Berne aux hybrides du loup qui se prépare en ce moment à Strasbourg, est grave et dangereux. Dangereux non seulement pour nous qui sommes déjà tellement malmenés par les loups, mais aussi pour notre pays, pour nos enfants.
Il y a seulement quelques jours, nous avons appris par le Ministère de l'Ecologie la préparation de ce projet mené dans la précipitation. Ce texte sera en effet examiné par le comité de Berne, à Strasbourg, la semaine prochaine et jusqu'au 5 décembre. Nous remercions le député européen José Bové qui à notre demande est intervenu pour exiger le retrait du texte.

Ce texte détourne la convention de Berne de son objectif

Il nous rejoint pour dire que ce projet est en tous points une aberration. Tout d'abord sur le plan écologique. Il détourne la convention de Berne de son objectif qui est la protection de la faune SAUVAGE. C'est comme si, demain, on se mettait à protéger les cochongliers !
C'est aussi une aberration pour l'élevage. On sait que ces hybrides attaquent davantage les troupeaux et on se demande s'ils ne peuvent devenir dangereux pour l'homme. On comprend mieux les modifications de comportement que tous les éleveurs ont observé : des animaux qui s'approchent de l'homme, mangent dans les poubelles, sortent le jour autant que la nuit, des prédateurs de plus en plus audacieux sur nos troupeaux... Les protéger, ça reviendrait à laisser proliférer de véritables monstres que nous ne pourrons absolument plus contrôler !

Et puis, imaginez un peu à quelle aberration on arrive : on veut protéger des animaux dont la présence va faire disparaitre le loup, le vrai, le « canis lupus ». Le texte préparatoire du comité permanent de Berne fait cet aveu incroyable que « l'hybridation Loup-Chien est une menace critique sur la population de loups sauvages : la preuve génétique et phénotypique a été rassemblée dans la plupart des Régions italiennes, incluant le périmètre des plus grands Parcs nationaux. »

La protection du loup repose sur un mensonge

La protection du loup repose sur un mensonge et une dissimulation lorsqu'elle s'applique non pas au « canis lupus » mais à des « bâtards ».
Si on lit les études réalisées récemment par des scientifiques italiens, on se demande si l'hybridation n'est pas tellement avancée que les vrais loups ont probablement déjà disparu.
Les Italiens ont bien compris que cette hybridation est ancienne : elle remonterait aux années 40 à 70. A cette époque, il ne restait qu'une centaine de loups en Italie pour des dizaines de milliers de chiens errants !
Les gènes ont eu tout le temps de se répandre à toute la population de loups. Et comme le nuage de Tchernobyl, les hybrides ne se sont pas arrêtés à la frontière française !
Le gène du chien est largement présent chez les loups français. On le sait depuis longtemps et on a tout fait pour cacher cette information capitale au grand public. Comment les gens auraient-ils pu accepter qu'on consacre des dizaines de millions d'euros à protéger des hybrides ?

Ils doivent donc être abattus sans hésitation

L'hybridation avérée des loups en France a une autre conséquence directe : ces chiens loups ou loups chiens ne peuvent plus bénéficier du statut de protection de la convention de Berne. Ils doivent donc être abattus sans hésitation par les chasseurs ou les éleveurs qui ne peuvent plus être condamnés pour ça !
Aujourd'hui, on n'en est plus à savoir combien de loups on a le droit d'abattre. Les éleveurs demandent qu'on abatte immédiatement ces chiens-loups par mesure de précaution, y compris au-delà des quotas, y compris sur le territoire des parcs nationaux !

Renoncer à ce projet démentiel

Nous demandons la mise à disposition publique des analyses génétiques et de toutes les données scientifiques permettant de justifier qu'il s'agit de loup ou non. Nous demandons la transparence totale sur l'analyse de référence permettant de prétendre qu'il s'agit d'un loup italien.
Nous exigeons la même transparence sur le loup italien. Nous demandons la réhabilitation des chasseurs et des éleveurs qui, dans le passé, ont été condamnés.

Nous demandons bien sûr à l'Europe de renoncer à ce projet démentiel et de rembourser à l'Etat français les sommes dépensées inutilement à protéger des chiens-loups ou des loups-chiens. Nous demandons aux élus français d'intervenir à leur tour auprès du comité de Berne pour qu'ils renoncent à cette folie."

José Bové prend position contre les hybrides

José bovéJosé  Bové a adressé un courrier aux membres du Comité Permanent de la Convention de Berne, pour leur demander de rejeter la demande d'extension de la convention de Berne aux hybrides du loup. Le député européen apporte ainsi un soutien de poids à la thèse que défendent les éleveurs français.

Ci-dessous la lettre de José Bové


"Bruxelles,
Le 28 novembre 2014

Mesdames, messieurs,
Le «projet de recommandation sur les croisements entre les loups sauvages (Canis Lupus) et les chiens domestiques (Canis Lupus Familiaris)», préparatoire à la réunion du Comité Permanent de la Convention de Berne de décembre 2014, envisage de concéder à l'hybride le même statut de protection que celui du loup.
Je constate tout d'abord que cette recommandation est en totale contradiction avec l'annexe de la recommandation 17 de la Convention de Berne : "les populations de loups se sont peu à peu différenciées en sous‐espèces qui sont génétiquement adaptées aux différents types d'environnement. Il est capital que ces populations locales soient maintenues à l'état sauvage dans leur milieu naturel."

Impossible de déterminer le degré de croisement des espèces

L'Italie, où l'hybridation est déjà bien présente, a constaté des comportements de prédateurs déviants et encore plus agressifs que les loups purs. Il sera par ailleurs concrètement impossible de déterminer et donc de surveiller un degré de croisement entre les espèces.
Cette modification reviendra donc à terme à protéger également les loups et les chiens errants. Accepter et protéger l'hybridation mettra définitivement en péril les élevages et leurs bergers. Le retour du loup en France fragilise encore une économie agricole et montagnarde sensible. Les systèmes pastoraux mis à mal sont pourtant reconnus par la communauté scientifique internationale comme acteurs incontournables de la préservation des espèces et de la biodiversité. C'est la raison pour laquelle la gestion des sites Natura 2000, basée sur les directives communautaires «oiseaux» et «habitats» liées à la Convention de Berne, accorde une place prépondérante à l'agropastoralisme pour son rôle majeur dans le maintien de l'ouverture des paysages montagnards, ouverture synonyme de richesse et de diversité écologique.
La France a recensé en 2014, vingt-sept meutes, dont la moitié dans les Alpes du Sud. La population compte aujourd'hui plus de 300 loups adultes dans plus d'une vingtaine de départements, avec une croissance estimée de 20% par an. Le plan national loup qui autorise le prélèvement de 24 loups par an est bien dérisoire.

L'hybridation protégée contribuera à la prolifération des prédateurs

Les problèmes récurrents liés aux divagations de chiens errants ne sont pas non plus marginaux et sont bien plus étendus, tant d'un point de vue géographique (contrairement au loup, le problème existe dans la quasi-totalité des régions européennes) que d'un point de vue quantitatif (des enquêtes conduites par les défenseurs du loup (FNE) évaluent à au moins 100 000 le nombre d'ovins tués tous les ans par des chiens en France). L'hybridation protégée contribuera à la prolifération des prédateurs sur l'ensemble du territoire.
Les mesures de protection proposées, qu'il s'agisse de présence de patous dans les troupeaux, de clôtures, d'éclairages nocturnes ont montré leurs limites. Le nombre de brebis tuées ou blessées par des loups qui s'alourdit au fil des années en est la preuve (1 500 en 2000, 3 800 en 2005, 4 920 en 2011, 6 666 en 2012 et 6 786 en 2013). Ainsi, cette proposition ne tient pas compte de la réalité des systèmes agro-pastoraux confrontés à la présence du loup et des prédateurs canins. Bien au contraire, les territoires ruraux attendent aujourd'hui une modification du statut du loup en tant qu'espèce protégé, qui tienne compte de sa vitalité nouvelle. Je ne peux qu'enjoindre le Comité Permanent à la sagesse et au rejet de cette modification.
Je vous prie de croire, mesdames, messieurs, en l'assurance de mes respectueuses salutations."
José Bové

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